‹ La morphineChapitre 7 sur 14 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Accidents Physiques

Il y a dans la morphinomanie trois périodes distinctes auxquelles correspondent trois genres d’accidents physiques :

î ? ' Les accidents du début;

2° Les accidents de la période de morphinisation ;

3° Les accidents pendant l’intoxication.

Nous devons dire pour être exacts que ces accidents ne sont pas semblables chez tous les morphinomanes, qu’en général toutes les fonctions sont plus ou moins ralenties suivant les cas.

Accidents du début

Lorsque le malade commence à être morphinisé, c’est pour lui la période des bonnes sensations, car toutes les fonctions semblent augmenter; il ressent l’euphorie qui est cet état de bien-être, de délassement, il conserve alors ses forces, les fonctions génitales ne diminuent pas.

Il se produit après la piqûre un accident du début caractéristique chez tous les morphinomanes. Il ressent des tiraillements d’estomac (sensation épigastrique), qui chez quelquesuns sont accompagnés de troubles intestinaux violents.

Accidents de ia période

de SViorphinisaîioEn

Pendant cette période qui commence quelque temps après les premières piqûres, les fonctions physiques du morphinique, qui au début semblaient augmenter, décroissent progressivement, et plus l’intoxication avance, plus cette diminution s’accentue. C’est alors que surviennent les troubles de la nutrition, les secrétions digestives sont très faibles, les organes de là vue et de l’ouïe sont affaiblis,

Cès troubles augmentent au fur et à mesure de l’intoxication. Nous allons les voir en détail.

La vue

La vue baisse considérablement, étant donné l’état des pupilles dont les reflets sont très lents.

Il faudra au morphinomane, s’il entre dans une salle où l’éclairage est différent de celle qu’il vient de quitter, quelques minutes pour distinguer les personnes présentes.

L’ouïe

Il en est de même pour l’ouïe; le malade est atteint généralement de semi-surdité.

La bouche

La morphine agit sur les dents chez quelques morphinomanes; elles se- gâtent, se déchaussent et deviennent branlantes. Dans la bouche, les lésions sont nombreuses, l’haleine est fétide, parce que la digestion ne se fait plus.

Nutrition

L’état de santé devient très mauvais; la nutrition ne se faisant plus, un état d’amaigrissement suit à bref délai ; dans ce cas le. malade peutmourir de cachexie ou de tuberculose.

Le morphinomane mange peii, mais il a par moments des fringales; il devient gourmand et friand de sucreries.

Comme chez le morphinomane la digestion et la nutrition se font mal, il est évidentqu’il en résultera des troubles intestinaux et stomacaux.

Les vomissements seront fréquents au début et beaucoup plus violents plus tard.

Viendront ensuite les diarrhées qui jetteront le morphinomane dans un état continuel

d’inquiétude, car elles sé .produiront brusquement.

Mais de tous les accidents, celui qu’il re- douteleplus, c’est la constipation. Nous avons vu des morphinomanes obligés d’extraire leurs matières fécales avec une curette rectale. La main du morphinomane devient agitée, son menton tremble fréquemment, les ongles cessent de croître, il a des sueurs froides, il lui semble que le sol disparaît sous lui.

Troubles de la circulation

Après la piqûre la température s’élève légèrement pendant, trente secondes environ, puis redevient normale; ce phénomène ne se produit qu’aprèsles premières injections.

Abcès

Comme nous l’avons dit précédemment, les abcès peuvent être causés soit par la malpropreté, de l’aiguille ou du malade ou encore l’impureté de la solution.

Ils peuvent aussi provenir de l’état de délabrement dans lequel se trouve le morphinomune. Ce dernier peut avoir des abcès de toutes dimensions, depuis le simple abcès jusqu’au phlegmon diffus, qui, quoique superficiels, sont difficiles à guérir et causent des souffrances intolérables.

Troubles sensoriels

Les troubles de la sensibilité diffèrent avec chaque individu, mais il n’est pas rare de rencontrer des morphinomanes qui ont certaines parties du corps anesthésiées. Parfois cette anesthésie se porte sur les organes du goût.

Fonctions génitales

Dès le début, ces fonctions sont ralenties, mais après un certain temps, subordonné au tempérament du malade, elles sont abolies.

Nous pouvons rattacher à ces accidents celui produit par la morphine sur les voies urinaires dont la polyurie est la caractéristique, c’est-à-dire que le morphinique ou le morphinomane se voit obligé d’uriner souvent mais peu à la fois, indice de faiblesse du rein.

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