‹ La mort de Cavelier de La Salle [microforme]Chapitre 2 sur 3 · PRE · texte numérisé non relu

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On vient de voir comment les choses marchaient autour des grands lacs, La traite des pelleteries était la pomme de discorde de toutes ces régions. Les Troquois voulaient subjuguer les naticns de l'Ouest pour exploiter les fourrures de ces vastes contrées et les vendre aux Ang'uis. Les Français repoussaient toute mgérence des [roquois et des Anglais parmi les peuples dont ils étaient amis. La Salle, d’un autre côté, à la faveur de son privilège, gênait bon nombre de Français qui cherchaient à tratiquer dans l'Ouest—Duluth, Aubert, Lebert entre autres. Aussi M. de La Barre s'empressa-til de lier ses intérêts aux mécontents, pour évincer La Salle, dont les droits étaient devenus contestables. Lebert prit possession du fort Frontenac, à Cataracoui. Baugy se tixa aux Tlinois, mais tuutefois ne renvoya pas encore Henry de Tonty, lieutenant de La Salle. Nicolas Perrot gouverna la baie Verte. La Durantaye dirigeait tout cela de Michillimakinac, la capitale de l'Ouest, située à la porte du lac Michigan.

La Barre avait été gouverneur de la (ruyane, où il s'était distingué par des rapines sans nombre ; pourtant il n'avait point amassé de fortune. Au Canada, il espérait reprendre sa chance. Il fit à la colonie agricole de Québec, Trois-Rivières et Montréal, l'honneur de la considérer comme une pépinière de soldats placée fort à propos sous sa main pour soutenir par les armes ses entreprises privées. Dans la longue liste des gouverneurs que la France a expédiés vers ses possessions d'outre-mer depuis trois siècles, on voit trop souvent des hommes de ce type ; aussi quelle triste histoire que celle des colonies françaises !

Depuis 1679, sinon avant cette date, Aubert de La Chesnaye et cinq où six autres traiteurs de pelleteries, payaient au Roï 13,000 écus par année pour le droit de commercer avec les Sauvages. Cette compagnie était hostile à La Salle, et le devint davantage lorsque M. de La Barre eut associé ses intérêts aux siens.

M. de Lu Barre avait expédié Charles Lemoine chez les Troquois (l'Etat de New-York à présent), pour les induire à ne point rompre avec les Français, et surtout retenir leurs armes, qu'ils manaçaient de tourner contre les nations de l'Ouest, nos alliés. Il dit qu'il envoyait aussi trente bons hommes, avec de la poudre et du plomb, à Michillimakinac. Le 20 juillet 1683, treize Tsonnontouans se présentaient à Montréal, gagnés par l'influence de Lemoine. A la fin d'août, Duluth s'occupait dans l'Ouest d'étudier la marche des [roquois atin de savoir où leurs bandes chercheraient à porter coup; ses émissaires furent pris, ce qui n'était pas rassurant.

Done au moment où La Salle retournait en France, les Iroquois s'avançaient résolument vers l'Ouest par la rivière Ohio. Leur but était de s'emparer du commerce des pelleteries ; ils étaient stimulés par les Anglais d’Albany et d’ailleurs, qui leur promettaient des prix d'achat plus élevés que ceux offerts par les Français.

Quatorze hommes, employés par les entrepreneurs de traite que le gouvernement de Québec favorisait, avaient pénétré jusqu'aux Illinois où

