XIV INTRODUCTION
]ité un argument de la nécessité qu'elle impose de savoir ce qu*est Tutile. C'est une nécessité qui découle de la nature des choses. Nul n'est censé ignorer la loi, dit-on, et cependant ce n'est pas une petite affaire de se tenir au courant de la législation. Nous disons, nous : nul ne doit ignorer la -morale, et s'il en est qui ne la connaissent pas, eh bien ! qu'ils l'étudient. On se donne la peine d'étudier pour être bachelier ou employé des postes. C'est bien le moins qu'on en fasse autant pour être honnête homme ! Je sais que la conscience <les moralistes officiels leur tient lieu de toute étude. Mais c'est justement pour cela ique la moralité est si basse et qu'il y a tant d'ignorants et d'imbéciles qui ibnt le ma] sans qu'il en coûte riçn à leur conscience. Les pauvres d'esprit peuvent avoir leur place assurée au paradis, mais sur terre, ce sont toujours des animaux dangereux.
Quand on analyse avec quelque attention les vertus et les vices, les actes bons ou mauvais, on arrive vite. à se convaincre que le caractère constitutif de la vertu est l'utilité, et que Pacte bon devient meilleur dans la proportion de son utilité. Un acte utile & un homme, à une famille, peut cependant être mauvais, car il est possible qu'il nuise à d'autres hommes, à d'autres familles, mais s'il est utile à l'humanité tout entière^ il est par cela même excellent.
Ce n'est pas tout cependant. Un acte utile est nécessairement bon, si la somme d'utilité qu'il produit n'est pas compensée par un mal équivalent ou supérieur. Mais un acte bon n'est pas par cela seul une bonne