‹ La morale rationnelle dans ses relations avec la philosophic générale [microform]Chapitre 32 sur 38 · I.A WDKAI.K ClVIi^Uli KT LA MOHALE COSMOPOLITIQUE · texte numérisé non relu

I.A WDKAI.K ClVIi^Uli KT LA MOHALE COSMOPOLITIQUE

gouvernement et ses droits correspondants ne sont q"e ;e»^ d« certains citoyens, - choisis ou acceptés par l'ensemble de leurs conSensTsquelB ont le devoir et le droit de se donner des Se?s - sur les autres citoyens ; tout ce qui est de l'ord re politique est à la lettre, civiqne. Nous regrettons qu'il n'y mt point une expression susceptible de caractériser tout devoir et outdro. de l'ordre cosmopolitique comme rigoureusement individuel et dSns ceux qui les ont et dans ceux à l'égard desquels on les a. S; ici a"Lrtout doit être déduit de la Morale individuelle et de k Morale inter-individuelle, si l'on ne veut pas professer un culte absurde et fétichiste pour une sorte de 'non^t^'f "f^ J^'" sonne morale comprenant ''humanité entière, présente et même future, pour une humanité composée a la lois, 1 on ne sait pai quelle magie, des personnes individuelles et de ces pseudo-personnes morales que seraient les nations, sans parler de ces autres pseudo-personnes morales dont les membres appartiennent à la fois à plusieurs corps, personnes morales qui seraient... toutes les associations, politiques ou non, qu'il a plu ou plaira aux hommes d'instituer. ... .,, ,

Laissons-là ceux qui, dédargnant de servir l humanité autrement que dans sa totalité, réduisent leur altruisme a Par er doquemment d'humanité; l'erreur de ceux qui professent un Gosmopolitisme faux mais sincère, s'explique par l'interférence d un sentiment excessif de respect pour une humanité abstraite, et d'une illusion réaliste, bien étrange en un tempsou plus que jamais la Science diminue l'importance de la notion d espèce . Un nouveau Réalisme serait-il le succédané mystique des Religions / On le pourrait croire, car la Religion de la patrie, et la Religion de l'état, qui déjà a presque supplanté la première, se sont exallées à mesure que déclinait la religiosité proprement dite ; et l on voit les esprits les plus opposés aux Religions positives s autorirer souvent d'une sorte de Religion qu'ils jugent supérieure t la Religion de l'humanité b, pour combattre cequ ils nommen la Religion de la patrie, ou même le culte de l'état, quand état magnifié est trop exclusivement celui d'une nation particulière. L'on reproche aussi à certains patriotes qu'on juge volontiers patriotes pour des raisons analogues à ceux qui les font aisément religieux, de ne pas apporter un esprit assez laïqueà laconsideration de ce qui pourtant est de sa nature tout à fait laïque;

1 Voir page 413, noie.

il n'en est pas moins vrai que non seulement les Etatistes, mais aussi une grande partie des Humanitaires ont conservé quelque chose de la façon religieuse dont les patriotes sont patriotes. Les premiers fanatiques de la nation professaient mal un sentiment excellent; ils adoraient une entité ; personnifiant la nation, ils aboutissaient à lui conseiller l'égoïsme; ils prenaient l'habitude de révérer l'égoïsme collectif à l'égal d'une vertu ; et ceux qui sont devenus humanitaires par cette voie le sont sans aucun Libéralisme, avec une sorte de fétichisme, un fétichisme de réalistes bientôt contempteurs des droits individuels les plus essentiels et des droits des nationalités les plus cohérentes. Arriver à l'humanité en partant de la nation, c'est, nous l'avons dit déjà, se condamnera ne pouvoir jamais découvrir l'homme ni la Morale qu'il doit suivre. Au contraire, part-on de la notion vraie de l'homme individuel seul réel et seul sacré, l'on possède aussitôt la notion exacte de la nation et de l'humanité; et l'on n'est plus en danger de jamais exalter la collectivité aux dépens de ses membres isolés ou associés ; même l'on sait déduire, avec une force merveilleuse, toute la série des devoirs et des droits des états entre eux, et de tout homme à l'égard des individus ou des états étrangers. Il est vrai que l'on n'a alors aucun moyen d'établir les obligations réciproques des individus et des états d'une part, et de l'humanité prise en totalité d'autre part ; mais qu'importe, puisque cette humanité-là — qui d'ailleurs est en réalité ces individus et ces états — n'existe absolument pas? Il n'y a que des individus, et des groupes d'individus qui s'appellent des états ; toute la Morale cosmopolitique consiste à considérer, exclusivement, ces deux sortes d'éléments ; d'autant plus qu'il n'y a à peu près rien encore, dans l'univers, qui soit aux états ce que les états sont aux individus. Quelque chose de tel devrait être cependant, nous le dirons, mais cela ne peut rien changer à notre thèse. — La formule qui résume tout ce qui précède est celle-ci : la Morale cosmopolitique n'est que la Morale inter-individuelle en tant qu'elle tient compte d'une circonstance de fait qui se trouve avoir, pratiquemment, une importance plus grande que l'existence d'un pacte commercial ou matrimonial par exemple, à savoir cette circonstance que l'univers humain est divisé en états et doit l'être. La dite circonstance rend possibles diverses injustices et diverses manifestations de la bonté humaine : la Morale cosmopolitique est la partie de la Morale inter-individuelle qui traitera des unes et des autres.

