II. DiKounC
(1) Kxlr.ui (Ji-i Archive» des .itiriicea iilii/sii/iies el niiliirellex
CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE
Cours élëincntaire de statistique, par Jacques Bertillon. — Un vol. in-8° de 600 pages, avec plans el gravures ; Paris, Société d'éditions scientitiques, 1895. — Prix : 10 francs.
On a pu dire de la statistique iju'on lui faisait prouver tout ce qu'on voulait ; mais il est bien évident que si les chilTres peuvent prouver beaucoup de choses, ils ne sauraient affirmer des choses contradiçloires, lorsqu'ils sont maniés de façon à exprimer la réalité totale des faits auxquels ils s'appliquent, suivant des règles dont la pratique a donné petit à petit la formule rigoureuse. En effet, on peut regarder aujourd'hui la statistique comme une véritable science. C'est aussi, comme l'avait bien compris Bertillon père, une méthode générale, car lorsque les chirurgiens, par exemple, recherchent dans combien de cas l'amputation de la cuisse a été suivie de mort, ils font une étude très instructive qui leur enseigne la prudence et qui leur montre aussi l'importance des progrès réalisés par leur art.
Mais si l'étude du dénombrement des choses, des personnes et des faits — c'est la définition la plus compréhensive de la statistique — est assez sim|jle dans certaines de ses applications; elle est au contraire très complexe, dans d'autres, tirant cette complexité de celle même de son sujet; et c'est ce qui arrive pour la statisticpie démographique, sur laquelle M. Bertillon a pu écrire le gros volume ([uc nous présentons à nos lecteurs. Môme limitée à l'étude des faits sociaux, son importance et ses difficultés nécessitaient donc une aussi longue exposition, et après avoir parcouru les 000 pages que lui a consacrées M. Bertillon, on comprend iju'il s'agit bien d'une véritable science , qui comporte en outre une technique spéciale, une application manuelle demandant, de la part des agents subordonnés auxquels sont confiés certains travaux secondaires, un apprentissage (pii n'est pas négligeable.
Kn réalité, de nos jours, la statisti((ue administrative nous apporte la majeure partie des ducuments avec lesquels s'élèvera peu à peu l'édifice de la sociologie ; elle apiiorte aussi des renseignements inunédials dont les sciences et les industries tirent clKupie jour de grands profils.
.Xénophon raconte comment .Socrate III passer un véritable examen de statisti(|ue à un jeune ambitieux qui prétendait, à force de beaux discours, gouverner .Vlhènes, el comment il lui fit adroilenient comprendre qu'il était insensé et presque criminel de vouloir gouverner un pays <]uand on ne connaît ni ses ressources, ni ses causes de faiblesse, ni celles de ses ennemis. Combien voyonsnous, à notre époque, d'honjmes d'Klal à ipii ce passage de Xénophon serait applicable'.'
On a pu, parfois, plaisanter la manie de l'amateur de chiffres; et en effet le nombi-e, pris isolén)ent, sans con»paraixin ni discussion, n'i qu'un sens élémentaire; et celui qui l'admire est évidemment cousin de celui qui a remarqué qu'il y avait beaucoup d'eaiidans la mer. Mais la comparaison des nombres, dans les cas les plus fréi|ueMts, fournit à nos jugements les seules bases solides
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sur lesquelles on puisse les édifier. N'ost-ce pas la statistique des transports qui nous enseigne si tel chemin de fer, tel canal méritent d'ôtro construits, et (|ui'lles sommes il est raisonnable d'y consacrer? ^''est-('p pas la statistiiiuc a[)[irol'on(lie de la population qui nous appri'iul quelle grandeur il faut donner à une école, à un hôpital, après discussion de l'assiette do rim[)iH?
La statistique n'est d'ailleurs pas moins nécessaire à l'industrie privée. Les compagnies d'assurance ne vivent pour ainsi dire que de statistique, et le commerce en a un tel besoin, qu'il se précipite littéralement sur les statistiques agricoles. Apprend-il qu'en tel pays la récolte est inanquée, que dans tel autre elle est abondante, il en tire l'indication de compenser rinsufdsancn de l'une par l'excès do l'autre, indication qui est le jeu proprement dit des atTaircs.
Est-il encore nécessaire do rappeler que c'est par la statistique météorologique que l'Américain Maury a abrégé du tiers et souvent de moitié les routes maritimes sur toutes les mers; que c'est en comptant et en pesant les récoltes résultant de tel ou tel mode de culture que les stations agricoles ont formulé les règles de la culture intensive; et qu'il n'est pas une science expérimentale, enfin, où elle ne soit de mise à tout instant, à propos môme do chaque expérience?
Une statistique du travail bien faite serait spécialement utile pour les classes ouvrières. Elle les avertirait des pays où telle ou telle catégorie de travailleurs est demandée; et de ceux dans lesquels, au contraire, telle ou telle profession est encombrée. Des statistiques de ce genre sont particulièrement fréquentes en Amérique '< très souvent elles sont faites par des syndicats ouvriers; et l'Office du travail, chez nous, s'est attelé à cette besogne utile.
Pour terminer, notons que c'est la statistique qui nous montre que, en ce moment, la France court à sa perte faute de naissances; et que, si l'on voulait profiter de son enseignement, c'est elle qui indiquerait à notre pays le moyen de réagir contre un si redoutable dangiM'.
Il nous reste à donner sommairomenl le plan de l'ouvrage, d'une utilité si actuelle, de .M. Hertillon.
Après une courte liistoire de la statistique dans les différents pays du monde, l'auteur explique les principes de la technique de la statistique : comment on doit rédiger un tableau, une nomenclature, un questionnaire, etc.; comment doivent être élaborés des chiffres quand l'organisation de la statistique est centralisée, et quand elle est décentralisée, etc. Toutes ces questions techniques sont étudiées avec détail.
Heste à utiliser les chiffres recueillis par les méthodes ainsi démontrées. L'auteur expose donc l'art de juger la valeur des chiffres, et de les soumettre à des calculs,instructifs. Il résume les éléments du calcul des probabilités et en montre les applications au calcul des|coefficients et des moyennes. 11 fait connaître un peu plus longuement (et avec d'assez nombreux exemples à l'appui) les principaux modes de représentation graphique.
Après avoir ainsi exposé les principes généraux de l'art du statisticien, l'auteur fait connaître (près de
300 pag(^s) comment ils sont appliqués dans fétat actuel des choses. Il passe en revue toutes les statistiques élaborées dans les principaux pays (recensement et mouvements de]iopulation, tribunaux, institutions de bienfaisauei' et de prévoyance, instruction pu]jlic|ue, armée, agriculture, industrie, ofllce du travail, douanes, navigation intérieur!' et maritime, chemins de fer, routes, postes, propriétés hiVlieset non hàties, etc., etc.), et consacre à chacune d'elles un chapitre spécial qui est généralement divisé en trois parties indiquant : 1° comment cotte statistique est organisée en France; 2° comment elle est organisée à l'étranger, et notamment dans un pays où elle passe pour bien faite; 3° quels sont, à ce sujet, les résolutions et vœux des assembli'ses internationales do statisticiens (Congrès de statistique. Institut international de statistique, etc.).
Fnlin la dernière ]iartie du volume (I2S pages) est consacrée à un traité succinct de la démographie des principaux pays de l'Kurope.
Ajoutons que cet ouvrage est conforme au programme arrêté par le Conseil supérieur de statistique pour l'exameii d'admission dansdiverses administrationspubliques. 11 contient donc tout ce quia été jugé nécessaire pour former un statisticien. Mais il a peut-être une portée plus haute : il permet de se rendre un compte exact de l'origine des statistiques françaises et par conséquent de leur degré d'exactitude; il rendra donc service à tous ceux qui les consultent, soit pour étudier la France ellemême, soit pour comparer ses chiffres à ceux des pays étrangers.
