Voyes la démographie figurée du D' Bertillon, section B
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daat que les liens du mariage soieût déclarés indissolubles, et que des époux devenus ennemis soient <x>ntraints de vivre sous le même toit. Il en résul-' terait des désordres de mille espèces, des hostilités et des conflits dont le dernier terme serait le crime. La séparation de corps devient, en pareille circonstance, une nécessité si évidente que partout les législateurs et les moralistes Tout admise, mais sans permettre, la plupart du temps, que des époux dont Tunion a reçu la sanction d'un sacrement se rema- . rient avant la mort de Tun d'eux. La conséquence a été que des jeunes hommes et des jeunes femmes, ainsi rejetés dans le célibat, ont apporté, au sein de la société, des passions aussi malsaines que perturbatrices. Ici, comme en mille circonstances, la loi, qui vise un idéal et non les aptitudes incomplètes de l'humanité, manque le but qu'elle prétend at- Mndre. La prétention de sanctifier le noiariage outre mesure, et de le rendre indissoluble, le rend effrayant pour des êtres sincères qui savent combien x>n s'expose à un parjure en promettant un amour éternel ; qui redoutent des liens indissolubles quand rien ne peut certifier la permanence de la tendresse; qui repoussent l'esclavage du cœur et veulent lui faire sa part de liberté, précisément pour lui ôter tout prétexte de protester par l'infidélité.
Mieux que toutes les lois et toutes les bénédictions, un amour qui agit librement et volontairement sait donner de la stabilité au ménage, établir entre les époux des relations profitables à tous les deux, dé-
montrer par le bonheur les avantages de la fidëlUé' réciproque, se transformer sans faiblir avec fes diverses périodes de la vie, se plier aux aptitudes de Tbomme et de la femme, accoupler leurs caractères, faire un être de deux êtres, enfin les conduire, appuyés l'un sur l'autre, jusqu'aux confins de la caducité. Mais une telle union ne se produit qu'avec des convenances d'âge, de caractère, de tempérament, d'intelligence et de sentiment dont les mariages sont trop souvent dépourvus; les mœurs actuelles admettent que les rapports des sexes sont légitimés bien plus par la sanction qu'ils reçoivent du prêtre ou du magistrat que par les convenances du cœur. Il en résulte que des jeunes filles ne croient pas s'avilir en se donnant à un homme qu'elles n'aiment pas, et que leur mari ne craint pas de se vendre légalement pour une dot. Des nuits de noces d'où la tendresse est bannie tieviennent une brutalité qui révolte les délicatesses du cœur, et des enfants conçus dans le dégoût manquent des énergies dont sont doués 'les fruits du viéritable amour. Ce sentiment n'a pas seulement k mission^ de rapprocher l'homme de la femme, d'établir lecouple et d'y combiner tes forces viriles st féminines : il est encore un moyen de sélection naturelle et de perfectionnement pour l'espèce. 'Il a desintuitions qui^ mieux que le médecin'le jAush^drile,. savent allier les tempérameiits envtte de ia'lbrce et de la beauté de la race. S'il était exchîsivemfent chargé de présider au mariage, si ses iconvenanoes.
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remplaçaient celles de la caste, de la fortune ou du simple capTïce, les vices congéniaux diminueraient dans d^énormes proportions, et l'on ne verrait pas des couples, parfaitement constitués en apparence, ^n'obtenir qu'une descendance chétive, tandis que d'autres, moins bien doués, ont des enfants magnifiques. La femme qui se donne sans amour, qui obéit, en se mariant, à des convenances autres que telles du sentiment, commet ua libertinage légal. Sesfib, au lieu d'avoir la beaxt té et l'énergie attribuées de tofut temps aux enfants de l'amour, auront les misères physiques et morales qui fourmillent dans'les bospices d'enfants trouvés. Ces produite du libertinage^etdu caprîee'témoignent, par unusélange de laideur, de faiblesse et d*infirmité, ce qui manque à une fécondité qui ne s'allie pas à une tendresse ^ine et profonde.
Une autre preuve de^Ia clairvoyance de l'amour
c'e^ Ba réprobation générale de l'inceste et des
'mariages consanguins. -^Ges «unieas étaient re>
poussées iastinctivement pâo* tes m[<!eurs avant quje
les observations et les^stati^^tiques eussent démontré
le granA nombre de muets et d'idiol^que produisent
les ^mariages entre parents. Ceci montre combien
nest indlsain 'te désir incestueux qui , en même
'tGOtpB qu'il outrage les moeui^, fausse les lois de ki
"reproduction et altère l'intégrité de la race. Un tel
'désir est un ennemi redowlabie pour la famille.;
car 11 peutmodifier, d'tine façon odieuse, les rela-
tion&de» membra» qui la compoeent. Oà il règne,
le crime trouve un accès facile ; les passions s'exaltent et produisent ces drames intimes dont les mystères se dévoilent devant les cours d'assises. Il est dans Tordre des choses que l'inceste, produit par un sentiment contre nature, aboutisse à des actes dénaturés et que des vices monstrueux transforment les hommes en monstres. Les incestes de toutes les époques ont porté trop souvent des taches de sang, comme si l'affection qui est, par excellence, la mère des sentiments d'humanité se condamnait, en s'altérant, à devenir la mère des cruautés les plus odieuses.
