CHAPITRE XIV
J'emploie ce mot faute d'un autre. Il est certain que dans la langue courante Tégoïsme est surtout considéré comme exprimant une manière d'être blâmable. Cette qualification s'applique à peu près uniquement aux gens qui considèrent exclusivement leurs propres intérêts et font bon marché de ceux des autres, quelque légitimes qu'ils soient.
Ce n'est pas dans ce sens que je prends cette expression. Je lui restitue sa signification ' étymologique en opposition au terme altruisme. J'appelle morale égoïste la partie de la morale générale qui traite des devoirs de l'homme envers lui-même.
Ici, comme dans les chapitres précédents, nous reprenons lu division si claire et si nette qu'ai établie le docteur Letourneau des besoins nutritifs, sensitifs et cérébraux.
Pt'imo vivere, deinde pktlosopkari. La première condition, c'est de vivre ; le reste vient ensuite. Mais la vie ne persiste que comme résultat de l'accomplissement d'un certain nombre de conditions, dont les premières sont de four^ nir à notre organisme les moyens de fonctionner. Les trois fonctions principales sont, comme nous l'avons déjà expliqué, la digestion, la circulation du sang, la respiration. Il y a donc là une nécessité physique qui s'impose. Précisément parce qu'elle s'impose, un grand nombre de personnes refusent d'y voir la matière d'un devoir. Il leur paraîtrait ridicule qu'on leur dît sérieusement que c'est un devoir de manger quand on a faim, et que l'on est coupable d'y manquer. L'opinion contraire est même la plus commune, du
moins en théorie. On s'imagine volontiers qu'il y a un certain mérite à négliger volontairement son corps. C'est là un genre de vertu très pratiquée, ou du moins très prônée par les dévots de toutes les religions^ car il est bien remarquable que tous les dieux de tous les panthéons prennent un plaisir tout particulier à' voir souffrir les hommes, et que Tun des plus sûrs moyens de s'assurer leur bienveillance soit de violer de parti pris les lois de la nature physique. Ce qui n'empêche pas quelques-unes de ces mêmes religions de condamner le suicide comme un crime. Elles ont l'air de le considérer comme un empiétement sur les droits de la divinité, qui tient à se réserver le privilège de tuer ses créatures, comme les seigneurs qui réclamaient pour eux seuls, avec un soin jaloux, le droit de haute et basse justice sur leurs vassaux.
Mais, pourvu que l'homme n'aille pas jusqu'au suicide, il peut, il doit même maltraiter son corps, lui refuser les plus légitimes satisfactions, le torturer, le mutiler, le mettre dans l'incapacité de remplir ses fonctions les plus essentielles, l'abattre en un mot et le déprimer de toutes les façons. Gela s'appelle l'ascétisme. Les exemples de cet héroïsme imbécile abondent dans les livres religieux de tous les pays. Ce n'est pas seulement dans le christianisme que Ton trouve des saints de la force de Siméon le stylite et de Benoît Labre.
En dehors des fanatiques qui s'appliquent à mériter la faveur de leur dieu en cultivant volontairement la vermine pour lui livrer leur corps en pâture, il n'est pas rare de trouver des gens qui pratiquent ou qui* préconisent, surtout [ pour les autres, la doctrine de l'endurcissement. 11 leur parait humiliant d'obéir aux réclamations du corps et se figurent qu'il y a de la vertu à négliger ses avertissements.
C'est une simple sottise, dont on ne manque jamais de porter tôt ou tard la peine, par un affaiblissement plus ou moins rapide et accentué du corps ou même de rintelligence, car on ne saurait trop répéter qu'il n*y a rien de vrai dan» la prétendue séparation que proclament les^ métaphysicien»
entre les fonctions de Testomac et celles du cerveau. Les troubles digestifs ont leur retentissement nécessaires dans Tencéphale. C'est là un fait dont nous avons tous les jours la preuve, soit par nos propres indispositions, soit par les spectacles que nous avons sous les yeux. L'ivresse seule suffirait^ ce me semble, pour mettre cette dépendance hors de toute contestation.