Die Thier-uud — l'Ilanzeiiwell des Susswassers, par
M. Otto Zacharias, avec la collaboration de plusieurs naturalistes. — 2 Tol. in-8" de .'nO pages chacun, avec nomlireuses figures: Leipzig, J.-J. Weber.
Il n'est jamais trop tard pour signaler un livre quand il est bon et ([uand il sort du commun. L'ouvrage de M. Zacharias, directeur de la Station biologique installée sur les bords du lac Pliiu, est assurément à placer dans une catégorie à pari. I>ù à la collaboration de plusieurs naturalistes bien connus (M.M. Clessin, Forel, Gruber, etc.), il constitue une sorte d'inventaire général et philosoiiliique de la faune des eaux douces. 11 ne s'agit nullement ici d'une énumération dos espèces que l'on trouve dans ces eaux, et cette besogne fastidieuse, sans nul intérêt pour les naturalistes, est laissée à ceux qui ne peuvent s'élever plus haut. Ce que M. Zacharias a voulu faire a été de présenter un tableau général de la variété des formes animales et végétales, en prenant un certain nombre de types, en les décrivant, et en ajoutant un rapide aperçu sur les types du môme groupe.
Le premier chapitre dû à M. Forel, notre savant collaborateur, est consacré à la biologie générale des lacs d'eau douce. On conçoit bien qu'avec lui nous ne risquons pas de tomber dans les banalités ou dans la sécheresse. M. Forel envisage la question de haut : il voit le lac comme un tout dont les différentes parties ont leur rôle spécial, et c'esta'uvre de biologie générale qu'il a à cœur de faire. De là les considérations qu'il déve-
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loppe de façon si intéressante sur la répartition des itres, sur les zones, sur les faunes spéciales, sur le rôle que jouent les différentes forinos dans la vie du milieu, leur retentissement sur li's autres formes, sur la composition chimique du milii'U, sur les substances solides ou gazeuses en solution, sur la circulation de la matière, etc. C'est là un aperçu philosophique, général, de grand intérêt. A cette sorte d'introduction synthétique fait suite l'analyse. Le milieu étant (h'fmi, il s'agit de décrire les formes qui s'y meuvent, leur façon de vivre, leurs particularités. Kl alors vient l'œuvre des spécialistes. L'un décrit les algues, l'autre les plianérogames ; puis c'est le tour de la zoologie, et successivement défilent les rhizopodes, les llagelhites, les éponges, les Turbellariés, les rotateurs, les crustacés, hydrachnides, mollusques, poissons, et parasites des poissons, etc. Mais aucun de ces chapitres n'est étroitement zoologique. L'auteur ne se contente pas de décrire les principaux types : il a toujours les yeux fixés sur h-s rapports de ceux-ci avec le milieu environnant : il les considère non pas de façon abstraite, [mais tels qu'ils existent, avec les nombreux liens qui les rattacluail à celui-ci. t>'cst l'étude de l'èti'e vivant dans son milii'U, et non de l'animal emprisonné dans l'alcool sur les étagères ou dans les vitrines d'un musée. Joignez-y quelques chapitres généraux : l'un sur les larves si nombreuses des eaux douces (larves d'insectes principalement), l'autre sur l'évaluation du plauUlon, un troisième sur lis rapports de la faune des eaux douces avec la faune des eau.v salées, un quatrième sur le rôle des stations zoologiques, et enfin un cliapitre sur la vie du rivage. Il n'y a rien de commun entre cette œuvre et tant de petits volunns de compilation vaguement similaires, destinés à nn public d'amateurs. C'est un travail fort bien fait, bien conçu, exécuté avec beaucoup de soin cl de compétence, rédigé de façon très claire, facile à lire, et souvent très suggestif. Ce n'est jjus l'œuvre de zoologistes et declassificateurs : un sentiment très exact de la façon dont se doit étudier la nature se révèle dans toute l'œuvre, et vient en accroître l'intérêt. Ajoutons que la typographie est excelhmte, et qu'au point de vue matériel, l'exécution est des plus agréables pour l'œil.
Traité do chifurgic cllnli|iio et opCTatoire, pnlilii' sous la rlirection de A. Lf Dknïu ot Pikrkk Dei.hf.t, par MM. Albarran, Armu. I5inaud, Urcjdirr, Cahier, Castcx, Cliipaull, Faare, Gannolplu', Guinard, .Jalifiiilay, Lo)fuou, I.ulu-i-Barbon, Lyol, Mauclairc, Morcstiii. Nimier, l'iclirvin, Ricard, Ricffel, Schwarlz, Lc)>ileau, .Souli(;oux, Tersnn, Villar. Tome 1". Pathologie giini^rale; maladies do l'appareil légumciitaire. — Un vol. in-H' de 823 pages, avec Cfi ligures; Paris, .I.-B. BailUÈre, 1896.
Kn donnant à leur ouvrage le litre de Chirunjie dini<iHc et opératoire, les auteurs nul voulu marquer qu'ils seraient surtout prénccupi'N de thérapeutique, et qu'ils s'adressaient spécialement à ceux i(iii seprnposenl d'être utiles aux malades.
Ilicn entendu, la science de la palliologieexterne, sans laquelle toute tlurapeutiquc ne sei.iit qu'un empirisme grossier, doit former le fond d'un tel trnilé; mais les applications de la pathologie externe, c'est-à-dire l'art de
la chirurgie, y tiendront une place au moins égale ; la clinique, les difficultés du diagnostic et la manière de les résoudre, les méthodes thérapeutiques doivent aussi y recevoir de larges développements. Enfin la médecine opératoire elle-même sera exposée, non pas avec les minutieux détails qu'on trouve dans les manuels spéciaux, mais d'une manière suffisante pour qu'un praticien exercé puisse exécuter, sans autre guide, une opération qu'il n'a pas encore pratiquée .
Tel est le programme exposé par M.M. Le Deutu et Delbet au début du premier volume de ce traité, qui n'en doit pas comprendre moins de dix, et qui sera ainsi notablement dilTérenl des ouvrages similaires publiés antérieurement.
Le volume que nous avons sous les yeux comprend la patliologie générale chirurgicale: contusions et plaies, par Nimier; complications des traumatisnies, par Ricard; brûlures et froidures, par Le Dentu ; gangrènes, ulcères, fistules, par Lyot; néoplasmes, par Delbet; et les maladies de l'appareil tégumentaire, par J.-L. Faure. Toute cette partie de la pathologie externe a subi la même révolution que la pathologie interne, de la part des doctrines pasloriennes et de la bactériologie ; et l'on y trouve ajjiiliquée, pour la classification, le diagnostic et le traitement, la notion moderne du parasitisme microbien avec ses plus récentes acquisitions.
Luliu les auteurs nous annoncent ((u'à l'inverse de ce (jui se pratique à l'étranger, où l'ona l'habitude de rejeter hors des traités de chirurgie tout ce qui concerne l'œil, l'oreille et le larynx, le présent traité y consacrera une élude, non pas suffisante pour former des spécialistes, mais répondant aux besoins du praticien qui, exerçant loin des grands centres, doit savoir reconnaître et soigner couramment les affections de ces organes, comme aussi celles des organes génito-urinaires. devenues cependant des spécialités.
Si le programme est fidèlement rempli, et avec tout le soin que nous constatons dans la rédaction et l'impression du volume que nous avons sous les yeux, ce Traité (le chirunjie prendra une place hors ligue dans notre littérature classique de médecine.
