‹ La moraleChapitre 6 sur 67 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

sentent pas pour nous des idées de relation, à savoir le rapport de l'agent moral à la récompense ou à la punition : elles ont une signification en elles-mêmes, et elles expriment l'augmentation ou la diminution de la valeur interne do l'agent moral par FefTet de la volonté. Cet accroissement de valeur est attesté par la satisfaction morale et par l'estime des hommes; la diminution, au contraire, est attestée par le remords et par le mépris.

Si le bonheur est identique au bien, et si la vertu est la pratique du bien accompagnée de plaisir, on peut dire avec Spinoza que le bonheur n'est pas la récompense de la vertu, mais qu'elle est la vertu elle-même. En d'autres termes, nous admettons avec les stoïciens que la vertu est à elle-même sa propre récompense.

Est-ce à dire qu'il n'y ait point de sanction morale? Bien au contraire. Mais, tandis que la sanction légale est extérieure à la loi, et n'a pour but que d'en assurer l'efficacité par des moyens externes, la sanction morale est comprise dans la loi elle-même, et est la garantie de sa justice. Car une loi qui commanderait à un agent de sacrifier son bonheur à celui des autres hommes et qui sacrifierait le bonheur de l'agent, une telle loi se détruirait elle-même, en nous faisant à nousmêmes ce qu'elle nous interdirait de faire à autrui.

La vie future ne doit pas être considérée comme un salaire, mais comme la jouissance paisible de ce

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