‹ La morale indépendante dans son principe et dans son objet (volume 2)Chapitre 37 sur 73 · L.V MORALE INDÉPENDANTE · texte numérisé non relu

L.V MORALE INDÉPENDANTE

satisfait ses besoins et ne se dérobe à ses maux que par d’incessants efforts, qui sont pour lui une autre sorte d’esclavage. L’exploitation de la terre où il demeure et dont il doit tirer abri et subsistance s’impose à lui comme une nécessité première et comme une tâche pleine de difficultés et d’écueils.

Les rigueurs du climat, les intempéries des saisons, les miasmes, les exhalaisons fétides, les cataclysmes imprévus, les bêtes fauves qui hantent les grandes solitudes, tels sont les ennemis naturels qu’il doit vaincre pour arriver seulement à élever un toit sur sa tête, et à assurer sa nourriture du lendemain. Telles sont aussi les chaînes qui l’étreignent dès qu’il a ouvert les yeux à la lumière, et qui assimilent le plus souvent son berceau à celui des espèces inférieures qu’il devra plus tard dominer ou détruire.

Aux fatalités générales de la nature se joignent pour chacun de nous les fatalités particulières de l’organisation.

L’individu n’est pas libre de se donner telle disposition vertueuse, telle qualité, telle puissance, ni de combler telle lacune, de s’ôter telle passion, telle infirmité, tel excès. Les facultés de l’intelligence, les pouvoirs de l’esprit et de la raison, le talent, le génie, ne sont point à la disposition de ceux qui y aspi-

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