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LA MORALE CIVIQUE ET LA MORALE COSMOPOLITIQUE

Une seule observation à ajouter: la Morale individuelle inter« terviendra, en Morale cosmopolitique, dans la même mesure que dans ïa Morale inler-individuelle et dans la Morale civique, puisque ces deux dernières sont, celle-là la substance même, celleci un élément indispensable de la dialectique morale en matière

cosmopolitique. . .. ti- i» «f^ ^^

Cest ici surtout que Ton doit s'appliquer a établir 1 unité de la Morale ; car combien d'hommes admettant déjà cette unité en ce oui concerne les sexes, la nient dès qu'il est question de la gloire ou de ia richesse d'une nation î Toute violence guerrière, toute ruse diplomatique leur agrée ; peut-être prennent-ils ainsi leur revanche, pour la contrainte qu'ils s'imposent ailleurs ? Cela les soulage, qui sait ? de pouvoir croire qu'il y a au moins certaines formes du mal qui sont permises ! L'idée que, chez d'autres peuples, on pense comme eux, leur donne quelquefois un remords, mais ils l'étoutTent en se persuadant que leur nation est si supérieure aux autres qu'elle doit les dominer: . • Ce sera finalement pour leur plus grand bien, quelque dureté au'il faille avoir à leur égard ! d Mais la plupart n invoquen Doint ainsi, tacitement, les droits de l'Idée que représenterait leur Davs; ils se contentent de penser, de leur pays, ce que rhomme idéal de Nietzsche pense de lui-même, à savoir que la force, c'est la vertu même : Morale d'Apaches, en somme, dont la fréquente sincérité prouve combien peu encore a vérité morale a pénétré les esprits. Ah ! certes, ce n'est point l évidence immédiate, comme le pensent les faux cartésiens q"^Pe^fJ^;J le monde, qui est le critère de la vérité ! Qu'il faut avoir refléch avant d'a;oir le droit de se confier à l'évidence qui luit devan l'esDrit' Nulle part plus qu'en Morale cosmopolitique, il n est nécessaire de se référer aux droits et aux devoirs de l'homme individuel ; si l'on ne j uge point par là de ce qui se doit entre peu- Dles il n'est pas de crimes internationaux que 1 on ne puisse, avec' quelque habileté dialectique, faire passer pour des actes

'""^ÏeTrmcipe de la justice, en cette partie spéciale de la Morale inter-individuelle, est celui-ci : tout état doit être considère par tout autre état et par tout citoyen d'un autre état, comme aussi légitime que n'importe quel autre état Puisque la Loi morale veut l'organisation politique et la veut plurinationale . puisque, de plus, le groupement en nations est en un sens aussi libre que le peut être le choix d'un ami, d'un conjoint, d un

associé commercial ou d'un confrère dans une Académie ; enfin,, puisque toute l'organisation sociale qui s'est constituée au sein d'une nation et qui vit sous la sauvegarde de l'état, est, comme cet état, avec lequel elle ne fait pratiquement qu'un, sacrée exactement comme l'est la vie et l'activité d'un individu quelconque vivant et agissant à côté d'un autre sans le léser positivement.

Il résulte de là que seules la guerre défensive et la guerre que l'on pourrait appeler de police, à savoir celle qui a pour but de faire cesser l'oppression d'un peuple par un autre ou d'une nation par ses chefs, -sont permises: elles le sont parce que, pour diverses raisons trop faciles à énumérer, elles sont obligatoires ; toute autre est injuste.

Il n'y a pas lieu de parier de charité internationale en tant que devoir des états, parce que d'une part l'assistance aux nations opprimées rentre dans la justice, et que d'autre part, ainsi que nous l'avons établi, l'état n'a même pas de devoirs positifs à l'intérieur de la nation; l'assistance qu'il doit aux citoyens, dans une mesure d'ailleurs limitée, n'est obligatoire pour lui qu'en tant qu'on la peut rattacher à la justice. On voit aisément, du reste, quelle inévitable tyrannie résulterait de toute intervention extérieure dans un but de ce genre. Les amitiés des nations comme telles, pour d'autres nations, sont très artificielles parce qu'elles sont des amitiés entre groupes disposant toujours de forces inégales, et que les états, étant par nature des associations de contrainte, ne peuvent cesser tout à fait d'être violents, âpres à toute proie qui les peut tenter; peu nombreux sont les hommes, même parmi les moins égoïstes dans la vie privée, qui ne sont point durs et trop ambitieux quand c'est le citoyen et non plus l'homme qui parle en eux. D'un autre côté, il serait plus étrange encore, pour un état, d'employer ses forces à Fexercice d'une charité extérieure qu'à l'exercice d'une charité intérieure. C'est à de libres coalitions d'hommes agissant de façon privée qu'il revient d'organiser la charité internationale.

Logiquement, les principes posés dans le Livre précédent pour la solution des conflits de devoirs sont valables pour les casoii l'on doute si l'on doit songer plutôt à l'humanité qu'à la patrie ou à la famille. Ne sont opposables au devoir inter-individuel le plus étendu que les serments par lesquels on se peut croire obligé sans aucune exception possible, c'est-à-dire les

•il

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