L'homme a donc des devoirs envers son corps, en tant que générateur, éducateur, travailleur, citoyen, etc. Il n'y a pas dans la vie une situation où la question de santé puisse être indifférente. L'homme malade est par là même incapable de remplir la plupart des fonctions qui lui incombent, et cette incapacité s'aggrave ou s'atténue selon que sa santé est plus ou moins atteinte.
Mais en dehors de la question même des fonctions à remplir, de quel droit un homme impose-t-il à ses proches, à ses amis l'obligation de le soigner, de le veiller, de lui prépa- ' rer des médicaments, de subir les dégoûts et les tristesses de ' cette situation ? C'est bien assez que toutes ces conséquences ' s'imposent d'elles-mêmes, dans le cas où la maladie nous ^ frappe accidentellement, sans que l'on s'en fasse un jeu. ' Car enfin de quoi s'agit-il ? Qui n'a pas connu de ces ma- ^^ iades volontaires qui aiment mieux empoisonner la vie de ^ leurs parents, de leur mari, de leur femme, de leurs enfants plutôt que de se refuser un plaisir, de renoncer à une habi- ^ tude, que de se soumettre à un régime ? !^' Les faits de cette nature ne sont pas rares et les consé- ,-\ quences qu'ils entraînent sont incalculables. Que l'on consi- . ^ dère simplement l'ivrognerie, et Ton aura une idée de l'im- ^*' portance de cette question. Yoyez de l'autre côté cette /^ armée sans cesse grossissante d'hommes et de femmes qui iai^ jurent haine au corps et qui se font un mérite de vivre aux tfdépens de la société dont ils repoussent toutes les charges ell- et toutes les fonctions, et comptez les misères physiques et vr^ morales qui résultent et pour eux et pour les autres de cette ilif révolte contre les lois de la nature.
. Enfin, pour rendre notre démonstration plus complète, supposons que la société entière soit livrée à Tivrognerie ou que tout entière elle se soumette à la règle monastique. Dé quel côté sera le résultat le plus désastreux? Il serait assez difficile de le dire.
C'est un devoir de se bien porter quand on le peut et, par conséqiient, d*éviter tout ce qui, en portant atteinte à la santé, expose Phomme à se trouver un jour ou Tautre dans rimpuissance de remplir ses devoirs envers sa famille et ses concitoyens.
C'est un étrange préjugé que celui qui prétend soustraire au domaine de la morale tous les actes qui n'ont pas pour effet immédiat de nuire à autrui. Que la conséquence soit médiate ou immédiate, peu importe ; qu'elle se fasse sentir aujourd'hui ou dans vingt ans, le résultat n'en est pas moins certain et certainement contraire à l'intérêt social et funeste à l'individu, c'est-à-dire moralement mauvais. Or cVst là l'effet de tout excès, de toute maladie, de tout ce qui, au lieu de contribuer à la conservation et au développement de l'individu, le diminue et le déprime. Ne voit-on pas tous les jours des familles réduites à la condition la plus misérable parce que, vingt, trente ans auparavant leur chef n'a pas voulu s'imposer l'obligation de ménager sa santé ? Aujourd'hui le voilà incapable de remplir les devoirs que lui impose sa situation ; loin de protéger et de soutenir les siens, il est devenu pour eux une charge et une source de chagrins, et ce qui est plus grave encore, grâce à l'hérédité, ses descendants se trouveront, par son fait, condamnés à des souffrances imméritées qui leur feront de la vie un enfer et qui les placeront dans l'alternative ou de vivre isolés, sans famille, ou de perpétuer dans leur race les misères dont ils sont euxmêmes les victimes.
