‹ La morale socialeChapitre 17 sur 60 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le livre de Malon sur la morale sociale n'est qu'une esquisse. C'est lui-même qui, avec une touchante modestie, le reconnaît ou plutôt le proclame. Jusqu'ici, dit-il, il ne s'était occupé que d'économie sociale. Mais il a toujours eu le sentiment que le socialisme ne devait pas se proposer seulement des fins en quelque sorte matérielles, une plus large diffusion du bien-être, mais aussi des fins morales, l'ennoblissement de la nature humaine. Et cet esprit toujours en travail, et par cela même toujours en progrés, s'est mis à chercher quel pouvait être, quel devait être, dans l'ordre socialiste le fondement de l'éthique, la régie de la conduite humaine, l'idéal de la vie. Et, selon sa méthode ordinaire de consultation historique, il a interrogé rapidement, tout le long des siècles, les grandes religions et les grandes philosophies qui ont essayé de résoudre le problème moral. Il a pu ainsi, tout en rendant justice à toutes les solutions (sauf peut-être à la solution chrétienne) qui marquent les moments de l'évolution de la conscience et des sociétés, éliminer toutes les conceptions, ou religieuses ou métaphysiques, qui cherchent hors de l'humanité la règle de l'humanité. Il a pu aussi éliminer les conceptions purement naturistes, c'est-à-dire, si j'en-

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