Il se peut que les passions contre nature naissent de l'obsession du désir, mais elles trouvent également leur origine dans les sens blasés par l'abus de la volupté. L'amour, après avoir cherché un stimulant dans le caprice, le cherche dans la dépravation : ce qui se produit pour l'appétit alimentaire, quand il est surmené , se reproduit pour l'appétit jsexuel. Lorsque la variété dans les mets ne peut plus lutter contre la satiété du convive, il lui faut des condiments qui brûlent son palais.
De cette analyse il résulte que l'amour n'est moral et sain qu'à la condition d'organiser le ménage et de le rendre fécond. L'organisation suppose l'équivalence de l'homme et de la femme, elle suppose la persistance de leur tendresse et leur fidélité réciproque ; ce qui ne saurait concorder avec l'altération du sentiment qui les unit; la fécondité et ses conditions repoussent les rapports qui ne seraient
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pas conformes au vœu de la nature, les abus gui aboutiraient à la stérilité des courtisanes, les pratiques destinées à rendre le sein maternel infécond. Mais ces prescriptions doivent trouver leur mesure dans l'hygiène et ne pas exiger des relations qui deviendraient dangereuses pour celui des époux dont la santé serait altérée. Il se peut également que des grossesses trop rapprochées produisent des avortements successifs ou des enfants chétifs et dévolus à la mort. En pareil cas, les gestations multiples sont loin d'aboutir à la véritable fécondité. Ceci fait voir combien peuvent être dangereuses les prescriptions des casuistes qui partent d'un idéal et prétendent en poursuivre la réalisation en dépit des faiblesses et des infirmités de la nature humaine. En exigeant des conceptions trop fréquentes chez des jeunes femmes exposées aux avortements, ils les ont rendues infécondes et ont bien souvent provoqué leur mort.
Il est de même conforme au vœu de la nature que la mère allaite son enfant. Outre que Tafflux du lait vers les mamelles prévient les accidents inflammatoires dont le bas-veutre pourrait devenir le siège, il produit une stérilité temporaire qui permet aux organes de la gestation de recouvrer les forces perdues. Ajoutons que l'allaitement attache puissamment la mère à son fruit, suppose une surveillance de tous les instants, enseigne les besoins du nouveau-né et les soins multiples qui lui sont nécessaires; enfin provoque Tattendrissement du père
que charme le tableau de sa femme allaitant le fruit de leurs amours. Tant de convenances montrent combien il est conforme à la morale que chaque mère bien constituée se transforme en nourrice. Mais il se peut que le lait manque, il se peut que la qualité en soit mauvaise et que, sous peine de dépérissement ou mémB de moi*t, il faille reeourirau sein d'une étrangère. L'hygiène déterttiiïiB encore les limites des fonctions de la mère. Lorsque celleci , avec une organisation saine et avec un sein gonflé de lait, se dispense d'une part des actes de la maternité^ elle ment à la morale et fausse Torganisation de la famille. Elle aura le déboire de voir son enfant lui préférer une étrangère. Rien n'attache comme l'éducation du premier âge ; rien ne complète, au même degré, la tendresse maternelle et ne commande autant de tendresse filiale. Les progrès quotidiens du nourrisson, ses gestes, ses sourires, ses bégayements, ses gracieuses gaucheries en font un être charmant; il a le privilège de faire surgir la bienveillance et l'instinct de protection dans les cœurs les plus froids, il apporte dans la maison la joie, l'animation et la vie, il pare sa mère et lui donne l'auréole de la fécondité ; il attache le père au foyer, il lui promet tout un avenir. Tant de sentiments gravitant autour du nouveau-né en font un trésor sur lequel les parents veillent avec un soin jaloux. Comme l'avare, ils y ajoutent, chaque jour, au moyen deJ'éducation, et grandissent le pécule qui doit soustraire une partie d'eux-mêmes aux ser-
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vitudjefi de la mort. Se voir ainsi revivre dans un êlre que l'on a formé de son sang, que Ton peut doter de mille qualités diverses et que Ton croit paré de mille grâces est certainement une des joies les plus profondes de rhumianité. C'est Texplication de oesinstiflets de paternité qui, pendant de longues années, pourvoient à tous les besoins de Fenfance, au prâ du labeur le plus opiniâtre, et trouvent leur récompense dans la prospérité d'un être devenu chaque jour plus cher.