Il existe un système de morale très répandu, qui, ne considérant que l'intention, absout simplement les fautes de ce genre, comme n'étant pas le résultat d'intentions coupables. Du moment qu'une action n'a pas eu pour mobile la
LÀ MOBÂLE ÉGOÏSTE. 259
Yolonté formelle de nuire, la morale n'a rien à y voir. Or il est bien évident que le jeune homme, en s*abandonnant à toutes ses fantaisies, n'avait nullement pour but de se rendre incapable de remplir plus tard ses devoirs de père de famille, ni de léguer à ses descendants le triste héritage d'une santé délabrée. Il faut donc le plaindre plus que le blâmer.
C'est une théorie commode. G*est précisément cette commodité qui Ta fait adopter par les jésuites. Il suffit d'accommoder les intentions pour échapper à toute culpabilité. Un fils qui tue son père pour avoir son héritage est excusable, à la condition qu'il ait pris la précaution de se bien spécifier à lui-même que, s'il a recours à ce moyen extrême, ce n'est nullement dans Tintention de nuire à son père, mais simplement de se faire plaisir à soi-même en se procurant les moyens de s'assurer la satisfaction de ses désirs.
Je n'oserais {)as affirmer que dans leur enseignement les jésuites poussent la logique jusque-là; mais s'ils ne le font pas, c'est évidemment par un reste de pudeur mal placée, car le raisonnement de cet héritier trop pressé est absolument conforme à la doctrine de l'intention, et, de plus, on peut croire qu'il est sincère. L'assassinat du père est ici, en effet, non pas le but, mais le moyen, et il est très croyable que, si le fils avait pensé pouvoir arriver au même résultat par un moyen moins violent, c'est-à->dire moins désagréable, il ne se serait pas exposé aux conséquences possibles de celui qu'il a choisi . Il ne l'a donc pris que contraint et forcé en quelque sorte, et la moralité de son action ne peut être sainement appréciée que si l'on dégage Tintention réelle, c'est-à-dire le but poursuivi, de toutes les circonstances accessoires.
Or ce but, c'est uniquement de se procurer de l'argent pour s'assurer une vie agréable et peut-être même pour en consacrer une partie à accomplir de bonnes œuvres.
En vérité, où est dans tout cela l'intention coupable? La fin justifie les moyens.
On voit où mène la doctrine de l'intention. Ce n'est pas
sur ce terrain qu'on peut construire un système de morale générale. Tout ce que l'on peut dire, c'est que l'intention formelle de nuire est une aggravation et que Tignorance des conséquences nuisibles est une atténuation, mais le fait en lui-même n'en reste pas moins mauvais.
Je ne me dissimule pas qu'il y a ici une difficulté qui exige une explication. La voici.
Le but de la morale, nous l'avons déjà dit, c'est la conservation, le développement et le bonheur de l'individu et de la société; en un mot, Tutilité particulière et générale scientifiquement démontrée.
Tout acte qui a pour conséquence naturelle et nécessaire la conservation, le développement et le bonheur de l'individu, sans nuire à autrui, est moralement bon; il est excellent quand il est utile à la fois à l'individu et à la société.
Le devoir strict de l'homme qui veut appliquer la loi morale est donc de s'appliquer à prévoir les conséquences de ses actes et d^éviter ceux qui pourraieht avoir pour résultat de porter atteinte aux droits d'autrui.
Or nous avons vu précédemment que les actes d'apparence purement individuelle, comme ceux qui ont pour résultat la satisfaction ou la non - satisfaction des besoins nutritifs et de tous ceux qui se rapportent à la conservation plus ou moins parfaite du corps, ont des conséquences nécessaires qui, à travers l'individu, atteignent la société.
