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L'ÉVOLUTION DANS LE MONDE INORGANIQUE

morphe, qui sait se servir d'instruments autres que ses dents

et ses membres, qui taille la pierre et qui connaît Tusage du

feu. C'est grâce à ces deux avantages qu'il peut soutenir la

utte contre les terribles animaux de la faune préhistorique.

L'âge quaternaire, anthropolithique, est Tâge propre de rhomme. Cet âge est de beaucoup le plus court. Si Ton divise en cent parties égales le temps qui s'est écoulé depuis l'apparition de la vie sur la terre, on est conduit â attribuer à l'âge primordial plus de la moitié de la durée totale i' 53,5; à l'âge primaire 32,1; à l'âge secondaire 11,5; au tertiaire 2,3; au quartenaire, 0,5, un demi pour 100. Quant à l'époque d'alluvion, où s'est développé l'empire de l'homme, elle est certainement la plus courte des quatre périodes quaternaires.

M. 6. de Mortillet, dans son Préhislcyrique^ p. 627, arrive, par un calcul fondé sur des observations géologiques, à préciser la signification de ce 0,5 : à son avis, il représente environ 250000 ans. C'est assez loin des 6000 ans de la création biblique.

Le tableau qui précède représente la série des modifications des milieux, qui ont permis à la vie de se produire sous des formes de plus en plus complexes, dans un sens qui se détermine lui-même par la comparaison des flores et des faunes successives. Les structures se complètent, les organes se multiplient ; à la vie purement physiologique s'ajoute la vie intellectuelle et consciente, laquelle à son tour se développe et s'élève indéfiniment d'étage en étage du marsupiau à l'anthropopithèque, depuis le négritos jusqu'à l'Européen civilisé.

Cette première observation des transformations successives du monde inorganique nous donne donc déjà la possibilité de considérer l'évolution comme une progression dans le sens de la vie physiologique et intellectuelle. C'est un premier jalon qui nous permet d'entrevoir dans quel sens doit se faire le développement de la moralité.

Résumé,'^ La question capitale, essentielle en morale,

c'est la définition du bien ou du progrès. On ne saurait pour la trouver s'entourer de trop de précautions. La doctrine du transformisme, en nous montrant la suite des évolutions de la matière inorganique et dé la matière organisée, nous met sur la voie d'une définition scientifique, dont il est impossible de contester Texactitude. Il suffit, pour y aboutir, de suivre attentivement la série des modifications qu'imposent la concurrence vitale et l'adaptation progressive des êtres vivants aux milieux. Puisque, en somme, la morale pratique ne saurait être autre chose que l'adaptation de plus en plus parfaite des actes aux conditions de la vie de plus en plus perfectionnée^ la science de la morale ne saurait s'appuyer sur une base plus sûre que ' l'observation des changements par lesquels a passé successivement le monde inorganique et organisé pour parvenir de l'état inchoatif et rudimentaire des commencements à la perfection relative de la situation actuelle.

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