Pour comprendre les sentiments de la paternité, il sujQOit dje considérer une couvée d'oiseaux et de voir les. soins dévoués, incessants, infatigables du père et de la mère pour leurs petits. Ces fruits de l^uis amours sont entourés d'une sollicitude qui pourrait servir de modèle à bien des hommes oubMeux. que leurs enfants n'ont pas demandé à vivre et que leur donner l'être c'est s'engager à les nourrir. Celui qui abandonne son enfant tombe audessous de la brute. Il reste dans cet abaissement s'il se dispense, même au prix d'un labeur incessant, de développer les facultés de l'être qu'il a mis au monde. S'U altère ces facultés, s'il les tourne au vice, il devient criminel et viole les lois les plus saintes de la nature. Ici les obligations des deux 8ÙXBS ne sont pas identiques. La mère, vouée à la gestation , à la parturition et à l'allaitement, est frappée d'une débilité qui appelle la protection de soa mari sur lequel retombe la production nécessaire à l'entretien du ménage. Celle qui devient
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infirme pendant la grossesse, qui enfante dans la douleur et qui concentre ses soins sur le nouveau-né doit ôire nourrie et soignée en raison des peines que lui impose l'amour de son époux. Peu importe que ce iltTJiiei' soit obligé de gagner, au dehors, le pain iiuoiidian, c'est à la femme que revient l'éducation du jireinier âge. C'est à elle également, c'est à ses aptitudes natives que rerient leaoin du logis. Quand elle ignore l'art de rendre son intérieur rangé, propre et avenant, quand elle ne sait pas orner tout ce qui la touche et parer d'élégance jusqu'au berceau ije son enfant, elle s'expose à voir son mari cédor aux entraînements du cabaret et se donner les jouissances de l'ivrogne, au prix de l'aisance de la famille entière. La femme est l'àme du logis. Sa gaielô doit y attirer le rire, son activité doit en chasser l'ennui, sa grâce doit y maintenii* l'élégance, aoLi cliarme doit y faire régner le bien-être qui est uu avant-goût du bonheur. Où manque l'élément féminin on voit bien vite dominer l'incurie, la grossièreté, le désordre et marne la saleté; on voit l'enfance manquer des soins qui lui sont dus, on voit péricliter la famille entière. Il suit de là que les aptitudes naturelles de la femme sont des vertus sociales qu'elle est tenue de développer et d'exercer si elle tient à rester dans les conditions de la morale. Sa ténacité naturelle doit se vêtir de cette douceur qui use les impatiences, les injustices et les colèios ; ses refus doivent se tempérer par un sourire ; sa complaisance doit être inépuisable pour le
bien. Qu'elle se garde des emportements, des récriminations, des crises nerveuses et de l'abus des larmes ! qu elle se garde surtout des mouvements acariâtres, si elle ne veut pas que mari et enfants se sauvent et se dispersent. La maison ne peut devenir l'asile, l'abri, le lieu du repos et de la sécurité sans être le sanctuaire de la paix. Chacun doit respecter cette paix, et avant tous les autres le maître du logis. La nature, en lui donnant la force physique et morale qui commande, lui impose en même temps l'obligation de faire régner la justice et d'y conformer sa conduite. Il est mal venu d'exiger de sa femme et des enfants les vertus qu'il ne pratique pas; il fait aveu d'incapacité en demandant à autrui ce dont il ne peut donner l'exemple. Ses brutalités sont sans excuse. Quand il frappe la mère devant l'enfant, quand il imprime une flétrissure sur la joue de celle qui porte son nom, il outrage la famille entière, il attente doublement à sa propre dignité. Son bonheur a reçu une atteinte mortelle, car la femme^ car la mère ne peut pas plus pardonner que le père, que le mari ne peut s'absoudre. Or qui ne pardonne pas se venge et les vengeances conjugales sont la perte du ménage. Quel que soit le ressentiment des époux, ils doivent éviter, avant tout, l'injure irréparable et se garder de ces mots qui outragent plus sûrement qu'un soufQet. C'est à tort que l'on vante la douceur des raccommodements venus à la suite des querelles ; chaque orage intérieur enlève quelque chose à la tendresse et
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laisse au fond de la blessure qu'il lui a fcite un ferment d*orage pour l'avenir.
