XII PRÉFACE
qui seul a du prix, la perfection. Elle n'est pas à proprement parler une récompense, mais une délivrance.
L'immortalité n'est pas individuelle, mais elle est persomielle. La personne n'est pas l'individu. L'individu se compose de tous les accidents particuliers qui distinguent un homme d'un autre ; ces accidents périssent avec nous : c'est la chair. La personne est la conscience de l'impersonnel : c'est l'esprit.
La morale conduit à la religion, qui n'est autre cèose que la croyance à la bonté divine. Si le monde ne dérive pas du bien, et ne va pas au bien, la vertu est une chimère impuissante. La/oz pratique à l'existence de Dieu est donc, comme l'a dit Kant, le postulat de la loi morale.
Telle est la doctrine dont on trouvera les développements dans les pages suivantes. Si l'on veut donner un nom à cette doctrine, ce qui n'est pas sans importance pour fixer les idées, on pourrait rappeler une sorte à' eudé monisme rationnel, opposé d'une partàl'eudémonisme utilitaire, et de l'autre au formalisme trop abstrait de la morale de Kant, mais en même temps les conciliant l'un et l'autre. Celte doctrine n'est pas seulement à nos yeux la vraie, mais elle est la plus conforme à la tradition. Elle est celle de Platon et d'Aristote, de Descartes et de Leibniz, et n'a rien qui ne s'accorde parfaitement avec ce que lientham appelle le déontologisme, c'est-à-dire, la