L.\ MOHALK RATIONNEI.LE
une liste de devoirs où tous moins un sont artificiellement rattachés à celui qui lui a paru d'un ordre plus haut. Pourquoi sacrifier sa famille à la patrie, par exemple, si l'on ne peut démontrer que la famille et la patrie ne sont sacrées qu'étant donné le rôle de Tune et de .l'autre dans l'humanité? Gomment démontrer qu'il ne faut pas enrichir sa famille par tous les moyens, si l'on n'a pas une preuve comme quoi les devoirs familiaux, là même où ils sont le plus impérieux, ne sont que des conséquences d'un devoir plus vaste et plus haut — plus haut nd^ point, certes, parce que d'un autre ordre, mais seulement parce que plus fondamental? La solution des conflits moraux n'est possible que si tous les devoirs se laissent dériver d'un principe unique, que si la Morale, toute entière, est une : alors seulement les devoirs auxquels on renonce ne sont point des devoirs sacrifiés, mais des devoirs devenus illusoires en raison de certaines circonstances. Et il faut bien qu'il en soit ainsi.
Tout notre effort, dans le reste de ce Livre, tendra à déduire l'économie des obligations de celles qui constituent les deux espèces principales du « genre » devoir, espèces dont l'unité fondamentale a été suffisamment établie dans le Livre précédent.