tin des résultats les plus tristes des querelles entre les époux est l'atteinte que subit réduoatton des enfants, soit par la contagion du mauyais exemple, soit par la perte du respect pour ceux qui doivent enseigner. Les témoins du litige prennent parti et ne peuvent approuver, d'un côté ^ sans blâmer d'une autre part. Parfois même le blâme est double et détruit la confiance absolue que les enfants élevés dans la paix conjugale professent pouir leurs parents. Dans ces conditions» l'éducatioa est forcément mauvaise. Elle est excellente y au contraire, si la parole paternelle tire d'une conduiteirréprochable l'appui de la confiance et du respect. Le fils qui, mille fois, a demandé au bras de son père un appui contre la fatigue, une protection contre les dangers réels ou imaginaires et une aide dan3 rimpuissance, croit volontiers que le courage et la force de son protecteur sont irrésistibles» Il croit à la science et à là véracité de qui répond à. ses questions et donne la solution d'une multitude de problèmes ; il croit à la vertu de qui prend Ja direction de la famille, redresse les txM^ts et devieat l'arbitre des litiges. Ces leroyanoes aboutissent an respect, pour Tun, et à l'autorité, pour l'autre. L'enfant devient, dès lors, docile aot cMMits qui lui sont donnés et trouve tme satisfaction intime à s'y conformer. Mais s'it n^ re^eete pas son pim^ il entre en lutté avec lui et mfMt à àffiroier sa pm^e-
voloûté par la désobéissance. L'égoïsme est développé chez les eafants comme chez tous les faibles, et ne fléchit que devant la vénération qu'inspire le père ou l'amour qu'inspire la mère. Celle qui pendant de longs mois a nourri son fils de son lait, lui a prodigué ses soins, de jour et de nuit, lui a donné mille joies et lui a évité mille douleurs ; celle qui est devenue une providence toujours prête à provoquer le rire et à sécher les pleurs obtient» en retour, une tendresse profonde. Entre le cœur de la mère et le cœur de l'enfant semble exister une communication mystérieuse produisant la conformité des goûts, des instincts et de la volonté. L'activité, l'adresse, Tordre, la patience, etc., passent de l'une
à l'antre par une sorte de contagion. Aussi ast-ce par l'exemple que la femme peut surtout dans l'éducation. Quand ses fils grandissent elle perd l'autorité sur eux , mais souvent une de ses larmes obtint oe que n'a pu obtenir la sévérité paternelle. L'éducation qui se fait sans l'aide du respect et de la tendresse est le plus souvent mauvaise; elle doit employer la foroe, pour agent capital, elle impose ses prescriptions et provoque ainsi la révolte. C'est pour cela que, hors de la maison paternelle, les enfants sont mal élevés et n'obtiennent pas ces qualités premières du cœur dont l'influence bienfaisante doit se faire sentir sur la vie entière. Dans les établisseméats publics où se trouve casernée la jeunesse, il se peut que l'intelligence se développe, mais l'égoisme orolt dans les mêmes proportioi^ et i'àme
n'obtient pas les qualités sociales dont la première formule est Tamour maternel et paternel. Le cœur qui reste fermé aux affections de la famille aura bien de la peine à s'ouvrir pour admettre les affections sociales, il s'isolera dans son égoïsme, il subira la tyrannie des appétits, et^ pour les satisfaire, entrera «n lutte contre la société entière. Il luttera contre le père qui refuse de tolérer les désordres, ou de fournir aux dissipations ; et le parricide viendra épouvanter la famille dont les auteurs n'ont su inspirer ni l'amour ni le respect. De tels crimes ne se produisent pas dans les maisons où le père et la mère écoutent la voix du sang et savent, par des soins assidus, provoquer l'esprit de solidarité qui doit relier les membres d'une même maison. Cet esprit va jusqu'à admettre la communauté du patrimoine dont les produits doivent être répartis selon les besoins. Les êtres qui vivent autour du même foyer et sur le même champ, ceux qui participent au même repas et ont une foule d'intérêts identiques ne sauraient se traiter comme des étrangers. Us se sentent solidaires devant les autres familles, ils se rendent une foule de services, ils s'aident et se soutiennent dans les luttes diverses. Les enfants que le même sein a nourris, que le même giron a bercés, sentent la fraternité du sang s'infiltrer peu à peu dans leur cœur et produire une amitié fondée sur la conformité des goûts, des intérêts et des habitudes. Autant que l'amour, reliant le père au fils, l'amour qui relie les frères et les sœurs devient profitable à l'organisation sociale.