les gens de La Salle n'étaient plus considérés comme chez eux. C'étaient René le Gardeur de Beauvais, Eustache Provost, Jean Desrosiers dit Tremble, François Lucas, Joseph de Montenon sieur de Larue, Antoino Desrosiers dit Lafresnaye, Jacques Baston, Jean Pilotte, Martin Foisy, Laurent Benoît dit Livernois, Jean Lahuye, Jacques Mongeau, Jean Hautdecœur et un nommé Brunet dit Létang. Ils étaient partis de Michillimakinac le 10 août 1683 et étaient arrivés le 10 décembre à la rivière Téatiki (Kankaki), où ils hivernèrent. Le 23 février, Baston, Létang, Lucas et Livernois était allés à la chasse à 6 lieues au-dessus de leur campement, firent la rencontre d'émissaires iroquois avec lesquels ils vécurent quatre ou cinq jours et apprirent d'eux que de fortes bandes de cette nation étaient répandues par tout le pays. Le 8 mars, les Français se mirent en route pour descendre la rivière Téatiki atin de se rendre à Saint-Louis du Rocher, mais le 10, au passage d’un rapide, deux cents Tsonnontouans (Iroquois) les surprirent et pillèrent leurs sept canots, avec un sans façon, une sorte de politesse à la sauvage qui stupétièrent nos Canadiens. Charles Lemoine, disaient les froquois, les avait autorisés, au nom de M. le wouverneur, à en agir ainsi envers les Français qu'ils rencontreraient aux Illinois. Il paraît bien que c'était vrai pour ce qui concernait les gens de La Salle, mais pas pour ceux de Te Gardeur qui appartenaient à M. de La Barre!

Arrivés à la rivière des Hlinois, les [roquois laissèrent les Français libres d'aller où ils voudraient, à condition de ne point approcher du fort Saint-Louis, situé sur cette rivière. Ceci se passa le 14. Le 19, les Français rencontrèrent trente Mascoutins qui leurs donnèrent à manger et leur fournirent des guides pour se rendre à un village d'Outagamis. Le 21, les Iroquois, ayant ravagé le plus de pays possible, attaquèrent le fort Saint-Louis, mais chargés par Tonty et Baugy, ils reculèrent.

On peut voir là-dessus le mémoire de Gédéon de Catalogne, où le fait est rapporté d’une manière un peu différente et même rejeté dans l’année 1682. Toutefois, la déclaration de Le Gardeur devant le Conseil souverain est préc se et doit être acceptée de préférence au témoignage d'un homme qui n'était pas sur les lieux et ne fut jamais mêlé à cette atfaire. M. de Belmont, prêtre du séminaire de Saint-Sulpice, écrivait de Montréal : Le P. Potier, qui descend des Outaouas, apporte la nouvelle que les Jroquois avaient pillé les 16,000 livres de M. de La Barre ; de plus qu'ils avaient assiégé le fort Crèvecœur où était le chevalier de Baugy, ce qui mit M. de La Barre en fureur et tous les marchands intéressés.”

Le P. Henri Nouvel, jésuite, qui demeurait aux Outaouas depuis dix ans, écrivait de Ja mission de Saint-François-Xavier de la baie Verte, à M. de La Bar'e, le 23 avril 1684, qu'il sympathisait avec les Français “pillés vers la rivière aux Miamis ” ‘; il ajoutait que, peu après, les

1 La rivière des Miamis ou Saint-Joseph se décharge au sud-sud-est du lac Michigan ; on la remontait jusqu'au coude qu'elle forme dans la direction du sud, et, par un portage de 2 lieues, on arrivait à la rivière Téatiki, affluent de l'Illinois.

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Iroqrois avaient attaqué le fort Saint-Louis où M. de Baugy s'était défendu vaillamment, 11 se garde bien de dire que Tonty mérite les mêmes éloges, car Tonty est l'employé de La Salle. M. de La Durantaye édifie beaucoup ie P. Nouvel ; cet officier est parti avec le P. Allouez pour secourir M.de Baugy. Enfin il paraît content de la situation. M.de La Barre, les jésuites, La Chesnaye, Lebert, tratiquants de fourrures, étaient tous de la même société. Il faut lire ce que Pierre Radisson raconte de ses entrevues avec ces personnages, au sujet de la traite.

M. de Baugy s’efforçait de détacher les gens du fort Saint-Louis des Illinois des intérêts qu'ils avaient toujours eus avec La Salle. Le 21 mai, La Dvurantaye ordonna à Tonty de quitter la place et de se rendre à Québec.

