‹ La Morphée en GouttesChapitre 11 sur 38 · II. — Observations · texte numérisé non relu

II. — Observations

OBsEervarION 1 (Inédite).

(Observation résumée de « white spot disease »,

due à l’obligeance de M. PErcrs.)

Juin 1933 : Mme X..., habitant dans les Basses-Pyrénées, âgée de 24 ans, couturière,

Antécédents héréditaires et collatéraux. — Père vivant, bien portant, 61 ans. Mère vivante, bien portante, 53 ans; deux enfants, pas de fausse-couche. Une sœur bien portante, présentant du décollement idiopathique des ongles.

Antécédents personnels. — Mari vivant, bien portant. La malade n’est mariée que depuis quelques mois; pas de signes de grôssesse. Rougeole et varicelle dans l'enfance. Aucun antécédent pulmonaire, ne tousse, ni ne crache. Bien réglée; règles régulières et non douloureuses depuis l’âge de 13 ans 1/2. Pas de frilosité, pas d’asthénie, appareil pileux normal.

Histoire de la maladie et état actuel, — Début, il y a cinq ans, par l'apparition sur la peau de taches blanches; aucun phénomène général ou local préalable, aucun prurit, Les premières taches surviennent au niveau de la face externe du bras droit, puis le long du bord radial de l’avant-bras. Par la suite, les mêmes lésions surviennent sur la face externe de la partie supérieure de la cuisse droite, la région de l’omoplate droite, la région mammaire externe droite. Par endroits, il existe des plaques de sclérodermie caractéristiques.

Quelle que soit la localisation de ces lésions, l’aspect analytique est le même. Leur groupement forme des sortes de plaques au niveau desquelles la peau est plus tendue et plus luisante que normalement, donnant cependant à la palpation une certaine sensation d’hypotrophie, En pinçant en masse, on obtient un certain plissement superficiel. Ces plaques, dans l’ensemble, présentent un degré de pigmentation plus marqué que sur la peau voisine. Elles sont parsemées de taches blanches, luisantes, por-

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celaniques, atrophiques, non squameuses, souvent légèrement déprimées, et dont la dimension n'excède pas en moyenne 2 millimètres de diamètre. Cependant, par endroits, la confluence de plusieurs points blancs atrophiques forme des taches à contours irréguliers de 4 à 2 cm? de surface. Il n’existe pas autour de ces

taches de lilac-ring; mais on nôte par endroits — et ceci est particulièrement marqué au niveau du bras droit — certains

points atrophiques de coloration rosée.

Toutes ces lésions évoluent lentement et d’une façon tout à fait insidieuse, Aucune douleur; le prurit est très rare, sinon très léger.

Il semble que ces taches évoluent, après un stade de blancheur, vers une atrophie plus accentuée, qui laisse une dépression cica-

tricielle taillée à pic, et où la peau est hyperpigmentée. Nôtons la prédominance des lésions à droite. On ne trouve à gauche qu'un petit placard débutant sur la cuisse et sur la face antérieure de l’avant-bras.

Etat général. — Mme X... a les apparences d’une excellente santé, florissante, alerte, vaillante, travaillant beaucoup, sans aucun signe pulmonaire ou de tout autre appareil permettant de déceler la tuberculose. Elle ne tousse pas et ne crache pas. Il n’a pas encore été possible de procéder à des examens complémentaires : réaction à la tuberculine, etc., la maiade n'étant venue à la consultation que toujours pressée de reprendre le train et n'ayant pu encore promettre de revenir à quelques jours d'’intervalle.

Examens de laboratoire (par M. le Prof. Labat) :

Calcémie en juin 1933 : 136 milligrammes; Puis en novembre 1933 : 145 milligrammes.

Examens histologiques (par M. le D' Mougneau). — Une biopsie de la peau a porté sur la face externe du sein droit.

Après coloration à l’hématéine-éosine, on trouve un épithélium mince, festonné, comprenant quatre ou cinq assises de cellules; quelques petits golfes épidermiques assez profonds. Les cellules épithéliales ont conservé leurs caractères morphologiques

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