‹ La morale utilitaire; exposition et critique des doctrines qui fondent la morale sur l'idée du bonheurChapitre 6 sur 45 · JEAN DE SALISBURY · texte numérisé non relu

JEAN DE SALISBURY

traité intitulé Policraticus, seu de nugis curiaiïum, l'auteur pose en principe que la considération do l'utile détermine tous les actes humains i . Il semble même approuver la fin qu'Epicure propose à la vie humaine, blâmant seulement les moyens par lesquels ses disciples ont cru l'atteindre. Il fait ailleurs 2 une satire amère du mariage, qu'il présente comme une source d'embarras et de chagrins : dans son opinion, le mariage ne paraît pas avoir une fin plus haute que l'utilité ou les commodités particulières des deux époux. Enfin, il admet « qu'il est permis et glorieux de tuer les tyrans, pourvu qu'on ne soit engagé envers eux par aucun lien de fidélité 3; » et cette glorification de l'assassinat politique ne peut évidemment se fonder que sur le principe utilitaire : salus populi suprerna lex esto.

Mais ces quelques traits, recueillis dans le Policratiri(s. ne forment même pas l'ébauche d'un système ; il faut donc traverser le moyen âge et aller jusqu'aux temps modernes pour trouver un développement nouveau et original do la doctrine utilitaire.

1 Policraticus, 1. VII, ch. xv. Biblioth. patrum, t. XXIII, Lugcl., 1677.)

2 Ibid., 1. VIII, ch. xi.

3 L. VIII, cli. xx. Il avait même composé, sur le tyrannicide , un traité spécial intitulé : De. exilu tyrannorum. Ce traité a été perdu. V. la Thèsesur J. de Salisbury, par l'abbé Demimuid, p. 102.

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