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■Si MiVKMiiitK-;; iii:<;kmiiuk 18',Io
GEOMETRIE CINÉMATIQUE. — M. Maurice Fovrhé présente une note sur le déplacement d'un Irièdre trirectangle autour de son sommet, la position de ce trièdre dépendant de deux paramètres.
ASTRONOMIE. — M. (i. Hniji-t coniuiuuique h , ri'sultals (les observations d'un certain nombre de petites planètes, faites au grand équatorial de l'Observatoire de Bordeaux par M. 1.. l'icart, l'iraud et par lui-iuênu'.
— La nouvelle comète Perrine. — M. i'.siniol adresse uur' note siif l'obseivalion iiu'il vient de faire, de colle conièle, découverte le 10 novembre IS'.i.'\ à l'Observatoire (le .Marseille avec l'équatorial irLiclicnsde 20 centimètres il'onverluro.
Le IN novembre, jour de cette observation, la comète
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Tiy,
présentait un noyau Ki'onu de grandeur 9.10 et une queue de 3' à 0' d'étendue.
— Les neiges polaires de Mars. — Dans le but d'enipèelier de s'accréditer une l'rreur relative aux neiges polaires do la planète Mars et pour confirmer en môine toni|)S l'observation de ces neiges qu'il a faite à l'observatoire de Juvisy et présentée l'année dernière à l'Académie, M. Camille Flammarionoxposi' aujourd'hui la comparaison de ses observations avec celles qui ont été faites au grand écjuatorial de l'Observatoire LicU. Kii voici les résultats:
L(! solstice d'été de l'hémisphère austral de Mars est arrivé le 31 août, mais les neiges avaient coramonci' à diminuer longtemps avant cette époque, c'esl-à-dire dès avant le 1" juillet. Cependant elles n'avaient pas disparu au mois d'octobre, voire même au mois de novembre où, à la date du 11, la largeur de la calotte polaire australe mesurait encore plus de 100 kilomètres. A cette époque celle-ci se trouvait à 6° environ ou 3G0 kilomètres de distance du pôle géographique, vers le trentième degré de longitude.
Quant aux neiges polaires boréales, très étendu(!s, elles étaient déjà visibh's eu novembre 1894, malgré leur grande obli(iuité.
ÉLECTRICITÉ. — Propriétés électro -capillaires de l'acide sulfurique étendu. — Depuis ses premières publications sur l'électro-capillarité, M. Gouy s'est préoccupé d'introduire dans ces mesures une jirécision plus grande, en vue de connaître exactement la fonction qui lie la hauteur de mercure, équilibrée par les forces électro-capillaires, à la difîérence de potentiel existant entre le mercure et l'élcctrolyte (dilTéri'iici' qui n'est mesurée qu'à une constante près). Les résultats qu'il a obtenus sont les suivants :
l" Le maximum de la hauteur de mercure est d'autant plus petit que la solution est plus concentrée; pour des concentrations plus grandes, le maximum ne peut être déterminé, l'électrolyse ayant lieu auparavant. Les différeiu'cs sont notables, quoique bien inférieures à celles que. donnent d'autres corps, les iodures,par exemple.
2° La dérivée seconde est toujours négative; par suite, la courbe représentative de la hauteur de mercure ne |)résente ni point d'inflexion, ni tendance versune valeur limite.
Ce caractère s'est toujours présenté, avec lis nombreuses solutions de substances diverses que l'auteur a eu l'occasion d'examiner depuis quelques années. Le contraire a été plusieurs fois affirmé, mais il regarde ce résultat comme dCi à une méprise occasionnée par l'électrolyse, qui rend l'expérience illusoire.
3° La valeur absolue de la dérivée seconde n'est pas constante. Ou nraarque d'abord un grand accroissement quand on approche de l'extrémité anodique de la courbe. Ce phénomène, connue l'a fait remarquer M. Bouty, résulte plus ou moins nettement de toutes les mesures publiées précédemment.' Les expériences actuelles montrent que cet accroissement est d'autant plus rapide et considérable que la solution est plus étendue ; il ne paraît limité que par l'arrêt des expériences que nécessit,e l'électrolyse.
4" En dehors de sa variation finale, cette valeur absolue varie d'une manière assez complexe. En partant des fortes polarisations négatives, où elle est presque constante, elle augmente et passe par un maximum, puis par un minimum, enfin elle subit son accroissement final. Ce maximum et ce minimum sont d'autant plus effacés que
la solution est plus étendue, en môme temps que la valeur moyenne est plus grande, d'où résulte une différence de forme assez sensible entre les courbes relatives aux solutions étendues ou concentrées.
'.'>" Ces mesures ont été faites au voisinage de 17''-I8''. Los variations de température pi-oduisent une iietite variation de la hauteur de température, mais l'élude n'en est pas terminée.
CHIMIE. — Action du phénol sur l'iodure mercureux. —
M. Maurice Fnniçoia a nionlré, dans une iirécédente communication, que la di'compositioiule liodure inercui'eux par ranilin(> en iodure mercurique et mercure cstlimiti-e, que la réaction est réversible et que, lorsque l'état d'équilibre est atteint, l'aniline contient une proixirtion d'iodure mercurique constante pour une température donnée. Dans une nouvelle note il démontre, aujourd'hui, que l'iodure mercunnix se comporte de même sous l'infinence du phénol.
CHIMIE MINÉRALE. — Siliciure de manganèse. — Dans une note précédente, M. Viuoiiroiix a iudi(|ué la préparation et les propriétés des siliciures de nickel et de cobalt de formule Si M'- et Si Co-; aujourd'hui ils donnent une étude du siliciure de manganèse qu'ils ont obtenu cristallisé de trois façons différentes : 1° par l'action directe du silicium sur le métal; 2" par l'action du silicium sur l'oxyde; 3» par l'action du carbone sur un mélange de silice et d'oxyde.
CHimiE ANALYTIQUE. — Dosage rapide de l'azote nitrique dans les produits végétaux. — La inélhûde de dosage, dont il s'agit dans le mémoire de M. P. l'ichanl, repose sur la coloration que prend la brucine au contact de l'acide azotique libre ou dégagé d'un nitrate par l'action de l'acide sulfurique concentré. La mise en leuvre consiste à déposer une goutte du liquide renfermant le nitrate sur une assiette de porcelaine, à y mélanger une goutte d'acide sulfurique concentré et pur, et à y faire tomber quelques parcelles de brucine; puis, à étendre successivement d'eau distillée le volume de la liqueur nitrique, jusqu'à ce que la coloration ne se produise plus.. A ce moment, le volume de liquide renferme, par litre, 0'%0207 d'azote nitrique, correspondant à O^SOS d'acide azotique anhydre et à O^^io de nitrate de potasse pur.
Ce procédé permet de doser une partie d'azote nitrique dans ;)0 000 parties d'eau. 11 est surtout avantageux pour le dosage de l'azote nitrique contenu dans les matières organiques non altérées, exemptes de nitrites. Ill'est encore pour les substancesrenfermant des nitrites, moyennant un dosage préalable de l'azote nitreux et son oxydation par le chlore avant l'essai à la brucine. D'une manière générale, il est applicable au dosage de l'acide azotique avec une exactitude suffisante; il est d'une exécution facile et prompte, et n'exige qu'un outillage peu compliqué.
— Sur la répartition des matières azotées et des matières minérales dans le pain. — Dans une étude sur le pain,publii-een 1855, Rivot avait trouvé une ijroportion de cen- <lresun peu plus faible dans la mie que dans la croûte, les deux produits étant ramenés au même degré de des- ' siccation. 11 en avait conclu que la croûte doit perdre une certaine quantité de matières organiques pendant la cuisson du pain et il évaluait, par le calcul, cette perte à environ 2 p. 100 de la p;\te sèche employée.