Le sentiment fraternel est l'initiateur des autres sentiments sociaux ; il prépare l'adolescent aux relation» que nécessite Torganisation communale et nationale, il est la justification du dicton populaire : Dieu protège les grandes familles. Ajoutons que les frères qui s'aident et se soutiennent ont mille chances de réussir dans leurs entreprises. Autre est la situation du fils unique. Les compagnons de ses jeux sont des étrangers qui ne peuvent le sortir de son égoïsmo natif, ce sont des adversaires avec lesquels il peut s'exercer à la lutte, mais qui ne lui apprennent ni la solidarité, ni la mutualité, ni la sympathie destinées, en se généralisant, à devenir Thumanité. Il faut plaindre le fils unique bien plus que l'envier. Il reste étranger aux sentiments de fraternité et, par suite de cette insuffisance dans son éducation, a mille chances de devenir un perturbateur social. Ceci montre combien grande est Terreur des parents qui croient assurer le bonheur de la famille par la limitation de la fécondité maternelle, sans "c^ir que la perspective d'un gros héritage est un élément de décadence bien plus que de prospérité.
Entre frère et sœur Tafifection prend, sous Tinfluence des sexes, un caractère particulier. Elle est protectrice chez celui qui sent fermenter en son cœur les instincts du sexe fort, elle est timide et dévouée chez celle qui porte les instincts du sexe faible. Si la sœur est plus jeune, Tamour de ses frères devient paternel, mais il devient filial si la sœur, plus âgée, remplit dans la famille les fonctions de la ménagère.
Les nuances de la fraternité sont infinies et toutes profitent au bien, tant que persiste leur caractère fondamental ; mais elles sont vite entraînées sur la pente du mal si elles sont entachées par le désir. C'est en qualité de préservatif d'une telle altération que la décence et la pudeur sont précieuses, au sein de la famille, et doivent régner souverainement entre des êtres que rapproche la vie en commun. Nul ne peut dire combien un regard indiscret peut allumer d'ardeurs dans l'imagination d'un adolescent, et combien le manque de décence, chez les enfants d'une même maison, peut produire de vices. Des désordres de toute espèce ont été constatés dans les familles que la misère entasse dans une seule chambre, alors que les enfants des deux sexes ont le même lit et que chacun est témoin des actes de tous. L'aisitnce aide puissamment à la moralité de la famille, en permettant aux parents, aux frères et aux sœurs d'occuper des locaux distincts et de se livrer aux soins intimes que le corps exige, sans que la décence ait à en souflTrir. Où cette vertu capitale est respectée, Thonnêteté apparente devient une réalité qui s'étend jusqu'à la parole et nepermetpasque le mot graveleux, après avoir initié les enfants des deux sexes à des choses qu'ils doivent ignorer, leur présente comme une peccadille ce qu'ils doivent considérer comme un crime.
La décence, sévèrement maintenue, enseigne au jeune âge les délicatesses de sentiments qui aboutis-^ sent à la dignité. U en résulte, au sein de la famille.
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un respect mutuel qui devieut pour la morale un précieux auxiliaire, eu ce qu'il condamne les noises, les injures et les sévices de toute espèce, en ce que^ dans Tinjure, la honte n'est pas pour Toutragé, mais pour celui qui outrage, A pareille école le triomphe de Ja force ne vient pas enseigner la barbarie et rapprocher le coBur humain du cœur de la bête. Une ligue se forme contre l'oppresseur et assure Tindépendance des faibles. Les frères et sœurs ont le sentiment de leur équivalence; ils se savent membres d'un même organisme, ils n'admettent ni privilège, ni servitude. A cet égard, le droit d'aînesse fausse les instincts naturels en attribuant au hasard de la primogéniture des avantages qu'aucune qualité personuelie ne vient justifier. Che;2 les peuples qui maintiennent ces avantages, Tamour fraternel est faussé, la maison est désertée par les cadets, qui ne voient dans le toit paternel qu'un abri momentané. Le manque de mutualité fait que l'égoïsme, si développé chez les enfants, passe de l'aîné trop favorisé à ses frères déshérités, et que cet apprentissage de la vie fait du chacun pour soi le caractère dominateur ]
des nations vouées au droit d'aînesse et aux privilèges j
qui en découlent. Il en est autrement des peuples j
qui maintiennent l'équivalence parmi les enfants !|
d'une même famille, et font régner parmi eux la loi ;!
de mutualité. Quand il n'existe dans un même groupe !>
social ni maître, ni serviteur, ni oppresseur, ni op- i\
primé, on voit naître la communauté de vie si néces^ ] \
saire au jmi, à la gaieté et ^u plaisir. Dans l'action
i5l MORALE POSITIVE.
commuae, il faut tenir compte de la volonté d'autrui et subordonner Tintérôt personnel à l'intérêt général. L'égoîsme cède le pas à Taltruisme, et la fraternité établit une ligue contre l'étranger. Elle se relie à l'amour paternel et filial pour produire l'instinct familial et établit la solidarité entre des êtres qui diffèrent d'âge, de sexe et d'aptitude. C'est de l'âme de la famille que l'enfant tire ses qualités morales. Il se sent chez lui sous le toit paternel, mais il est obligé d'accorder les mêmes droits à tous ceux qui l'entourent; il a sa part dans la récolte du domaine, comme il a sa part dans le labeur quotidien; mais si la propriété lui apparaît comme le droit d'user, il ne peut en abuser ou même en disposer sans l'assentiment d'autrui. Il est contraint d'appré* cier les différences de la possession individuelle et de l£^ possession collective, de ce qui lui appartient en propre et de ce qui appartient à la maison. En sentant la nécessité de respecter la part de ses frères^ il fait l'apprentissage de la probité.
