Lois de Manou, vi
cîde, le vol ou l'adultère, mais la calomnie, l'envie, la trahison; il recommande de rendre le bien pour le mal, et cela bien des siècles avant Jésus-Christ. Enfin le décalogue de Moïse est plutôt d'un législateur, et le décalogue de Manou d'un morahste.
On a souvent accusé la morale de Moïse d'être une morale charnelle, et c'est le reproche que le christianisme lui fait tous les jours. Ce reproche ne peut être adressé à la morale de Manou, qui est toute spirituelle, tout intérieure, et trouve pour exprimer la pureté morale des expressions dignes du stoïcisme et du christianisme. Voyez comme est décrite la conscience morale : a L'âme est son propre témoin ; ne méprisez jamais votre âme. Les méchants disent : Personne ne vous voit ; mais les dieux les regardent, ainsi que l'esprit qui est en eux. — 0 homme, tandis que tu dis : Je suis seul avec moi-même, dans ton cœur réside sans cesse cet esprit suprême, observateur attentif et silencieux du bien et du mal ; cet esprit qui siège dans ton cœur, c'est un juge sévère, un punisseur inflexible : c'est un dieu ^ » La sanction morale en même temps que le désintéressement de la vertu trouve aussi dans le même livre une expression précise et lumineuse; et l'idée de l'immortalité, dont on a remarqué l'absence ou tout au moins l'omission dans la morale de Moïse, est entendue dans le sens le plus élevé : «En accomplissant les devoirs prescrits, sans avoir pourmobile T attente de la récompense j l'homme parvient à l'immor tablé ^. n