I. — Etiologie
L'étiologie de la morphée en gouttes, de même que sa
pathogénie, restent obscures. Cependant il est permis de
chercher à savoir quelles sont les causes de l'affection dans le plus grand nombre des cas.
Faisons de nouveau remarquer que le terrain le plus
habituel de la morphée en gouttes se trouve chez des jeu-
nes filles ou des femmes jeunes; l’affection se rencontre surtout entre 15 et 35 ans; dans les antécédents des malades, il
est fréquent de trouver des accidents d’origine bacillaire.
M. Petges se demande, dans son travail, « s’il ne s’agit pas là d’un processus tuherculeux, non point dans le sens de tuberculose locale, mais, comme l’entend Poncet, dans le sens de ‘tuberculose inflammatoire ». Cet auteur signale que l'idée d'une origine tuberculeuse de la sclérodermie n'est pas nouvelle, et il en rapporte trois cas observés avec Cléjat. Très souvent, dans les observations de morphée en gouttes recueillies, la cicatrice de la biopsie est devenue
chéloïdienne. On ne constate parfois aucun signe de tuber-
culose, mais les antécédents de la malade peuvent montrer une maladie infectieuse quelconque à forme grave. Dans une observation de M. Hudelo, il s’agit d’une fillette de 13 ans, qui voit les lésions débuter après une rougeole grave suivie d’amaigrissement; la cicatrice de la biopsie est deve-
rite
nue chéloïdienne; le père avait été amputé pour une tumeur blanche du genou; mais disons aussi les bons ellets, chez elle, de l’opothérapie thyroïdienne. Chez une malade de M. Weissenbach, on trouve dans les antécédents : une forte orippe nécessitant un repos au lit de vingt-huit jours el laissant de l’asthénie et de l’amaigrissement; de plus, du rhumatisme articulaire aigu avec atteinte de l’endocarde, et des troubles basedowiens.
M. Milian étudie histoiogiquement des taches blanches ponetuées; il trouve un infiltrat périfolliculaire important et dit que la genèse de ces taches paraît être une périlollicullite due à un germe jusqu'alors inconnu, qui entraîne à son voisinage une dépigmentation d’abord, puis une véritable sclérodermie.
Wilfrid Fow nous cite un cas de white spot apparaissant sur l'emplacement de brûlures solaires, Il est possible, ici, que le soleil n'ait été qu’une cause favorisant la localisation des lésions.
Au point de vue des glandes endocrines, les opinions les plus variées et les plus contradictoires ont été formulées par les divers auteurs qui se sont occupés de cette question toutes les glandes ont été incriminées à tour de rôle.
La giande thyroïde est, le plus souvent, incriminée, mais s'agit-il d’un hyper, d’un hypo ou d'un dysfonctionnement ?.. On ne peut se prononcer. Ainsi Grütz voit une morphée en gouttes chez une malade ayant un@ hypertrophie de la thyroïde; Bunch publie un article sur la coexistence du goitre exophtalmique et de la sclérodermie; Dawis signale des lésions scléro-atrophiques du type: morphée évoluant depuis dix-huit mois chez une femme atteinte de myxœædème depuis quatorze ans, et prenant régulièrement des comprimés de thyroïdine; dans un cas de M. Payenneville, [8 malade avait des signes d'insuffisance thyroïdienne : frilosité, hypotension, rareté du sourcil, instabilité nerveuse.
Que dirons-nous du rôle des parathyroïdes ? Elles ont, à n'en point douter, un rôle dans le métabolisme du cal-
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