Dans le communisme familial, la propriété est encore mal déterminée et se confond avec l'usage ; cependant elle prend des caractères différents selon qu'elle concerne la maison, l'approvisionnement, le vêtement, l'outil ou le jouet. Un enfant, dès Tâge de trois ans, sait distinguer la possession collective de la possession individuelle et dire : ceci est à nous ou ceci est à moi, il a la prétention de veiller suir l'une et sur l'autre, il se révolte contre les atteintes qui peuvent y être portées. C'est à peine s'il recon—
naît à ses parents le droit de séquestrer son jouet, lorsque Tusage qu'il en fait devient incommode à la famille entière.
On voit, par la simple analyse des faits, comment l'organisation familiale met la morale au cœur de l'enfant et neutralise, par l'altruisme, Tégoïsme congénial. Le frère qui s'empare de la poupée de sa sœur sent fort bien qu'il porte atteinte à la loi naturelle de la famille, il le sent bien plus encore quand il exerce des sévices sur ses consanguins. S'il persiste dans sa mauvaiseté, malgré le cri de sa conscience, et met ses convenances personnelles au-dessu» de tout, le sentiment familial proteste avec persistance, crie sous la blessure qui lui est faite, et se venge par le remords. Cet implacable gardien de la justice n'a aucune prise sur le cœur étranger à l'iastinct social, tandis qu'il agit manifestement sur tout ce qui vit en société. On a vu des chiens ne pouvoir se consoler d'avoir mordu un des membres de la famille dont ils étaient les serviteurs et les amis ; on les a vus mourir de douleur après avoir déchiré leur maître ; on a vu des criminels, après avoir commis un forfait, se livrer à la justice et provoquer l'expiation pour échapper au remords qui les obsédait. On comprend que ce chagrin pour le mal fait à autrui, est en raison de l'altruisme contracté antérieurement; car l'égoïsme ne peut avoir d'autre douleur que celle de son propre dommage. Tout mal dont il bénéficie lui est une occasion de plaisir.
Dans la famille organisée selon la loi qui lui est
re J* rapports des différents membres ne peu-
P'^^^ter identiques, alors que Tenfance passe à
^ jgscence, puis à l'état adulte, alors que les adul-
^ggent à la maturité, puis à la vieillesse. Chaque
. a dtf fonctions qui lui sont propres, et un fils
de y^^S^ ^"^ ^'^^ P^' ^^ présence de ses parents, dans les conditions où il se trouvait pendant les prexjiières années de sa vie. La force lui est venue, tandis qu'elle à diminué chez son père. Quelques années encore et celui-ci subit les atteintes de la sénilité. Sa vue, ses bras et son corps tout entier sont affaiblis : sa puissance de production a diminué. La seule force qui lui demeure intacte c'est l'expérience acquise. Par elle, il reste le directeur de la famille et se trouve admirablement propre à en faire converger les efforts vers un but commun ; il devient ainsi le conseiller général, le pacificateur et le juge. Ceux qu'il a nourris des produits de son labeur, ceux qu'il a défendus contre les dangers de toute espèce, ceux dont il a développé l'âme aussi bien que le corps ont contracté envers lui une énorme dette de reconnais^ sance et de respect. A eux de s'acquitter en^soutenant ses pas chancelants, en travaillant à son profit, en l'entourant de bien-être, en lui témoignant une tendre déférence. C'est ainsi que dans la famille fondée sur les lois de l'organisation, chaque membre donne et reçoit tour à sour appui et protection, trouvant^ au temps de la fistiblesse, ce qu'il donne au temps de la force. L'admirable principe de la mutualité fait que l'amour du consanguin et l'intérêt personnel
mobjlls positive. m
suivent les mômes voies, et que les parents font de leur dévouement, à Tenfant qui nait de leur sang, une ^rgne pour leiu: propre avenir. Mais s*ils ne savent pas imposer la reconnaissance au fruit de leurs entrailles, s'ils ne savent pas faire des êtres sains de corps et d*âme, s'ils cherchent dans la famille la satisfaction de leur intérêt personnel et de leur égoïsme* ils voient un égoïsme pareil leur répondre, risûlement se faire autour d'eux, le conflit des intérêts envahir leur maison ^ les querelles intestines éclater i tout propos et la convoitise de leur héritage apparaître sous mille formes diverses.
