‹ La morale socialeChapitre 21 sur 60 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

d'humanité présente au cœur, toutes les énergies qui-sont dans l'homme ou qui sont l'homme même sont concentrées vers une fin supérieure : l'affranchissement et la joie de tous les individus dans l'humanité unie.

Il ne s'arrête point à l'égoïsme brut, à ce qu'on peut appeler, par un apparent pléonasme qui est une nécessité, . l'égoïsme individuel, l'égoïsme lâche. Cet égoïsme individuel, il le laisse au régime capitaliste, qui en mourra. Car les capitalistes forment bien une classe; ils peuvent bien coaliser leurs intérêts particuliers contre le prolétariat ; mais ces coalitions ne sont point un acte de solidarité intime. C'esf une agglomération et une confédération d'intérêts particuliers. Il ne se produit pas, dans la résistance capitaliste, cette sorte d'absorption de l'égoïsme individuel en égoïsme de classe, et de l'égoïsme ât classe en égoïsme humain, qui caractérise le mouvement prolétarien. Le travailleur, en se dévouant à lui-même, s'oublie lui-même pour le Travail. Le capitaliste ne s'oublie jamais lui-même pour le Capital. Et les capitalistes auront beau se former en corps d'armée : le prolétariat, à mesure qu'il' entrera au socialisme, leur opposera une homogénéité^ morale bien plus forte.

A quoi tient cette différence de l'égoïsme capitaliste et: de l'égoïsme prolétarien ? Elle tient à trois causes. D'abord les capitalistes défendent des biens présents, des intérêts immédiats; dans l'ordre actuel, les avantages de chacun; d'eux sont déterminés, précis ; et l'ordre capitaliste leur apparaît toujours forcément sous une forme très concrète et très particulière : celle de leurs intérêts propres, de leur capital personnel. Au contraire, c'est vers l'avenir, c'est1 vers un ordre social nouveau que sont tournés les proie- ; taires ; et si le sentiment de leur souffrance propre lesi anime, s'ils savent que le triomphe du prolétariat se"

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