‹ La moraleChapitre 8 sur 71 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

le développement intellectuel qu'ils procurent et d'as* surer le bonheur général par la concorde et la paix qu'ils produisent naturellement.

On peut dire qu'ils sont l'antidote le plus puissant de l'égoïsme atavique, ce virus des sociétés humaines, puisque leur effet social est de fournir à l'homme des motifs d'action nouveaux et tous plus ou moins contraires aux impulsions de l'égoïsme primitif.

C'est leur prédominance qui détermine le progrès en accroissant la somme du bonheur dans l'humanité, car le progrès consiste essentiellement dans la satisfaction de plus en plus facile et complète de besoins de plus en plus élevés.

II. — Une autre conséquence non moins importante que nous devons tirer de l'histoire morale de l'humanité, c'est que, si tous ses actes sont déterminés par une recherche de plus en plus consciente et intelligente du bonheur, le fait précède toujours le sentiment et l'idée.

Ainsi la constitution matérielle de la famille sort du fait de la domestication et de l'appropriation de la femme et des enfants par l'homme et de la cohabitation qui en résulte, mais l'homme au moment où il constitue ce troupeau ne songe en aucune façon à la conséquence qui en résultera. Il n'y voit qu'un moyen de faciliter la satisfaction de ses besoins organiques en gardant auprès de lui ces femmes et ces enfants, dont i] s'assure ainsi la coopération constante.

La constitution morale de la famille résulte à son tour de la production des sentiments d'affection et de solidarité qui naissent de cette coopération , mais l'homme ne les a pas prévus davantage. Ils sont la conséquence du milieu qu'il a créé à de tout autres fins.

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