‹ La moraleChapitre 5 sur 67 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

liberté que nous n'accordons pas au delà de la loi morale, nous la retrouvons dans l'enceinte môme de la loi; et nous admettons une initiative morale ({ni ne peut rien changer à la loi, mais qui crée et modifie sans cesse les moyens de l'accomplir.

D'après ces principes, nous rejetons la distinction reçue des devoirs stricts et des devoirs larcjes. Selon nous, il ne peut y avoir de devoir large, en ce sens qu'on pourrait l'accomplir ou ne pas l'accomplir à sa volonté. Ainsi tout devoir est strict quant à la forme ; mais dans l'application les devoirs sont déterminés ou indéterminés, selon la nature des objets qui en sont la matière.

On prévoit, d'après tout ce qui précède^ que nous n'admettons pas avec Kant que la vertu ne soit autre chose qu'une force de résolution. Elle est plus que cela ; et Aristote a raison de dire que « l'homme vertueux est celui qui trouve du plaisir à accomplir des actes de vertu. »

F^ar la vertu l'homme acquiert une certaine valeur, un certain prix, au delà de ce qu'il avait déjà reçu de la nature. On dit alors qu'il a du mérite. Le mérite sera par conséquent la valeur que l'homme s'ajoute à lui-même par l'effort constant ou môme passager de sa volonté. Le démérite est le contraire. Ce n'est pas seulement l'absence du mérite : c'est une perte, une diminution, un abaissement.

Ainsi les mots de mérite et de démérite ne repré-

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