En 1863, ces résultats ont été confirmés par Harral, qui a avancé que non seulement les cendres, mais aussi les matières azotées, sont en plus grande quantité' dans la
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croûte que dans la mie. A l'état de siccité, le rapport moyen Je l'azote de la croûte à l'azote de la mie serait même, d'après Barrai, de 123 à 100 et la perte moyenne de la matière organique de b p. 100.
Depuis lors, .1/. Balland a repris le travail de ces cliimistcs et a constate? qu'il n'y a pas plus de matières azotées c't de matières salines dans la croûte de pain que dan» la mie, lorsque ces produits ont été ramonés au même degré de déshydratation.
Contrairement à l'opinion admise de Hivot et de Barrai, la cuisson du pain se fait, dit-il, sans destruction de matière. Si lis éléments constitutifs de la farine sont modifiés, comme l'auteur Ta déjà signalé, par une perte de matières grasses et une augmentation de matières sucrées, leur poids ne varie pas d'une façon appréciable, et l'on peut avancer que le pain desséché ne renferme pas plus de matières nutritives que la farine sèche employée à le préparer. Il en résulte ([ui- la détermination de l'eau dans|une farine ]icrinet d'évaluer mathématiquement la quantité de pain, à un degré d'hydratation voulu, qu'clli" peut fournir et iiue la détermination simultanée de l'eau dans le pain il dans la farine qui a servi à le fabriquer permet de s'assurer que le rendement de la farine en pain n'a pas été exagéré par une addition illicite d'eau.
CHIMIE ORGANIQUE. — Sur la para-méthoxyquinoléine. — On sait que, en faisant agir la glycérine et l'acide sulfurique sur l'anisol, M. Skraup a obtenu la para-mélhoxyquinoli'ine ou quinnnhol. Or, la même méthode a permis à .V. r. Griinau.r d'obtenir le dérivé corresjKiiidant, au moyeu du phénate d'éthyle ou phénéthoi. Conformément à la nomenclature adoptée jpar .M. Skraup, le nouveau corps devrait s'appeler qidno-phénéthal; par abréviation, M. (iiimaux le di'siguo sous le nom de quinélhol.
— Toxicité de l'acétylène. — Dans la séance du 28 octobre dernier, M. (iréhant a présenté les résultats d'une série d'expériences sur la toxicité de l'acétylène. Ses conclusions concordant, à très peu près, avec celles que M. L. Brociner a obtenues en 188", celui-ci tient à rappeler les conclusions du travail qu'il a publié à cette époque :
1° Le sang dissout environ bs 80/100" de son volume d'acétylène;
2° L'examen s|)eiiroscopiquc du sang chargé d'acétylène ne révèle rien de particulier : cotte solution se romporte exactement comnie le sang nxygéné normal et se ri''duit de la niêiiie façon et avec la même vitesse sous l'inllucnce du sulfhydrate d'ammoniaque ;
11" Sous l'inlluencc du vide, le sang ])ei(l l'acétylène (ju'il ((intient. La jdiis grande partie ilii ga/. >e dégage à froid, mais il est nécessaire de cluiiiner à 0(1" pour extraire la lolalilé.
4° l);ins les solutions qui ont subi la i)ulri''fartion, la dose de l'acétylène ((u'on peut extraire dans le vide va en diminuant avec le leni|is; il est à noter <|ue le volume d'acétylène extrait à fioid reste toujours à peu près le même et que c'est le volume du gaz l'xlrait à chaud qui devient plus faible, à mer-ure que la putréfaction est complèle ;
S" S'il l'xiste une curiibinaison réelle de l'acétylène et de riiémoglobine, celle conibinai-on est certainement très instable et n'r'st nullement ciini|iarable, sous ce rapport, à la romlilnaison (|uc forme l'hémoglobiiu' avec l'iixyile de cai'bone.
Il" L'acétylène, conformément aux conclusions de M. Itiilhebit, parait n'exeni'c (|iriiiie aitiim lu\ii|ue ex-
cessivement faible et qui n'est pas plus marquée que celle des carbures d'hydrogène ordinaires, tels que le formène, l'éthylène, le propylène.
~" Les animaux, soumis à l'action de mélanges renfermant des doses considérables d'acétylène, ne succombent pas, même au bout de plusieurs heures, si l'on a soin d'opérer en présence d'une quantité d'oxygène suflisanto et de renouveler le mélange gazeux de manière à empêcher l'accumulation des produits de la respiration do l'animal.
— M. L. AV'iijiiicr de la Source appelle l'attention sur quelques réactions de l'acide tartrique et des tartrates aU câlins.
ZOOLOGIE. — Sur l'interprétation morphologique de la larve double dans les Ascidies composées du genre Diplosoma. — D'une étude de M. Muuriçe Caullcrtj sur ce sujet, il résulte que cette larve ne correspiuid pas à une division de l'embryon, mais qu'elle doit être interprétée comme l'ensemble d'un oozoïde et d'un blastozoïde; celui-ci naît sur le premier par les processus ordinaires du bourgeonnement, qui entrent en action ici, dès ledébut de la période embryonnaire. C'est un phénomène d'accétéralion vvolutiic et Vhétérochronie qui en résulte a pour conséquence un échange de viscères entre les deux individus formés.
Ce dernier fait, mis en évidence par l'anatomie coml)arée, montre en même temps que la larve double de Diploxoiiia ne peut être considérée comme une forme primitive.
BOTANIQUE. — La laccase dans les champignons. — On sait que M. G. Bertrand a récemment établi l'existence de la laccase (ferment soluble oxydant) dans \in grand nombre de jjlantes phanérogames. En effet, lorsqu'on verse quelques gouttes de teinture de résine de gaiac dans le suc cellulaire de ces végétaux, ce suc se colore immédiatement en bleu et cette coloration est caractéristique du ferment.
Depuis lors MM. Em. Bourquelot et G. Bertrand ont |)ensé (jue ce même ferment ou un ferment analogue devait se rencontrer dans les Champignons, végétaux chez lesquels les phénomènes d'oxydation sont, comme l'on sait, très énergiques. Cela était d'autant plus à prévoir (|ue Schienbein, dés ISSiti, avait di'jà fait cette oliscrvation, i)assée inaperçue, que le suc de deux champignons, les holclim liiridtis Schaelï. et Ag. s(i»;/hihcus:' possède la piiipriélô de bbaiir la teinture de gaïac et (]u'il perd cette ))roi)riété sous l'action de la chaleur. 11~ ont retrouvé, en etl'el, un ferment oxydant dans beaucoup de ces crytogames. Leurs recherches ont été étendues à deux cents espèces environ, appartenant surtout aux Basidiomycêtes; quelque-.-unes appartenaient aux .Vscomycèlcs et une seule, le hetiruturiii ma.rima Fr., aux Myxomycètes, l'our les Champignons à chapeau (l'olyporés, Agariciné>), l'action de la teinture de gaiac a été essayée le plus souvent sé]iarément sur le pied, le tissu du chapeau et b's lames ou tubes constituant l'hyménopliori' ; pour les autres, l'action a été essayée sur l'ensemble du végétal. Les propriétés du ferment ont été étudiées dans i|nclqu<!S espèces, notamment dans le Jli(.s.si(/((/'ii7<.'ii.'i, l'ers.
l'.n résumé, il ressort des recherches de MM. Bourquelot et Bertrand (lue, si la laccase existe chez les plante;, vertes, elle se trouve également, et dans des conditions piMit-être plus facLles à étudier, chez les |ilanli's liourvnes de chlorophylle.
