‹ La morale indépendante dans son principe et dans son objet (volume 2)Chapitre 36 sur 73 · RAPPORT DB LA MORALE ET DB LA RELIGION · texte numérisé non relu

RAPPORT DB LA MORALE ET DB LA RELIGION

son expansion extérieure est la mesure sincère de sa force et de sa vitalité dans les âmes. Elle est destituée, il est vrai, des soutiens factices et des mobiles intéressés que lui prêtaient naguère les pouvoirs officiels, mais elle recouvre la seule véritable liberté de ceux qui vivent par eux-mêmes, et comme elle ne reçoit rien d’aucun pouvoir, elle n'a rien non plus à céder à aucun.

Or, une telle conception de la religion, bien différente de la conception métaphysique, nécessite une nouvelle conception de la société ; elle nécessite, en dehors du terrain exclusif de l'Église, un principe vraiment universel de la conscience qui puisse servir de fondement à la vie civile ; l’Église indépendante appelle l’État indépendant, bien loin de le maudire. Si elle s’en sépare, c’est parce que leurs principes respectifs diffèrent, non parce qu’ils sont incompatibles ; et, en reconnaissant en dehors de son sein la cité et la patrie, le terrain de la vie civile et de l’obligation humaine, l’Église indépendante reconnaît le principe même de la morale indépendante, le contrat équilatéral qui lie tous les hommes en dehors de toutes les religions et sur la seule base de la conscience.

r.E CuNTHAT SOCIAL

Iiousseau a dit : « L’homme est ne libre, et partout il est dans les fers. «

Henversanl la formule de Uousseau, nous dirons :

« L’homme naît enchaîné, il doit se rendre libre. »

La liberté est une conquête de l'humanité sur la nature.

Mille liens qu’il n’a pas formés pèsent, en effet, sur l’homme dès l’heure de sa naissance.

Le premier de ces liens, c’est l’ensemble des lois de la nature.

En vertu de son organisme, l’homme plonge dans loulés les nécessités de la vie physique, et ainsi il apporte avec lui une série de besoins auxquels il ne saurait se soustraire, et qui vont diriger son activité ‘ vers un but qu’il n’a pas choisi. Il est assujetti à la faim, à la soif, à la maladie, à la douleur, et il ne

il •

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