‹ La morale socialeChapitre 2 sur 60 · II BENOIT MALON · texte numérisé non relu

II BENOIT MALON

lés : Incroyables, Mirliflores, Merveilleux, Gandins, Lions, Dandys, Cocodès, Gommeux, Petits Crevés, Pschuteux, Copurchics, etc., qui se permettaient de blaguer, dans l'argot usité sur l'asphalte des boulevards, hantés par toutes les larves de la noblesse et de la bourgeoisie, le manant, le vilain, le croquant en question. Il est probable, et même certain que si j'avais alors su de lui ce que j'en sais aujourd'hui, je leur eusse rabattu le caquet, tout en les renseignant à peu près en ces termes sur

cebonhotnme-là : «Messieurs, vous que j'aurais

honte de traiter de citoyens, autant que vous rougiriez sans doute vous-mêmes d'être qualifiés ainsi ; messieurs, vous dont la peau s'use sur la croupe des chevaux de race et sur le poitrail des filles de roture, ouvrez, s'il vous plaît, l'oreille, ou plutôt l'œil, et regardez là-bas, au loin, tout là-bas, vers le bassin houiller de Saint-Étienne en Forez, que bordent la Loire, le Rhône et les montagnes du Vivarais et du Gévaudan. Non loin de là, sous un toit de chaume, à Prétieux, six ou sept ans avant la déconfiture de ce matois couronné, dont le petit-fils, simple et nice au superlatif, aspire à nous gouverner du haut d'un trône pavoisé de drapeaux tricolores, ayant tous au sommet de la hampe un coq aussi fulgurant que l'aigle impériale, et, sur la bande médiane d'étoffe blanche, trois chrétiennes fleurs de lys d'or, un garçon naquit, en 1841, de deux journaliers absolument ignares et tout errenés, selon la géniale expression de Jean-François Millet, le grand peintre de la Nature.

Au Levant ainsi qu'au Ponant, au Nord, au Midi, quels qu'ils soient, citadins oisifs, à qui je m'adresse

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