MINERALOGIE. — M. Fr. \V,:llrr,i„l .-i n pri- la question
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(le l'isomorphisme optique des feldspaths qui avait été l'objut d'opinions coiitrailictiiir(>s. Ma suite d'études suivies il en est arrivé à cette conclusion que les l'eldsiiallis ne sont pas, au point de vue optique, dos mélanges isomorphes d'albite et d'anortiiito. Peut-être, dit-il, doit-on les considérer comme des mélanges di' trois i'eldspatlis, niicrocline, albito (>t anortliito, mais il est peu prol)able cependant que la faible iiuantité de fcldspalli jiotassique imisse modifier à ce point les propriétés o]iti([ues, d'autant plus que les variations dans la quantité de miirocline ne paraît pas entraîner de variations corrélatives de ces propriétés. Il est plus rationnel d'admettre qu'il n'y a pas seulement juxtaposition de molécules d'albite et d'anorthile suivant les mailles d'un même réseau, mais bien combinaison i-liimiqiio de ces molécules.
PHrSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Effets produits chez le lapin et le pigeon par l'extraction de l'étrier ou de la columelle et lésion expérimentale du vestibule membraneux. — Aiiri'S des expériences répétées d'exlra<'tion de l'étrier sur des chiens et de la columelle chez le pigeon, expériences couronnées de succès et sans aucun accident, M. Garnault a tenté chez l'homme cette même opération et en a communiqué les heureux résultats au Congrès de Rome en 1894.
Depuis lors, il a fait une nouvelle série d'essais chez le pigeon et le lapin, animal plus voisin de l'homme, afin de se rendre compte de la graviti' des opérations qu'il désirait pratiquer sur l'homme lui-même et dans lesquelles on est exposé à léser le labyrinthe membraneux.
Les résultats que M. (iarnault a obtenus, c'est-à-dire une guérison parfaite des lésions intentionnelles qu'il avait produites et le retour d'un haut degré d'audition, le comluisent ii cette conclusion <[ue l'on est autorisé à pratiquer chez l'homme, par tous les moyens, l'extraction de l'étrier soudé ])ar anUylose osseuse aux parois de sa niche, lorsque l'appareil percepteur est intact. Bien entendu, on o|iérera antiseptiquement.
Il ajoute que les lésions du labyrinthe mcmliraiieux. que l'on est exposé à produire, ne sont comparables, ni de près ni de loin, à celles que l'auteur a faites volontairement chez les animaux et qui ont guéri, dit-il, si facilement.
E. RiviÈiiE.
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La comète Brooks. — Une Inillautc comète a été découverte à Genève iNew-York, États-Unis) le -21 novembre 189o, par l'astronome Brooks, qui a déjà trouvé de nombreuses comètes.
Les coordonnées du nouvel astre étaieni les suivantes:
Novembre -21 : j^=9'"12°'; P = 107"4
Novembre 24 : JR. = 0''43'° ; P = 1 00° 41 '.
Cette comète, voisine de l'étoile de seconde grandeur a Hydre, se lève un peu après minuit, en se dirigeant vers le Nord; nous pournnis donc bienlnl l'apercevoir si elle continue sa marche.
Dispersion par les algues marines. — M. H. V'allentiu a fait connaître d'intéressantes observations sur la dispersion de quelques espèces marines par les algues arrachées au rivage, et que le Ilot et les vents peuvent pousser, le long de la surface, à des distances souvent très considérables. Certaines de ces algues peuvent llotler
durant un temps très long, et on y trouve presque invariablement une faune assez abondante et variée, des mollusques, crustacés, des vers, des hydraires, des bryozoaires, qui sur cet esquif improvisé, peuvent traverser des espaces considérables, et être transportés à des distances notables, en des localités où on ne les trouve pas naturellement, et où ils ])euvcnt s'établir.
Le glycogène chez les champignons et levures. — Nous avons reçu d(! Jl. (i. Claulriau, de liruxellcs, une brochure relative à l'étude chimique du glycogène des levures et champignons. L'auteur, après un court historique — court parce que jusqu'ici la question a été peu étudiée, — indique avec soin les espèces qui conviennent le mieux pour cette étude (ce sont le Holet comestible, VAmaiiita muscaria, le Phallus impudique), et donne avec détail la méthode d'extraction, les réactions, les modifications par différents agents, etc. M. Clautriau signale particulièrement la coloration brune spéciale que prend le glycogène en présence do l'iode (il pense toutefois qu'il y a là mélange et non combinaison chimique), et il conlirme pleinement, en y ajoutant d'ailleurs bon nombre de faits intéressants, la conclusion déjà tirée par Errera, en 1882, établissant l'identité du glycogène végétal avec le glycogène animal.
Suites de greffe. — On a assez souvent, aux États-Unis, dit Garden and Vorest, grefTé la tomate sur la pomme de terre on réciproquement. Dans un cas signalé i)ar M. .\. Sutton, une grelTe de pomme de terre sur tomate produisit des Heurs et des fruits de pomme de terre, et poursuivant son œuvre, donna naissance, à l'aisselle de SCS feuilles, à un certain nombre de tubercules aériens de dimensions assez respectables, qui pendaient le long de la tige.
La limule aux États-Unis. — La limub^ est un crustacé que l'on ne voit, en lùinipe, que dans les atiuariums pourvus d'eau de mer, l't encore n'en trouvc-t-on pas partout où l'on croirait en rencontrer. C'est un crabe à large carapace dorsale en forme de bouclier, pourvu d'une queue assez longue et pointue. Hareté et curiosité zoologique en Europe, ce crustacé, qui atteint d'ailleurs de grandes dimensions, est très répandu sur le rivage américain de l'.Vtlantique, sur les fonds de sable. Il gagne même le rivage, à l'époque de la ponte des ipuls, pour enterrer ceux-ci dans le sable où ils éclosent. Ses dimensions moyennes sont "2b ou 28 centimètres de largeur, et 40 centimètres de longueur. La femelle a souvent le double des dimensions du mâle. La limule est, dans certaines localités du Delaware et du New-Jersey, utilisée comme engrais. On en pèche de grandes quantités que l'on écrase pour faire une bouillie qui se vend aux agriculteurs, comme ailleurs le hareng, la morue, etc. 11 faut un millier de crabes pour une tonne, et la tonne se paie de 1.1 à 26 francs selon l'abondance. Les limules servent encore à nourrir la volaille et les porcs.
L'action physiologique de l'air comprimé. — Engineering rend compte d'expériences faites par M. Hersent sur l'action exercée par l'air comprimé sur les ouvriers appelés à travailler à de grandes profondeurs.
D'après W. Hersent, moyennant certaines lu-écautions, notamment en augmentant le temps alloué pour traverser l'écluse à air et en échaulTaut l'air à la sortie de l'écluse, les ouvriers peuvent descendre sous l'eau à des profondeurs de 48 à yO mètres sans courir i)lus de risque qu'ils n'en couraient autrefois pour des profondeurs moitié moindre. Pour une pression de 3"',.">, il faut accorder
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une heure pour la traversée de l'écluse à air, et si la pression atteint b'''',b, trois heures ne sont pas de trop. L'usage de la lumière électrique est avantageux parce <iu'il réduit les vibrations de l'air.
M. Hersent a fait un grand nombre d'expériences, d'abord sur les chiens, puis avec des hommes. Quatre chiens ont été placé? dans une atmosphère à la pression de .'!'''', 0 ramenée en moins d'une minute à la pression atmosphérique : deux des chiens sont morts di-s effets de cette détente brusque. Au cours de vingt et une autres expériences faites avec de l'air à 5'''',6, mais dont la détente était prolongée pendant une lioure, trois chiens seulement succombèrent, encore l'un d'eux était-il dans des conditions physiques défavoraldes. Les chats, les souris et les grenouilles ne paraissent pas influencés môme dans le cas de détente brusque.