Par conséquent, Thomme est tenu d'autant plus rigoureusement de se mettre en état de prévoir les effets des actes mêmes qui paraissent n'intéresser que sa santé, de telle sorte que Tétude de Thygiène devient une partie de ses devoirs. 11 est vraiment trop commode d'arguer de son ignorance. On n'a pas le droit d'ignorer les choses qui touchent à la morale, et les éducateurs sont coupables qui n'enseî^ gncnt pas que la prévoyance, que le calcul de cause à effet, en tout ce qui peut atteindre autrui d'une manière quelcon^ que, sont absolument obligatoires, du moment que Ton s<
prétend civilisé et que l'on refuse de laisser au hasard la direction de la conduite.
Une fois que la conscience morale s* est éveillée dans rbomme, c'est-à-dire quand il a [compris qu^il fait partie d'un ensemble dont la qualité dépend de la valeur de chacune des unités qui le constituent ; quand il est assez développé pour se rendre compte des actions et des réactions qui résultent en toute collectivité du plus ou moins d^application que chacun met à remplir sa fonction, dès lors commence pour tous le devoir d'étudier scientifiquement tout ce qui se rapporte à cette fonction, afin de s*en acquitter aussi utile* ment qu'il est possible pour lui-même et pour les autres. Ce devoir devient de plus en plus impérieux à mesure que se complète le développement de l'homme, et, comme d'un côté, le développement même de Fintelligence humaine per* met de réunir des observations de plus en plus exactes et approfondies 3ur les ohjets de son étude, la théorie morale ainsi que ses applications devient chaque jour plus parfaite et plus rigoureuse. Ce qui veut dire que la morale, loin d'être, comme le prétendent les abstracteurs de quintescence, chose absolue et immuable, est au contraire essentiellement perfectible et progressive.
Quand on se rend compte de l'importance capitale de tout ce qui se rapporte aux besoins nutritifs, et que Ton voit combien il y a cependant de gens qui pèchent à cet égard par excès, par défaut, par ignorance ou par sottise, on est bien étonné de trouver que la plupart des traités de morale n'en tiennent aucun compte. Cette omission s'explique cependant par plusieurs raisons qui, pour n*être pas bonnes, n'en sont pas moins assez faciles à comprendre. Les uns se disent que lea besoins de cet ordre sont suffisamment impérieux pour se faire toujours obéir, ce qui n'est pas vrai ; d'autres les excluent résolument de la morale, ne voulant pas admettre que le domaine de la morale puisse s'étendre au-delà des intentions et des relations directes avec autrui. Il semble, à croire ces derniers, que les actes qui se rappor-
tent à ces besoins soient des actes purement indifférents, comme de regarder à droite ou à gauche.
Ce dédain des besoins nutritifs a un premier défaut, qui est de n'ôtre pas sincère, la plupart du temps. Sauf un certain nombre de fanatiques imbéciles qui croient faire plaisir à leur dieu en se privant de nourriture, en s'emprisonnant dans des trous sans air et sans lumière, et qui comptent bien d'ailleurs trouver d'amples compensations dans une autre vie, les hommes attachent en fait, et avec raison, une grande importance à tout ce qui touche la satisfaction de leurs besoins physiques. Il n'en manque même pas qui pous* sent de ce côté jusqu'à l'excès. Il serait donc déjà bien extraordinaire qu'une fonction qui tient une si large place dans la vie n'en occupe aucune dans la morale, qui en somme n'est pas autre chose que la science de la vie.
Mais il est facile, à un autre point de vue, de mettre en lumière l'erreur de ces moralistes de fantaisie.
Que demande Thomme, et quel est le but de ses aspirations, si ce n*est en somme le bonheur ? Sans doute la nature et la qualité de ce bonheur varient suivant le degré d'évolution où Ton est arrivé, mais tous le recherchent également, et c'est précisément par la qualité du plaisir que poursuit chacun d'eux que Ton peut apprécier sa valeur morale. Le bien, quoi qu'on fasse et quoi qu'on dise, se résout toujours, en dernière analyse, en un accroissement de bonheur ou de plaisir. Ceux mêmes qui prétendent faire de l'abnégation et du désintéressement le critérium de la perfection morale se partagent en deux catégories qui toutes les deux aboutissent également à la négation de leur principe. Les premiers dédaignent les biens de ce monde, parce qu'ils sont convaincus que c'est le moyen de s'assurer des joies plus parfaites dans une autre vie ; les seconds placent le bonheur dans le témoignage de leur conscience, qui les loue de s'élever au-dessus des calculs plus ou moins mesquins de Tégoïsme universel.
