LE CONTRAT SOCIAL
renl ou qui sauraient le mieux les féconder, et dans leur distribution arbitraire, nous les voyons le plus souveut échoir à ceux qui les négligent ou qui les gaspillent.
Ainsi, l’homme ne se trouve pas seulement en face du monde, mais en face de sa propre organisation comme en face d’une force qui ne relève pas de son acceptation volontaire, et dont l’origine échappe à sa connaissance et à son contrôle. Dès son apparition sur la terre, il est donc soumis à un double esclavage, extérieur par la nature et la force du monde, intérieur par la nature et la force de ses propres passions; et, de ce premier et double esclavage, il va en naitre un second par le passage de la vie individuelle â la vie collective.
La première des sociétés, en effet, la famille a une origine purement physiologique. Ce groupe se forme sous l’impulsion d’un attrait de nature qui, dépouillé de tout but supérieur dans la conscience et dans la raison, conduit au pur règne de la force. Aussi la famille primitive est-elle fondée sur une hiérarchie de pouvoirs exclusivement matériels, et c’est sous ce caractère qu’elle s’accentue et se développe dans toutes les premières périodes de l’histoire.
Peu à peu cependant les familles se groupent, de