PRIESTLEY
Nous savons par l'éditeur delà Déontologie, J. Bovvring, comment la lecture fortuite de l'Essai sur le gouvernement, de Priestley, révéla subitement à Bentham le principe de la maximisation du bonheur. « Ce fut la lecture de ce livre et de la phrase en question, racontait Bentham lui-même, qui décida de mes principes en matière de morale publique et privée ; c'est là que je pris la formule et le principe qui, depuis, ont fait le tour du monde civilisé. A cette vue, je m'écriai, transporté de joie, comme Archimède lorsqu'il découvrit le principe fondamental de l'hydrostatique : Je l'ai trouvé, £Ûpx« ' ! »
Quelle était donc cette phrase dont la lecture fut pour Bentham le coup de la grâce philosophique , comme la lecture du Traité de la formation du fœtus l'avait autrefois été pour Malebranche ? Il faut la citer tout entière : « On doit nécessairement comprendre, qu'on le dise expressément ou non, que tous les hommes vivent en société pour leur avantage mutuel, et qu'ainsi, c'est le bien et le bonheur des membres, c'est-à-dire de la majorité des membres d'un Etat, qui est le grand principe et la mesure
1 Déontol., tr. franc, de Laroche, t. I, p. 358. — Bontham avait alors vingt-un ans.