XVI INTRODUCTION
que les beaux parleurs de l'Université se coutentent de se jouer à la surface des choseS) tandis que Les Jésuites ont eu seuls Taudace de les pousser à bout, et de mettre en pleine lumière, par Tabus qu'ils en ont fait, le vice de la morale de l'intention, qui est de ne considérer que l'individu, qui est le point de départ, sans tenir compte de la société, qui doit être le but. Elle oublie toujours le fait capital, à savoir qu'il y a deux termes en présence, puisque toute difficulté morale suppose nécessairement deux intérêts en lutte, qui ont théoriquement un droit égal à être pris en considération, jusqu'à ce que l'application d'un critérium quelconque ait déterminé les rangs.
Ce caractère antisocial se retrouve dans presque toutes les doctrines du passé et en constitue le vice essentiel. Il s'explique du reste par la misère des civilisations qui les ont produites. La Grèce macédonienne et la Rome impériale n'avaient pas de quoi être fières de leur condition sociale. Parmi ces hommes, dépouillés de leurs droits de citoyens, les meilleurs ne songent qu'à préserver la dignité de leur vie privée. Us se cachent et s'enferment comme derrière un mur pour échapper au spectacle des ignominies de la vie publique. C'est pourquoi ces doctrines ont pu nous suffire tant que nous sommes restés condamnés aux régimes monarchiques. Aujourd'hui elles ont perdu leur raison d'être. En reconquérant notre dignité de citoyens, nous sortons naturellement de l'isolement imposé à nos pères. Il nous faut maintenant une morale républicaine, conforme aux conditions de notre existence présente (i), c'est-à-dire fondée sur la con-
(1) Aussi ne saurions-nous trop protester contre les tendances de renseignement que Ton continue de donner h nos enfants dans les