Cinq expériences ont été faites avec des hommes. Durant la première, la pression a été portée en 15 mirautos à 3 kilos ; les hommes sont restés une lniue-, puis la pression a été ramenée à la pression atmosphérique en iiO minutes. L'un des hommes a eu une attaque de coliques après la sortie ; mais ces coliques paraissent devoir être attribuées à d'autres causes que le séjour dans l'air comprinté. Cinq essais ont été faits avec les deux autres hommes, la pression étant portée à 4'''',.'>. Le séjour dura encore une heure et la détente fut prolongée pendant l",40. La température dans l'écluse à air était maintenue au moyen d'une circulation de vapeur. Les hommes se plaignaient de démangeaisons à la peau et l'un d'eux eût dans les membres des douleurs qui durèrent trois jours. Le dernier se prèla encore à trois nouvelles expériences avec une pression de .ï'''', 4 obtenue en trois quarts d'heure et à laquelle il resta soumis pendant une heure, après quoi la pression fut ramenée graduellement à la pression atmosphérique, opération qui se iirolongea pendant trois heures. L'homme se plaignit seulement de légères douleurs lancinantes qui disparurent tout de suite.
La vaccination anticholérique. — M. llalTkine vient de fair'- cDimaitre les nsullals des vaccinations anticholériqiies «lu'ila pratiquées dans l'Inde en 18'j:j, I894et I89!i.
Les résultats se sont montrés favorables partout où le choléra a fait le plus grand nombre de victime», c'està-dire où il s'était répandu avec une vigueur suffisante pour qu'il soit permis de supposer <|ue la population (entière inoculée et non inoculée était exposée à l'infection.
Dans la prison de (iaya, où l'expérience a été faite dans des conditions particulièrement favorable» qui, par leur précision, raiq)cllent ])ri-sfjue une expérience de laboratoiie, l'épidémie coïncidait avec les dix joursnécessajres pour que le traitement préventif jiroduise son plein cITet. Le résultat a montré une diminution graduelle de susceptibilité dans les personnes inoculées quj, à la fin de l'épidémii', ont compté en tout deux fois moins de morts cl deux fois et demie moins d'attaques que les personnes non vaccinées.
Dans les plantations de thé à Karkurie et l'i Kalain, où la poimlaliiin avait été inoculée un à deux mois avant rapparition de l'épidémie, les cq.. rés ont soufl'iTt quatre à cinq fdi- moins que les individus non dpéri's.
Daiir. la région de choléra endé'mique autour- chs tanks de (l.ilculta, après l'expiration des dix jours de traitement, la proportion a été r.1,27 foi» moindre et celle des décès l",i'» fuis moindre parmi les vaccinés, cl celle proportion s'est maintenue jusqu'au 431»" jour après la vauciuuliun.
Enfin, à Lucknow, l'expérience faite avec des vaccins faibles, administrés à faibles doses, a démontré que la protection était encore sensible quatorze à quinze mois après la vaccination, dans une épidémie d'une virulence exceptionnelle, ce qui fait espérer qu'on pourrait obtenir une protection efficace, même pour de longues périodes de temps, en employant des vaccins plus exaltés, administrés à des doses plus fortes.
Le travail de l'auteur conclut que les résultats tendent à prouver qvie la méthode présente un moyen réel pour comb.itlre le choléra ; mais il insiste sur la nécessité de multiplier les essais et de confirmer les résultats obtenus IKir un nombre plus grand d'observations.
Nouveau remède contre l'impaludisme. — M. Moncorvo de Hio de Janeiro, donne, dans la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie (n° du 22 novembre p. 56(j) une étude sur la valeur du grand soleil [Helianlhus annuus) comme spécifique dans le traitement des fièvres paludéennes.
Il paraît que, depuis une époque très reculée, les paysans russes, — très convaincus des propriétés fébrifuges de cette plante, très répandue chez eux, aussitôt qu'ils sont pris de fièvre, se couchent sur une sorte délit préparé avec ses feuilles, dont ils se couvrent également. Un méde<-in russe, M. Manisnof, guidé par cette pratique, a d'ailleurs administré systématiquement cette plante, sous forme de teinture des feuilles, contre la fièvre intermittente, et s'en est fort bien trouvé.
Heprenant cette pratique, M. Moncorvo a administré la teinture alcoolique de feuilles d'hélianthus, à la dose de
I à 0 grammes dans les 24 heures, en potion, et a obtenu une guérison aussi prompte qu'avec la quinine. Dans quelques casmêmeoùlaquinine s'étaitmontrée inefficace, l'hélianllius aurait bien réussi.
Antidote des piqûres d'abeilles. — Un correspondant de Nature signale les bons effets de la teinture de quinine ammoniacale, et d'après expérience personnelle, [considère cette solution comme beaucoup plus active que l'ammoniaque communément employée.
Psychologie du singe. — M. E.-D. Cope rapporte qu'un Cebita apcllii, du Jardin zoologique de Philadelphie, a appris l'art de se servir des allumettes. Ce singe dislingue parfaitement bien l'extrémité active de l'extrémité inerte.
II sait très bien aussi qu'il faut saisir l'allumette par le milieu plutôt que par l'extrémité, afin qu'elle ne se brise jioint. Lnfin. il sait que rallumotto ne prend bien que sur les surfaces rugueuses, et ne perd pas son temps à la frotter contre les surfaces polies.
Avec toute cette science, cependant, il faut bien remar- «iner <|u'il ne saurait encore faire un feu : car à peine a-t-il allumé son allumette, qu'il la jette. Il vaudrait la I)cine ((u'on essayât de lui apprendre l'art de rassembler le bois el d'en faire un feu, pour voir si, connaissant la sensation agréable que donne le feu en hiver, el connaissant les procédés par lesquels on fait du feu, il rapi)rol'iierail ses connaissances éparses, et mis en présence des mati'riaux indispensables pendant le froid, il saurait ciiordonniT mui savoir cl en tirer (larfi.
Lu maladie de Californie sur les vignes d'Amérique. —
\l. .Newlcm II. l'iene vient d'adresser au iliqiarlemeMt d'Agriculture des Ivtats-Unis une note sur la maladie de Californie, maladie de In vigne des plus redoutables, puisqu'elle paraît aussi grave, sinon plus grave que le leirilile phylloxéia. Voici le résumé de sa communication : La maladie de Californie csl la plus redoutable des
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maladies qui frappent les vignobles des côtes du Pacifique; clic a (Icjà ancanti plus do 12 000 hectares de vignobles les plus riches et les plusproductil's. Saincmiôre apparition remonte, aulant que les doum'-cs actuelles permettent d'en juger, à l'année 1881- : i^n l88o, [ilusieurs ceps étaient détruits et en 1880, des vignobles très étendus aux environs d'Anlieim (Californie), succonibaient; toute cfltc région a été dépeuplée de vignes et le mal est actuellement à 80 kilomètres de son point d'origine, ayant détruit une valeur de plus de 100 millions de francs. Au début, la nuvladie de Californie se manifeste, dès le retour de la végétation, par de petites taches jaunes sur le parenchyme des fi'uilles entre les nervures principales; ces taches s'agrandissent et souvent se réunissenten zones jaunâlrcsdont le centre est occupé par des tissus plus ou moins mortifiés. Plus tard, une bande de tissu brun mortifié, bordé de chaque côté par une zone jaunâtre, envahit tout le parenchyme à l'exception du voisinage des nervures principales qui restent seules entourées d'une ligne de tissu vivant. Finalement, les feuilles tombent et les portions non aoûtées du rameau noircissent et meurent.
