‹ La moraleChapitre 19 sur 67 · Confessions, XX · texte numérisé non relu

Confessions, XX

7. Saint Thomas, Summa Theol.^ prima secwnJd?, quœst. l, ait. 8.

et, après avoir reproduit en partie la doctrine d'Ari??* tote ^ , il conclut, conformément aux idées chrétiennes, que « le bonheur consiste dans la vision de l'essence divine ^. » Au xvii^ siècle, les quatre maîtres en philosophie , Descartes, Malebranche, Leibniz et Spinoza, professent tous la doctrine de l'identité du bonheur et du bien. Voici les paroles mêmes de Descartes, paroles' qui expriment avec une parfaite précision notre propre doctrine : (( Le souverain bien, dit-il, consiste en l'exercice delà vertu, ou, ce qui revient au même, en la possession de toutes les perfections dont l'acquisition dépend de notre libre arbitre. La félicité est la satisfaction d'esprit qui suit cette acquisition. » Il distingue à peu près comme Socrate « l'heur et la béatitude ^, » l'heur dépendant des choses du dehors, la béatitude, au contraire, de nos propres facultés, a La béatitude n'est pas le souverain bien , mais elle le présuppose *. » Il affirme que la fin de nos actions peut s'entendre de l'un et de l'autre; {( car le souverain bien est sans doute la chose que nous devons nous proposer dans toutes nos actions, et le contentement d'esprit qui en revient, étant l'attrait qui fait que nous le recherchons, est aussi à bon droit nommé notre fin. » Il établit enfin le même principe qu'Aristote, à savoir que « chaque plaisir se devrait mesurer par la grandeur de la perfection qui le produit*. »

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