‹ La moraleChapitre 20 sur 67 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Mais nous nous trompons souvent dans cette recherche : « La passion nous fait croire certaines choses beaucoup meilleures et plus désirables qu'elles ne sont; » et « le vrai office de la raison est d'examiner la juste valeur de tous les biens \ » Ces maximes solides et sensées sont le fondement delà vraie morale. Malebranche, à son tour, fait consister le souverain bien dans l'amour de l'ordre, et ne le sépare pas du bonheur. Le bonheur n'est pas la fin de nos désirs, mais il en est le motif. Otez le plaisir que nous donne l'amour de l'ordre, l'amour de Dieu, aimeronsnous l'ordre, aimerons-nous Dieu? Il n'est pas défendu de chercher à être heureux, puisque l'amour-propre nous est essentiel ; il est défendu de chercher son bonheur en soi-même. La charité, selon le mot de saint Augustin, est une sainte concupiscence ^. Leibniz et Spinoza enseignent des doctrines analogues. Suivant celui-ci, u la béatitude n'est pas le prix de la vertu ; elle est la vertu elle-même ^ » Leibniz, de son côté, enseigne « que la considération du vrai bonheur suffirait à faire préféj'cr la vertu aux voluptés... » et il distingue «des plaisirs lumineux qui nous perfectionnent, sans nous mettre en danger de quelque imperfection plus grande, comme font les plaisirs confus des

sens *. »

Écoutez maintenant les moralistes pratiques, les prédicateurs, les sages de tous les temps. Ils ne cesseront de

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