L'année suivante, les pousses sont courtes; la coloration des feuilles au printemps reste souvent normale et ne s'altère que plus tard par taches qui apparaissent pendant les grandes chaleurs de l'été, mais leur chute est prématurée et la mortification des rameaux a lieu comme précédemment.
Au printemps de la troisième année, la vigne attaquée n'émet pas de pousses, ou bien ces rameaux végètent, jusqu'à l'été et meurent alors.
Quelquefois la végétation se prolonge jusqu'à la cinquiènie année di'])uis l'apparition de la maladie.
Les racines sont attaquées en même temps que les feuilles, les radicelles se ratatinent, et se mortifient progressivement par iiouiriture.
La maladie de Californie, dont la vraie nature est encore inconnue, paraît avoir un développement sporadique au début it lu'ogresse ensuite avec une virulence déplus en plus intense jusqu'à anéantissement complet du vignoble.
Certains cépages sont plus ou moins rapidement attaqués, mais aucun jusqu'ici n'a été trouvée entièrement résistant.
Il semble démontre' : 1" que h^s boutures provenant de ceps malades (|uoi([ue susceptibles de s'enraciner, portent le germe du mal, et que les jeunes plants qui en proviennent sont d'autant plus atteints que la souche qui les a fournis est à un degré plus avancé de la maladie ; 2° que l'all'ection a perdu de sa .virulence. Autrefois les vignobles créés en |iays contaminés avec des boutures provenant de régions indemnes étaient aussitôt attaqués et mouraient rapidement, tandis que maintenant de telles replantations paraissent vigoureuses et saines.
La maladie de Californie, malgré les observations de quelques viticulteurs, semble encore totalement inconnue en Europe; elle ne doit pas moins préoccuper le vieux continent qui a reçu d'Amérique les plus graves des innombrables maladies qui ravagent la vigne jadis si robuste.
Tremblement de terre à Rome. — ISaluic signale une secousse assez violente et assez prolongée ressentie à Kome le f'' novembre. Le phénomène aurait commencé par de légères secousses pendant 4 à 5 secondes suivies d'une série de chocs plus violents durant 8 secondes; puis après une période de calme de quelques secondes, une nou-
velle série de chocs violents pendant 8 secondes encore. Deux horloges de l'Observatoire du Bureau central de météorologie se sont arrêtées et des fissures ont été constatées dans la vieille tour du collège. Une violente secousse ondulatoire a été également ressentie à Hocca di Papa, près de Rome; elle a duré 7 secondes sans causer de dégâts sérieux. Des secousses ont été constatées aussi sur divers points des environs de Rome.
La foudre et les peupliers. — Une récente statistique a montic' que sur K07 arbres frappés par la foudre dans les environs de Moscou, plus de la moitié — :!02 exactement — sont des peupliers blancs. Cet arbre semble attirer particulièrement la foudre : de là le conseil donné aux cultivateurs de planter ces arbres en abondance, en guis(! de paratonnerres.
Découverte d'une grande rivière au Canada. — Sricnli/h: American annonce qu'au cours d'un voyage de découverte dans la partie du Canada qui borde la baie d'Hudson, M. Bell, du Service géologique des États-Unis, a déi'ouvert une grande rivière, inconnue jusqu'ici et qui vient jeter ses eaux dans la baie de .lames, à l'extrémité méridionale de la baie d'Hudson.
Cette rivière a trois grandes branches prenant leur source l'une au nord des Trois rivières, l'autre dans la région du lac Saint-.lean et la troisième près du lac Mistassini ; sa largeur moyenne est de plus de 1 000 mètres et elle offre de place en place des expansions de plusieurs kilomètres de largmir. Sa longueur est d'environ 800 kilomètres et le cours d'eau semble devoir se prêter à la navigation à vapeur sur d'assez longs parcours; malheureusement de grands rapides en ferment l'accès vers l'embouchure.
Géologie de l'Egypte. — Le gouvernement égyptien a résolu de se mettre à dresser la' carte géologique de l'Egypte : celle-ci sera commencée l'année prochaine et le travail durera trois ans environ, les dépenses étant estimé(^s à 625 000 francs environ.
Le canal de Nicaragua. — La commission nommée par le gouvernement des Etats-Unis pour examiner les projets proposés, au sujet du canal de Nicaragua, a terminé ses travaux, et donné ses conclusions et ses impressions.
Elle arrive à ce résultat que l'on ne saurait on ce moment former de conclusions définitives: les données acquises sont insuffisantes, et les travaux préliminaires exécutés jusqu'ici sont insuffisants. La commission estime que le prix de revient serait d'environ 700 millions, alors que la Compagnie prévoit une dépense moitié moindre. Le rapport de la Compagnie est très vivement critiqué de tous côtés, au point de vue technique, et la conclusion générale des personnes compétentes est que les plans proposés sont inacceptables et ne méritent pas d'être réalisés.
Essai des divers modes de traction pour tramways. — X.'Electrotechnhrhor Anzciftcr annonce que la municipalité de Berlin vient de voter un crédit de 02 500 francs pour des ess;iis sur les divers modes de traction susceptibles d'être employés sur Icslignes de tramways: moteurs à vapeur, à gaz, traction électrique.
Gaz de bois. — Nous avions déjà le gaz d'huile, voici maintenaut le gazdc bois. D'wprèsl' Hiighiecring amlMiiiinij Jo»/ii«/,laville do Deseronto (Canada) s'éclaire partiellement avec du gaz extrait de la sciure de bois que fournisseiit les scieries, nombreuses dans la région.
Cette sciure est placée dans des cornues qui sont
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chaufTées par un feu de bois, et les gaz dégagés pendant l'opération sont épurés d'une façon anologue à celle en usage pour le gaz de houille. La chaux est le principal agent épuratcur employé.
L'usine actuelle ne fournit guère que 340 mètres cubes de gaz par jour, ce qui exige environ 2 tonnes de sciure; quant au résidu charbonneux, il peut être évalué à 20 p. 100 en poids de la sciure. Le gaz de bois a une odeur moins désagréable que celle du gaz de houille, son odeur rappelle celle de la fumée du feu de bois vert ou de fi'uilles. Les boisréfincuxdonnenllemcillcur'produit.
La culture de la tomate. — Un horticulteur américain a voulu voir s'il valait iiiiiuix pincer les tomates et les fixera des tuteurs, ou bien les laisser pousser naturellement sans les contrarier en rien. Le résultat général de ses expériences est que les plantes laissées à elles-mêmes sont plus précoces comme production, et fournissent plus de fruits : en outre, tandis que la pourriture a atteint 43 p. 100 des plantes attachées, elle n'a attaqué que Id p. 100 des tomates libres. Il semble donc y avoir avantage notable à laisser les plantes pousser naturellement, et la conclusion s'imposerait, si les conditions de l'expérience avaient été identiques. Toutefois, comme les plantes fixées étaient à 3 pieds l'une de l'autre, alors que les plantes libres étaient à o pieds de dislance, il est évident que dans un cas elles pouvaient plus facilement se nuir iiiutuellcraent ()ue dans l'autre; et dans un cas] la superficie et le cube de sol disponibles ])our les racines cl la nutrition étaient moindres que dans l'autre. L'expérience eût été plus probante si l'espacement avait été le même dans les deux séries de plantes.
Automobilisme. — Le journal VEnginccf offre un prix de inilli' j,'iiinées, soil environ 26000 francs, pour la meilleure voilure automobile. Les voitures ne devront pas peser plus de deux tonnes anglaises, et la vitesse devra être de 10 kilomètres à l'heure. La course aura lieu en octobre 1896, et les concurrents — divisés en deux classes selon le poids — auront à faire un parcours de 320 kilomètres.
