Cartes, observations, ET 529. Chronologie
tables.
Tous les livres, concernantrAstronomic, porterontdonc l'Indice décimal : 520. Le chiffre 5 indique qu'il s'agit d'une matière relative aux Sciences (cinquième classe des connaissances humaines). Le chiffre de second rang spécifie de quelle division de ces sciences il s'agit; soit ici la deuxième division (Astronomie).
Ainsi de suite: « Ce sont là dos nombres classificateurs {Class number), et c'est en limitant au maximum de dix le nombre des parties de chaque division, et en attribuant conventionnellement un cliiffre à chacunes d'elles, que Dewey est parvenu à expliijuer la localisation dans l'ensemble des sciences de chaque matière, quelque particulière qu'elle fût
i< Ces chiffres constituent donc une véritable langue muette, dont les phrases sont formées selon des règles syntaxiques lonstantos... 11 s'agit vraiment là d'une langue agglutinante, dont les chiffres sont les racines prédicatives et attributives, purement verbales en ce sens qu'elles n'ont ni substantif, ni adjectif, ni verbe, une langue ([ui vaut, dans ce cas particulier, beaucoup mieux que la langue inlornalionale du moyen âge, le latin. »
Certes, le mode de classement adopté par Melvil Dewey n'est peut-élie pas le meilleur que l'on puisse concevoir pour une classification vi'ritahlcment scientiftrjuc. Mais ce n'était point là la question en discuAsion, car cette classification rationnelle, définitive et ne varietur, ne peut être cxécutéu à l'heure aclurllc II suffisait donc que l'on adoptât, une fois pour toutes, un groupement quelconque, permettant d'étiqueter les matériaux scientifiques, et de leur doiiinT une place absolument fixe. Aussi a-t-on volé la résolution suivante, étant donné les applications considérables réalisées en Amérique, de la méthode Dewey, laquelle est d'ailleurs ccrtaineiiniit la meilli.'ure que nous connaissions jusqu'ici.
II. — La Conférence constate l'application considérable déjà faite de la Clasuificalinn décimalr et rrcoininando son adojition iiili'ijrdle, en vue de faciliter ii bref délai une entente entre tous les pays.
C'est à dessein qu'on a intercalé dans la rédaction de ce vœu le mot intégrale. Il a été udiiiis en effet qu'il fallait acceptfr la classification décimale on son entier, malgré ses imperfi'ctions, reconnues par tous. Comme la Ilévolution de 1HH9, il y a intérêt réel à la considérer
comme « un bloc ». Dans d'autres conditions, en effet, on tomberaitvite dans des confusions regrettables, chaque bibliogra]ihe désirant avoir son système à lui et apporter à la première classification adoptée des changements plus ou moins indispensables.
D'ailleurs le classement Dewey est susceptible d'être complété par l'adjonction de nouvelles rubriques, grâce au système indéfini de divisions et de subdivisions des matières, et il est vraiment international, puisqu'il n'utilise qu'une langue, qu'une écriture internationale, les chiffres.
Cela voté, la Conférence a abordé l'étude des moyens qui peuvent permettre, en raison des obstacles internationaux, d'arriver à la réalisation du Répertoire bibliographhiue universel. Elle a admis, comme étant de la plus haute importance, l'action concordante des gouvernements.
III. — La Conférence émet le vœu de voir les Gouvernements fonder une Union bibliographiijue universelle, en vue de la création d'un Office internationalde Hiblior/rapliie. Ellecharge son bureau de transnietlre ce vœu au gouvernement belge et de le prier respectueusement de prendre à cet effet toutes les initiatives qu'il jugerait utile.
Le Gouvernement belge n'a pas tardé à se rendre aux désirs de la Conférence, car, dès le 17 septembre, le Momteur de liehjique publiait un arrêté royal, daté du 12, précédé d'un rapport au roi qui prend acte des vœux de la Conférence internationale de bibliographie, récemment réunie à l'Hôtel Ravenstein.
