SCÈNE III
ARIDEE, STATIRE.
ARIDËE.
Madame, avez-vous vu le superbe Alexandre ?
Du pouvoir de vos yeux a-t-il pu se défendre? Consent-il?...
STATIRE.
11 n’a pas le temps de m'écouler;
Et. pour voir 6on cheval, il vient de me quitter.
aridee.
U cruel ! qu’avec lui j’ai peu de ressemblance !
Le sème sang, dit-on, nous donna, la naissance:
Mai< jamais nul cheval ne saurait partager Ce cœur que dans vos fers vous venez d engager .
Aux barrière* du camp, dès que je vous ai vue,
D’un tendre empressement mou Âme s est émue;
A travers les soldats vous ouvrant un chemin,
Je me suis présenté pour vous donner la main :
Hèlaa ! je l'ai sentie à l’instant embrasée :
Sans doute que la vôtre était électrisée.
Ce feu, qui tout à coup s’est glissé dans mes sens. Excite dans mon cœur...
STATIRE.
Seigneur, je vous entends:
Gardez-vous d’achever, vous alarmez ma gloire.
aridee.
Non le »in est Urè, madame : il faut le boire.
Moi qui devant le aexe humble, respectueux,
Sur les filles, jamais, n'osai lever les yeux;
Craignant jusqu'aux effets d'une ardeur innocente.
Ne leur parlai jamais que d'une voix tremblante, Aujourd'hui par l'amour tout à coup excité.
Je passe de la crainte à la témérité;
El mon cœur avec vous veut se mettre à son aise.
STATIRE.
Vous voulez donc traiter l'amour & la française ?
ARIDEE.
Vous en offensez-vous? Facile à me troubler,
Votre air impérieux m’a d’abord fait trembler :
Mais près de vous bientôt mon Âme apprivoise S’est promis en secret une ronquéte allée j Et vous avez pris soin de me faire entrevoir Que le sexe n’est pas aussi diable que noir.
STATIRE.
Si vous voulez pour vous que mon cœur s’attendrisse, Il faut que par vos soins mon ennemi périsse.
aridèk.
Qui?
Bucéphale.
O ciel !
STATIRE.
ARIDEE.
STATIRE.
Vous êtes interdit ?
ARIDEE.
Vous savez à la cour jusqu'où va son crédit, Et combien le roi l’aime.
STATIRE.
AU! c’est ce qui m’offense:
Je ne veux plus sur moi qu’il ait la préférence.
ARIDEE.
Pour vous plaire, faut-il devenir assassin?
Eli quoi!...
STATIRE.
Pour le tuer, gagnez son médecin !
Aiinti.
Philippe.
STATIRE.
J’entrevois votre poltronnerie;
Eh bien, seigneur, je vais moi-même à l’écurie;
Là, de mon ennemi je saurai m'approcher;
Je percerai ce cœur, où vous n'osez toucher.
Et mes sanglantes mains, sur moi-même tournées, Sauront du même fer joindre nus destinées;
Et, tout cheval qu'il esi, il me sera plus doux De mourir avec lui que de vivre avec vous.
ARIDEE.
Quoi qu’il m’en coûte, il faut calmer votre colère Oui, Philippe parait; je sais ce qu’il faut faire.
STATIRE.
J’entrevois le bonheur auquel vous prétendez,
Et je vous permettrai, seigneur... Vous m’entendez. Je vous laisse avec lui.