VI PRÉFACE
et de nous inspirer de leurs recherches, nous avons fait tous nos efforts pour y ajouter quelque chose. Nous croyons avoir introduit ou réintroduit dans la science quelques éléments trop négligés, élucidé certaines difficultés, proposé quelques solutions, indiqué des sujets de recherches. Nous ne croyons pas avoir tout fait ; mais nous avons fait de notre mieux.
On trouvera, dans les chapitres qui suivent, les développements et les confirmations de nos principes ; mais nous avons jugé utile de les rassembler d'abord dans une sorte de synthèse anticipée, afin d'en faire comprendre l'unité à ceux qui nous auront lu, et de faciliter la voie à ceux qui voudront nous lire. Cependant noits demandons à ne pas être jugé sur de simples formules, et que l'on veuille bien attendre les développements ou discussions qui les éclaircissent.
Notre principe fondamental est que le bien moral suppose un bien naturel qui lui est antérieur et qui lui sert de fondement.
Si tous les objets de nos actions étaient en soi indifférents, comme le disaient les stoïciens, il serait impossible de comprendre pourquoi nous serions tenus de rechercher les uns plutôt que les autres ; et la loi morale serait vide de tout contenu.
Ces biens naturels^ antérieurs au bien moral, et qui devront être l'objet d'un choix, ne s'évaluent pas parle plaisir qu'ils nous procurent, mais par un caractère intrinsèque, que nous appelons leur excellence