£n thèse générale on peut affirmer que le sort des vieux parents correspond à la somme d'organisation introduite dans leur famille et qu'ils recueillent ce qu'ils ont shooté. La loi du bien qui prescrit au père de donaer au fils tout ce qui est nécessaire à la forma* tionde Tétre moral, prescrit également au fils d'ai* ■der et de respecter son père. S'il l'abandonne dans le besoin, s'il le rudoie de pai^oles, s'il lève sur lui une main dénaturée, il se met hors la k)i morale. Son cximefist encore plus vil s'il outragé sa notère, s'il meurtrit le sein qui l'a nourri et bercé. Dans toute maison où manque le rei^pect des parents, la force bruAale iet l'égoïsme priment le sentiment moral : le faible est opprimé et s© v«nge, une série d'antagonismes remplace le concours et la mutualité, aucwne pnospérité n'est possible. Cette prospérité grandit, au coniraire, quand l'aïeul, en échange <iela déférence et de la tendresse dont il est entouré,
met au service de tous une expérience longuement acquise, un jugement dégagé de toute passion, une autorité résultant d'une vie d'étude et de labeur. Alors le vieillard reçoit la récompense de ses vertus et peut, un pied dans la tombe, jeter un regard satisfait sur les êtres nés de son étre^ sur les vies qui vont continuer sa vie.
L'altruisme familial et la bienveillance qu'il comporte n'embrassent pas seulement la parenté, ils s'étendent à l'hôte qui vient s'asseoir au foyer et demander un asile momentané, ils s'étendent aux serviteurs qui apportent à la production le concours de leurs bras et de leur intelligence, ils s'étendent aux animaux domestiques et au chien qui garde le seuil. Cette loi de l'hospitalité est si générale et si conforme aux instincts natifs qu'elle garde son influence chez le barbare aussi bien que chez l'homme placé au faite delà civilisation, chez l'enfant aussi bien que chez le vieillard. Tous sentent qu'il est conforme au bien de respecter l'hôte, de pourvoir à ses besoins et de le traiter comme un membre de la famille ; tous sentent qu'il y a méchanceté et infamie à maltraiter ou à trahir celui qui se confie à la paix de la maison. La mutualité sociale exige de l'hôte un respect et une bienveillance pareilles pour ceux qui l'ont admis à leur foyer. Traité en frère, il est tenu d'agir en frère et sa porte doit rester ouverte à ceux qui lui ont ouvert leur porte. Ici la loi du bien est formelle : Elle indique, de même, les rapports de bienveillance qui doivent exister entre le maître
façon des rapaces. La force sara leur unique loi et partout, au concours pour Texistence, ils substitue-^ rontla lutte pour l'existence. Guerre de race, guerre de caste, guerre de profession, tout leur sera moyen «de ravir, d'accumuler et de segorger. Ils partageront la société en groupes hostiles et irréconciliables, ils prépareront d'inévitables catastrophes.
Osons dire que les célibataires et les isolés des deux sexes qui tirent de l'organisation sociale des revenus dépassant leurs besoins doivent à cette orga* nisation l'adoption d'un orphelin. En persistant dans leur isolement égoïste ils manquent à la morale gui prescrit à tous de vivre sous la loi de la famille ; ajoutons qu'ils s'enlèvent des chances capi* taies de bonheur. La maison n'est capable de pré* parer la conscient;e humaine à l'ensemble des ins* tincts sociaux que si elle renferme, avec des individus des deux sexes, l'enfant, l'adulte et le vieillard. C'est par la réaction de ces êtres divers les uns sur les autres que s'apprend la morale pratique, sans laquelle nulle société n'est possible. Sous le toit dépourvu d'enfants on ne trouve pas la sollicitude pour la faiblesse, l'indulgence pour le caprice, la patience devant fa turbulence, la naïveté rieuse, la gaietéentratnante, le préservatif contre l'ennui. Où manque la femme ne se rencontre ni urbanité, ni grâce, ni délicatesse, ni tendresse émue, ni élégance, ni véritable bien-être ; où manque l'adulte il n'y a pas de force, pas de puissance, pas de sécurité ; où manque le vieillard, la prudence, la réflexion,
prennent à aimer. Une morale mieux entendue pourrait donner ainsi à des milliers d'enfants abandonnés la famille sans laquelle ils deviendront uécessairement des égoïstes et des perturbateurs so* ciauz, pendant que leur présence sauverait de l'iso^ lement, de Tennui/du chagrin et trop souvent de la méchanceté une foule de femmes dont la vie est inutile, sinon malfaisante. Un double mal social se convertirait ainsi en un bien ; des forces perturbatrices seraient ralliées à l'organisation.