Le pétrole à Java. — L'île de Java présente des gisements et sources de pétrole iruiic réelle im)>orlance, dont on tire déjà parti. Il jaillit en abondance, notamment près de Sourabaya. et il est conduit par des canalisations spéciales jusqu'à Saniarang, où il est eiiiniagasiné.
Les libéralités aux établissements publics en France. llaii- une élmli,' sur les •■ lilicralités aux étalillssemenls I)ublir.s et l'inqjùt >■, coniniunicjuée à la Société de sUttistiqnc de l'aris, M. Léon Salefranquc a produit les chiffres suivants:
Pour li'svinpl dernières années, la moyenne, en nombre, U été, en Franc r, di; i\W(t libiTalilés faites jiar 3500 donateurs environ. L'aiiiiéi; la plus forte est 187'.) avec S 088: la jdus f.iildc, 1803, avec VOHS.
l'oui- la même période, la moyenne en imjKjrluncc est de 30 millions, avec une Icnil.iiici-, si on en juge i>ar les annéi'S récentes, vers 3.') millions. L'année la ])lus forte est 188!i avec Îi3 raillions (•; la jilus faible 1882, avec 23 millions.
Les iléparlcincnls elles communes reçoivent 23,1 p. 100 du total; les établissements religieux, H, 2 p. 100; les éiablissemenls charltableH et lionpliiilifis. .■>:! p. 100 ; ceux de prévoyaii. c, 1,(i p. 100; enfin ceux d'insiruclion publique, 2, S p. 100.
Au (loinl du vue de lu (|UOlilé, ou jieut fixer approxi-
mativement l'importance de la libéralité ainsi qu'il suit : liliiralilés au-dessous de 100 francs, 40 p. 100; de 10 à 1 000 francs, 35 p. 100]; de I 000 à 10000 francs, 20 p. 100 ; au-dessus de 10000 francs, 5 p. 100. Les libéralités universelles ne peuvent être chiffrées, mais on peut affirmer qu'elles forment l'exception.
Expédition allemande au pôle sud. — Un comité s'est constitué à Berlin pour préparer une expédition dans les régions antarctiques du Sud. Il a été décidé d'envoyer deux navires au sud des îles lierguelen et de laisser toute liberté d'action aux cliefs de ces navires. L'expédition doit durer 3 ans et une somme de 1 187 000 francs doit y être consacrée.
Exposition d'aviculture. — Rappelons à nos lecteurs qui s'intéressent à l'histoire naturelle pratique, que l'Exposition d'aviculture se tient en ce moment, et qu'ils y verront do nombreux et intéressants représentants des différentes races d'oiseaux de basse-cour, d'agrément et aussi d'animaux comme le lapin, etc.
Congrès scientifiques. — Le second Congrès international de chimie appliquée se réunira l'an prochain à Paris. Il comprendra 10 sections, savoir: 1° Sucreries et raffineries; 2° Industries utilisant la fermentation; S'Industries agricoles ; 4° Chimie agricole ; b° Analyse officielle et commerciale des substances soumises aux droits; 6» Chimie industrielle; 7° Photographie; 8° Métallurgie, mines cl explosifs; 9° .\nalyse biologique, médicale, pharmaceuti([ue ; 10° Eleclrolyse. Une exposition iiilornationale des Industries chimiques et agricoles se tiendra en même temps au Palais de l'Industrie.
Publications périodiques. — Natuial Science pour décembre estaussi intéressant cjue les numéros préeédents, et cotte excellente publication — qui en est à son septième volume — continue à rendre de grands services. Parmi les articles de ce numéro, signalons en particulier les suivants : Dépôts océaniques anciens et modernes par M. \V.-F. Hume ; la Mud--linc de Murray, par M. J. Chum- Icy; l'hypothèse darwinienne de la sélection naturelle par M. i\. Douglass; la station biologique maritime suédoise, par .M. Uatlier; l'emploi de la formaline pour la conservation des animaux marins, par M. J. Hornell.
Les chrysanthèmes. — Notre article sur l'Exposition de chrysanthèmes, dans le numéro précédent, nous a valu la lettre suivante de M. .\. Cordonnier, que nous insérons volontiers :
" Dans Voire compte rendu sur l'Exposition de chrysantlièmos de l'aris, vous dites : Les chrysanthènu-s énormes ne sont à la portée que des jardiniers très experts.
« Cette affirmation ne me semble pas exacte, car ce sont surlout les amateurs qui obtiennent les résultats les plus remarquables.
"Il est évident que la plante ne doit pas être laissée à elle-même, et qu'elle nécessite des soins particuliers; mais ces soins n'ont rien d'excessif, et ne sont ]ias plus difficiles à donner que ceux nôcessitéspard'aulres plantes ou arbres fruitiers lorsqu'on veut arriver à la perfection-
« Les catalogues des chrysanthémisles sérieux ne laissent lias les nouveaux amateurs dans l'illusion île croire qu'il suflit de mettre une bouture en terre et de l'abamlouner à elle-même jiour avoir desfieurs dograndesdimensions. 'lon'< les soins consistent en quelques rempotages, à un ••' ni pincement et à linéiques ébourgeoiinages dans le courant de l'été. — La question de l'administration des
CHRONIQUE
engrais est certainemcul un peu drlicate, mais ne l'est pas plus que pour les autres plantes qui demandent une nourriture substantielle.
« Pcrniettez-nioi de vous faire remarquer que, depuis 30 ans, les semences de chrysantlièraes français et étrangers ont obtenu des variétés remarquables, mais que c'est seulement l'apparition du chrysanllièmc grande (leur qui a fixé l'attention du iinblic, et permis l'introduction (le cette Heur dans nos salons.
«Jusqu'en 1887, le chrysanthème (3taitconsidéré comme vulgaire etsurnommé /leur de cimetière par des lleuristes parisiens. — En 1888 et 1889 la grande Heur a fait son apparition dans les expositions; les amalcius se sont emparés de cette innovation, et aujourd'hui on trouve partout des admirateurs passionnes de la reine d'automne.
« C'est grâce à Ingraiide (leur, que le chrysanthème à conquis droit de cité, etciue les étalages de nos (leuristes parisiens présentent en octobre, novembre et décembre un tableau de couleurs éblouissantes, au point de défier la palette des peintres.»
La destruction des moustiques. — A propos de notre information du 21) novembre, p. 664, sur la destruction des moustiques, nous recevons de notre collaborateur M. J. Delbœuf la lettre suivante :
« Certes ce serait une grande découverte, et de nature à illustrer le pays où elle aurait été faite, que celle d'un moyen de détruire les moustiques, autrement dit cousins. Mais, si cette découverte est l'emploi de l'huile étendue en couche mince sur les eaux où vivent les larves, l'Amérique n'a pas le droit de s'en enorgueillir. Il y a un gros demi-siècle (|uc je les détruisais par ce moyen. Qui me l'avait enseigné, où l'avais-jc lu, je n'en sais rien. D'ailleurs il est donné dans le Magasin pittol'esque (année 1847, p. 180, 1'° colonne, au milieu), qui en fait mention comme d'un procédé bien connu.
« Après tout, il peut arriver à tout le monde do découvrir la Méditerranée. M. Howard fera sans doute d'autres découvertes tout aussi importantes et glorieuses, mais moins banales. »
Le mécanicien delà ^ Rocket » deStephenson. — Les journaux anglais annoncent la mort de Joseph liells, le premier homme qui ait conduit une locomotive. C'est à Hells que Stephenson avait confié la conduite de sa célèbre locomotive The Rocket. Bells avait 83 ans.