LE DEVOIR DES PARENTS
Légitimité de rintervention de la loi entre les parents
et les enfants.
La question du mariage, par cela même qu'elle implique celler de la famille, donne lieu à une foule d'autres questions importantes qui préoccupent l'opinion contemporaine, mais que nous ne saurions traiter sans être entraîné au-delà des limites assignées à ce volume. Nous n'en toucherons que deux, celle de la recherche de la paternité et celle des enfants moralement abandonnés.
Je ne connais rien de plus instructif, au point de vue de la moralité publique, que la discussion de ces deux questions.
Les représentants de la morale spiritualiste et théologique repoussent le droit de TÉtat de s'emparer des enfants moralement abandonnés et allèguent comme arguments le droit sacré du père de s'occuper seul de sa famille; mais ils ne repoussent pas moins énergiquement la recherche de la paternité, au nom du droit, non moins sacré sans doute, du père de semer au hasard des enfants dont il ne s'inquiète pas. Cette haine de toutes les réformes et de tous les progrès est bien étrange chez des hommes qui, après tout, ont une intelligence comme les autres. Rien ne montre mieux jusqu'à quel degré d'absurdité peut pousser l'esprit de parti doublé des rancunes religieuses.
.Il y a encore à ces exagérations une autre explication dont nous devons tenir compte, c'est la persistance dans les groupes réactionnaires d'une conception de la notion de famille qui a été dominante pendant une longue suite de