Si Tadoption ne vient ainsi compléter l'action conjugale et reproductrice dans la formation de la famille, il est impossible de sauver une foule de personnes de l'isolement et de donner aux enfants les sentiments altruistes qui s'apprennent seulement dans le premier groupe social. Le manque de famille explique pourquoi Téducation des bâtards au sein d'un hôpital ne peut les soustraire à leurs instincts égcHStes et antisociaux, pourquoi des êtres qui pour* raient devenir des citoyens honnêtes et utiles soni dévolus f pour la plupart , à la police correctionnel ou à la cour d'assises.
Quand les théories psychologiques reposeront sur des faits positifs on comprendra combien est perni* cieuse l'éducation des lycées où les enfants sont casernes avant l'époque de la puberté.. Enfermés entre quatre murs conoune des oiseaux dans une cage« Us transforment l'enseignemant qui leur esi donné ea armes offeosives, ils s'aiguiseat le bec et l'tNagla pour le moment où ils fondront sui* la société, à la
façon des rapaces. La force sera leur unique loi et partout, au concours pour Texistence, ils substitue^ ront la lutte pour l'existence. Guerre de race» guerre de caste, guerre de profession, tout leur sera moyen de ravir^ d'accumuler et de segorger. Us partageront la société en groupes hostiles et irréconciliables, ils prépareront d'inévitables catastrophes.
Osons dire que les célibataires et les isolés des deux sexes qui tirent de l'organisation sociale des revenus dépassant leurs besoins doivent à cette orga* nisation l'adoption d'un orphelin. En persistant dans leur isolement égoïste ils manquent à la morale qui prescrit à tous de vivre sous la loi de la famille ; ajoutons qu'ils s'enlèvent des chances capitaies de bonheur. La maison n'est capable de préparer la consciente humaine à l'ensemble des instincts sociaux que si elle renferme, avec des individus des deux sexes, l'enfant, l'adulte et le vieillard. C'est par la réaction de ces êtres divers les uns sur les autres que s'apprend la morale pratique, sans laquelle nulle société n'est possible. Sous le toit dépourvu d'enfants on ne trouve pas la sollicitude pour la faiblesse, l'indulgence pour le caprice, la patience devant fa turbulence, la naïveté rieuse, la gaietéentratnante, le préservatif contre l'ennui. Où manque la femme ne se rencontre ni urbanité, ni grâce, ni délicatesse, ni tendresse émue, ni élégance, ni véritable bien-être; où manque l'adulte il n'y a pas de force, pas de puissance, pas de sécurité ; où manque le vieillard, la prudence, la réflexion,
la temporisation et le bon conseil font défaut. C'est par le concours de tous ces éléments divers que la famille devient l'officine où se fabrique Têtre moral, l'homme qui porte le bien et la prospérité au sein de la société. Vainement les révélations ont tenté de produire dans l'isolement des types de vertu, d'arracher l'homme à Thumanité^ de subordonner sa conscience à un idéal ; il est arrivé que le prêtre, que le moine, que le reclus et que la religieuse, en dépit de leurs vertus, ont toujours été des agents perturbateurs au sein de la société. L'ignorance, la faiblesse et la démoralisation, chez les divers peuples de l'Europe et de l'Amérique du sud, ont toujours été en raison du nombre des religieux et des individus placés hors de la famille dans ces contrées diverses. Après le couvent vient dans l'ordre de l'action malfaisante le séminaire, la caserne, l'hospice et le lycée. C'est dans le séminaire que se forment les hommes capables de sacrifier parents,, amis, concitoyens, patrie et science à une hypothèse religieuse, les hommes qui pendant deux siècles ont détruit les esprits éminents de l'Espagne et de l'Italie au point de condamner les peuples les mieux doués de TEurope à une médiocrité humiliante. C'est dans la caserne que se forment des hommes prêts à faire triompher, par la force, les complots tramés contre les libertés de la patrie ; c'est dans rhospice que l'enfant du vice ou du malheur prend la haine de la société qui lui fait l'aumône ; c'est dans le lycée que l'enfant des classes riches apprend
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Tégoïsme de caste qui lui fera défendre ses privilèges, en dépit de la justice.
Des rêveurs ont prétendu sacrifier la famille au profit de Taction collective, lorsque les faits montrent de toutes parts que les sentiments nés des rapports du père, delà mère et de l'enfant sont à l'éducation sociale^ ce que la lecture et l'écriture sont à l'instruction scientifique; et de même que le savant ne saurait se produire s'il ne dispose du livre et da la plume, de même le citoyen ne peut obtenir les qualités morales qui lui sont propres si la paternité et la fraternité n'ont frayé dans sa conscience la voie aux affections et aux obligations de la vio civile.