(;et arrêté institue à Bruxelles, sous le nom d'Office international de Bibliographie générale, un bureau ayant pour objet l'établissement et la publication d'un répertoire bibliographique universel, le service de ce répertoire et l'étude de toutes les questions relatives aux travaux bibliographiques. Aux termes de l'arrêté, l'office se composera de cinq membres effectifs, nommés directement par le roi, et de membres associés, tant Belges qu'étrangers, en nombre indétermiué, désigné par les membres elîectifs, sous réserve de l'aijprobation royale.
l'ii grand nombre de bibliographies ot de sources bibliographiques existant dans le monde entier, il importait en effet de créer un moyen do réunir toutes ces forces en un seul faisceau bien vivant. Grouper tous les hommes (jui s'intéressent aux progrès do cette science spéciale en une sorte de comité permanent, telle a été la raison de cet autre vœu :
IV. — La Conférence décide la création d'un Institut bibliographique international.
Après ce vote, il était indispensable d'élaborer les statuts .de cet Institut. C'est ce (jui a été fait, après une liiiigne discussion.
Aujourd'hui cet lii-.liliil iiilirii.iliniial de Bibliographie existe. Il se compose de tous les membres qui ont assisté à la Conférence do Bruxidles et de tous les bibliographes qui avaient envoyé leur adhésion à celte réunion. Il pu-
M. M. BAUDOUIN. — LE PROBLÈME BIBLIOGRAPHIQUE
blie un bulletin périodique, dont l'indice déciiiuil significatif est : 010. e, dont le premier numéro vient de paraître, et dont le sommaire est dressé naturellement d'une façon conforme à la classification de M. Dewey. 11 a jiour but de favoriser les progrès de l'Institut et celui du classement et de la description des productions de l'esprit humain ; de déterminer les unités bibliographiques tn vue de faciliter, d'internationaliser et du perfectionner le caractère scientifique du classement; de donner son concours à toute tentative sérieuse do classement international ; d'examiner les difficultés qui viendraient à se produire dans l'application de ce classement; de contribuer par des publications et par tous autres moyens à faire adopter par ceux qui publient, collectionnent, consultent ou analysent des livres ou des productions de l"esprit humain, un système de classement uniforme et international. M. Melvil Dewey a été nommé membre dMionncur de ce comité.
Quand cet organisme existera, il deviendra possible d'enregistrer d'une façon méthodique, complète et pratique la production intellectuelle du monde entier et de songer d'une manière très sérieuse à cette autre question si complexe : la propriété scientifique.
Mais l'Office international ne peut ètn^ alimenté (|ui' grâce à l'intervention des bibliographes des diverses nations : d'où les votes qui ont suivi.
V. — La Conférence, considérant que tout classement systématique suppose l'existence de Bibliographies nationales, complètes et exactes, signale aux gouvernements l'importance d'une législation uniforme concernant le Dépôt légal dos ouvrages.
■VI. — La Conférence émet le vœu que, lorsque les gouvernements interviennent officiellement pour soutenir les bibUographies nationales, ils insistent sur l'adoption île la classification décimale.
Ce dernier vœu n'est que la reconnaissance des efforts si remarquables tentés par les bibliographes américains; aussi espérons-nous que tous les gouvernements entreront dans les vues de la Conférence, de façon à simplifier, dans la mesure du possible, tous les classements à venir.
Après avoir indiqué ce que les gouvernements pourraient tenter pour organiser une institution durable et Utile, on a dû tenir compte du travail déjà exécuté par les Inatiluts privés et spéciaiuc. .\ussi a-t-on voté l'autre vœu suivant :
Vil. — La Conférence émet le vo?u que les publications ducs à r i< iniliative privée o,et plus particulièrement les catalogues collectifs édités par les cercles de librairie, adoptent également la classification décimale.
Enfin la Conférence a émis deux derniers vœux, dans lesquels elle a exprimé le désir de voir immédiatement traduire en allemand, en français et en italien les tables de référence de la classification décimale (ij.
(1) Nous avons entrepris, depuis un mois, cette traduction en français, en italien et en allemand pour la partie qui correspond aux sciences biologique*, et nous publierons ultérieu-
Ce ([ui a frappé tout le monde, à cette Conférence de Ifruxelles, c'est t'tmanimité avec laquelle tous ces vœux ont été adoptés. C'est évidemment là une preuve manifeste de la portée des questions discutées. Nous ne pouvions, en terminant ce bref compte rendu, ne pas insister d'une façon spéciale sur ce caractère très particulier et très imijortant de cette réunion de bibliographes de profession.
Comme l'a dit, en terminant, M. le Président Ed. Deschamps, sénateur, qui a présidé ces débats avec une compétence et une légèreté de main très goûtées, l'œuvre de la Conférence se concilie très bien avec la conservation des catalogues existants, et ne supprime nullement les institutions créées antérieurement et dues exclusivement à l'initiative privée. Ces dernières pourront d'ailleurs, grâce à leur spécialisation, venir en aide à rtJflice international général lui-même et, si besoin est, l'alimenter pour les classes des connaissances humaines dont elles s'occupent plus particulièrement : ce qui va être le cas de l'Institut de Bibliographie scientifique de Paris.