A ceux qui nieraient cette conclusion, nous demanderions
LA MORALE ÉGOÏSTE. i6B
de nous montrer un homme, un seul qui, sans être fou, osât soutenir sérieusement que le but de là vie est de souffrir et que tout l'efifort d'un être raisonnable doit être d'augmenter, sans aucun espoir dé compensation, la somme de ses souffrances et de celles des autres.
Si donc le but de la vie est au contraire d'éviter la peine et de chercher le plaisir, et si la morale consiste précisément à démontrer la légitimité de ce but, il devient assez étrange qu'on en élimine justement une des sources les plus fécondes et les plus naturelles de bonheur, la santé, qui résulte de l'application intelligente à satisfaire les besoins nutritifs.
On |a souvent raillé la sottise de Tavare qui, prenant le moyen pour la fin, se prive de toutes les joies uniquement pour se procurer des richesses dont la seule utilité est précisément de les multiplier.
Le moraliste qui s'en va chercher bien loin, à grand ren« fort d'hypothèses quintessenciées^ un bonheur incertain et compliqué, quand il a sous la main cette source intarissable de jouissances, la santé, ne mérite pas moins d'être raillé que l'avare. Car enfin, puisque c'est en somme le bonheur qu'il cherche lui aussi dans ce qu'il appelle la vertu, pourquoi ne commence-t-il pas par recueillir d'abord la part de bonheur qu'assure à tout être vivant la satisfaction de ses besoins physiques?
Voyons encore d'un autre côté,
11 n'y a personne, dans aucune école, qui ne blâme hautement un père^ une mère qui ne veilleraient pas à la conservation de la vie de leur enfant. Nous dira-t-on que ce devoir est particulièrement imposé par la nature aux chefs de famille? Prenons un autre exemple. Supposons un individu quelconque dont les actes sont nuisibles à la santé d'un tiers. Tout le monde serait d'accord pour déclarer que ces actes sont mauvais, en vertu de leurs conséquences, quand même on ne pourrait pas y relever la circonstance aggravante d'une intention méchante. Le fait, par lui seul, serait mau-
vais, par cela même qu'il serait funeste et, par conséquent, contraire au but de la morale, qui est le développement de la vie.
Ëh bien, au point de vue général, qu'importe que cet acte mauvais soit commis par un homme à Tégard d*un autre ou à regard de soi-même ? Le résultat en somme n*est-il pas le même, et, si nous le généralisons, n'arrivons-nous pas également à la destruction de la société ?
Du moment que nous considérons le fait sans nous arrêter à rintention, ce sont les conséquences sociales du fait qui en constituent la qualité, et c'est d'après elles que nous devons l'apprécier. Les distinctions qu'on fait à cet égard sont du pur byzantinisme, et la science n'a pas à tenir compte des circonstances accidentelles. Quand une machine éclate, l'important n'est pas de savoir si l'homme qu'elle a tué était le mécanicien ou le chaufifeur. Le fait grave, c'est qu'un homme a été tué. Le nom n'ajoute ni ne retranche rien à cette gravité.
Nous avons longuement insisté sur l'importance des besoins nutritifs, au point de vue de la morale générale. On ne peut pas plus les négliger dans l'ensemble de la conduite que les fondements dans la construction d'un édifice. Il était d'autant plus essentiel de mettre en saillie ces considérations que l'on est d'ordinaire plus disposé à n'en pas tenir compte dans les traités de «morale.