Réciproquement, l'Office général pourra fournir aux entreprises partielles des documents d'un (très grand intérêt.
Comme on vient de le voir, les « hommes à fiches », comme on nous appelait avec intention à Bruxelles, ont établi d'une façon définitive les bases du Répertoire bibtioQrapIdque universel. Désormais on va pouvoir classer toutes les œuvres produites par le génie humain depuis des siècles et des siècles. C'est là une œuvre considérable, et il faut être reconnaissant aux infatigables et savants organisateurs de la Conférence internationale, d'avoir osé poser la première pierre d'une œuvre de cette envergure, car elle est [aujourd'hui certaine de grandir et de se développer en toute sécurité.
L'assemblée des bibliographes ayant terminé ses travaux, une sous-commission, dont nous avions l'honneur do faire partie, a étudié la meilleure façon pratique de recueillir et de classer les renseignements bibliographiques.
A l'unanimité, elle a décidé de les consigner, non plus dans des ouvrages imprimés, mais sur des Fiches, que nous avons appelées il y a longtemps déjà, Fiches bibliographi'iues. On a écarté de suite le système des fiches fixées, très en honneur pourtant à l'époque actuelle, parce que les intercalations journalières, absolument indispensables dans un Office de Bibliographie qui veut être au courant, sont beaucoup plus délicates dans ces conditions. Ces sortes de fiches ne sont avantageuses que
rement, par parties, science par science, ce Dictionnaire décimal (qu'on pourrait comparer à un dictionnaire de rimes) dans La liililiorpajihie scietilifigue, bulletin de l'Institut international de Bibliographie scientifique de Paris.
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dans des cas spéciaux, qui ne nous intéressent pas ici, et que lorsqu'elles doivent être mises entre les mains du public. On a préféré les Fiches mobiles, et avec raison. Elles seules en effet permettent d'obtenir (un répertoire idéologique ou alphabétique permanent, constamment à jour, dont l'élaboration est continue à l'aide d'intercalations successives. On enregistre, emmagasine, emboîte — c'est le terme qui convient le mieux, — la production scientifique au fur et à mesure qu'elle voit le jour.
Le système des fiches est indiscutablement supérieur à celui (jui consiste à publier des ouvrages énormes. Et vouloir revenir à la forme d'index, à celle de VIndex Mcdicus on de VIndex Catalogue par exemple, serait, à n'en pas douter, un progrés à rebours. C'est là une solution d'arriéré, d'opportuniste, suivant l'expression que nous employons souvent par opposition, avec celle de radical, de solittiojt d'avenir.
Il ne faut plus éditer ces catalogues ruineux, qui ne sont jamais à jour, qui sont d'un maniement des plus difficiles et des plus longs, dès que les collections atteignent une dizaine de volumes. Or, au train dont vont les choses, et seulement pour la médecine, il faudrait plusieurs volumes par an. Si l'on continuait dans cette voie, où en serions-nous dans cinquante ans? La moindre recherche exigerait alors des semaines entières.
De plus, l'impression de ces ouvrages de luxe, — c'est le cas de le dire, — coûte fort cher. Avec eux, on fournit une masse énorme, écrasante, de documents à des personnes qui ne pourront jamais tous les utiliser, et qui cependant doivent les payer pour posséder ceux dont ils ont besoin. Avec de semblables manières de voir, on fait prendre en horreur toute recherche bibliographique; et, en réalité, il n'y a plus aujourd'hui que quelques rares savants qui aient conservé le feu sacré, l'amour de la citation exacte, c'est-à-dire honnête. N'estce pas déplorable'.' Il est donc absolument avéré qu'il faut n'utiliser que des fiches.
Mais comment ces fiches, une fois faites, doivcnt-cllis être classées, ("est là que la classificalioii décimale joue un rôle ((uisidéralile. Quand on a inscrit sur une fiche le nombre classificateur qui lui correspond, la place exacte de cette fiche dans le Ilépertoirc est dès lors fixée. Hien n'est plus aisé désormais que de les classer toutes, au fur et à mesure de leur confection, dans des cartons ad hoc, numérotés eux-mêmes.
Ces fiches sont blanches it riuihliluées soit par du pa- ' pier résistant, soit par du «arlon léger; nous préférons 11) carton, malgré l'avis de la sous-commission de laConléreiici; de llruxelles, parce (jue les inlircalalions sont beaucouj) [dus rapides, et parce que le jiapier se froisse trop facileinenl au cours des manipulations, s'envole troji farjlciiiint au moindre vmt qui d'aventure s'engouffre dans b's cartons. On li's intercale entre des fiches do classement coloriées, qui doivent, à notre avis, être également en carton et qui sont un peu plus hautes que
les autres. Elles porteijt de même les nombres classifioatcurs. Leur couleur (et à la rigueur leur format) varie avec le degré de la division qu'elles servent à indiquer; nous avons coutume de les appeler Fiches à 3, 4, 5, 6 chiffres, etc. ; car, en médecine, nous sommes déjà arrivés aux nombres classificateurs de huit à dix chiffres, devançant ainsi MM. Dewey lui-même.
Chaque fiche bibliographique est établie d'après une méthode qui ne varie pas, quelle que soit la langue dans laquelle ait été publié le volume ou l'article de revue à cataloguer. Nous espérons que cette manière de faire, mise en honneur par les bibliographes américains (J. Billings, H. Field), et perfectionnée encore par nous-méme, sera bientôt universellement adoptée par tous les savants du monde entier. C'est d'ailleurs cette méthode que nous avons défendue et fait adopter à la commission de l'Association française pour l'avancement des Sciences, celle qui a été adoptée, au moins pour les grandes lignes, à la Conférence de Bruxelles.
(jiàce à ce système, chaque fiche peut servir aux hommes de science de tous les pays, puisqu'elle est toujours rédigée dans la langue du travail original auquel elle correspond, même quand il s'agit de la langue russe et des autres idiomes qui n'emploient pas les caractères latins : praticjue que ne suivait pas, à tort selon nous, l'Index Medicus: manière de voir que n'avait pas adoptée non plus le Directeur de l'Index Catalogue, probablement pour diminuer les frais d'impression des publications.
11 est vrai que, pour éviter certains inconvénients réels du procédé (beaucoup de savants, qui lisent les langues latines et anglo-saxonnes, ne connaissent pas les caractères russes), nous avons dû ajouter, sur les fiches russes ou autres, entre crochets [], la traduction en ,unc langue d'une connaissance plus facile (tantôt le français, souvent l'anglais, plus rarement l'allemand), du nom de l'auleur (pour pouvoir prononcer ce nom), du titre du travail (pour savoir de quel sujet il traite), et du nom du journal où il a paru.
Chaque fiche présente la disposition suivante. Iji tête, le nom de l'auteur, suivi au moins de l'initiale du inemier prénom entre parenthèses ou du prénom tout entier (1). Immédiatement au-dessous, au milieu de la ligne, pour(|u'elle saute de suite aux yeux en parcourant rapidement le texte de la fiche, l'indication de l'année au cours de laquelle le mémoire a été publié ou comniuni(iué à une société savante. Cette date de tèli- fixe li-s droits de l'auteur au point de vue de la priorité. Son inscription à cette place rend en outre les plus grands services ((uand, les fiches se trouvant classées dans leurs cartons, on a à ellectuer des recherches de telle à telle année.
(tii peut y ajouter des lettres sous formes d'exposants,
(1) No pas négliger, pour lu langue iingJaisQ, les initiales des deui prinoms, auxquelles tiennent surtuut le» Amâricaios,
M. M. BAUDOUIN. — LE PROBLÈME BIBLIOGRAPHIQUE
telles que a, 6, c, etc., en convenant que cet exposant indiquera les travaux successivement publiés par un auteur dans l'année considérée (II. Field).
Ainsi supposons ijuc M. Beycr ait fait, en 1804, trois travaux : le premier portera : 1894, le second 1894 a, le Iroisit'-mc, 1894 h, etc. De la sorte, avec cette simple donnée iBeyer, 1894 a), on peut désigner, au cours d'un travail, tdutle contenu d'une fiche bibliographii|iii', si longue soil-clle.
Puis vient l'énoncé intégral du litre duinénioirc ou du livre, sans que rien soit changé au libellé de l'auteur luimême. C'est là le seul moyen d'éviter les incnnyi-nicnts
nciiK l'Oin voi.lMK
RI<:TI.I<:R (Raoul).
lie l'eau en chirurgie.
i'aris, Inst. lut. de Bibl. seieiil., IK'.i:;
in-8°.