Il ne restait plus de représentant de Ta Salle aux Illinois ni dans l'Ouest. Les trois principaux postes, ceux de Michillimakinac, la baie Verte et Saint-Louis étaient aux mains des fidèles de M. de La Barre, Il faut dire que la baie Verte et Michillimakinac n'avaient jamais appartenu à La Salle, mais au gouvernement, ou au Roi, comme on disait. La Salle avait eu Cataracoui (fort Frontenac), le poste de Niagara et ensuite deux ou trois autres stations sur le tracé de Chicago au Mississipi, M. de La Barre le chassait de partout, sans se douter que, dans ce moment même, le Roi rétablissait ses pouvoirs dans les pays où ce découvreur avait marqué son passage par l'érection d’un fort ou d'une bâtisse quelconque, (Margry, Mémoires, J, 614; IT, 27,838-47.)

La Salle en France, 1684.— Depuis 1675, La Salle avait possédé le fort Frontenac (Cataracoui) sur le lac Ontario par autorisation spéciale du Roi pour faire le trafic des pelleteries. Le commandant qu'il employait dans ce poste se nommait François Daupin, sieur de Ta Forest, né en 1648, fils d’un lieutenant de la maréchaussée de Paris. En 1683, les marchands Lebert et Aubert, que M. de La Barre mettait en possession du fort, avaient proposé au commandant de devenir leur associé, mais il préféra suivre La Salle en France, et nous les retrouvons ensemble à Versailles au printemps de 1684, durant les négociations qu'ils eurent avec le ministre des colonies au sujet des affaires de La Salle, de la situation du commerce des fourrures, des découvertes et des établissements à créer dans le Centre-Amérique. (Gravier, Découvertes, 218.)

Le P, Louis Hennepin, récollet, était parti de France avec La Salle en 1675,et l'avait suivi dans l'Ouest en 1682, d'où il était retourné à Québec l'été de cette année, annonçant la découverte des bouches du Mississi pi ; puis, continuant son voyage vers la France, ilobtint, le 3 septembre, la permission d'imprimer un livre qui vit le jour à Paris le 5 janvier 1683, sous le titre de Description de la Louisiane nouvellement découverte (NE.

Dionne, Hennepin, pp. 9, 13-4, 17,22). L'ouvrage avait capturé l'attention de la cour et de la ville lorsque, vers la fin de 1683, La Salle rentra en France.

La Salle voulait fonder une colonie à l'entrée du Mississipi, la relier par des postes sur ce grand fleuve, avec ses forts où comptoirs des Illinois, où commandait Tonty; de à on communiquerait avec le lac Ontario, où setiendrait La Forest, et ainsi l'on sortirait comme l'on entrerait au milieu du continent, pur deux portes françaises : le Saint-Laurent et le Mississipi.

Le Roi mit de côté ses préventions contre La Salle, prescrivit de lui fournir des vaisseaux et dicta pour le gouverneur de Ta Barre 1 lettre suivante en date du 10 avril 1684 :

“ J'ai apris que vous aviez pris possession du fort Frontenac, propriété du sieur de La Salle, chassé ses hommes, souffert l'invasion ct la dévastation des terres, et que même vous avez dit aux Froquois qu'ils pouvaient se saisir de lui comme d’un ennemi de la colonie. Si cela est, il faut réparer l'injustice que vous lui avez fuite et remettre toutes ses propriétés aux mains du sieur de La Forest, parce que je suis satisfait que ce fort n'a pas été abandonné, comme vous me l'avez écrit,” (Gabriel Grravier, Découvertes, p. 242.)

Aujourd'hui, l'étincelle électrique portrait cette dépêche de Versailles aux Illinois en quelques minutes, mais il y a deax cent quatorze ans, les messagers les plus rapides étuient, sur l'océan, un pauvre voilier, et sur nos rivières le canot d'écorce du sauvage. Il s'écoulu cinq mois avant que l'ordre ne parvint à Québec, et sept ou huit mois de plus pour atteindre le fort Saint-Louis, comme nous l'expliquons plus loin.

Par lettres patentes du 14 avril 1684, La Salle fut nommé vice-roi de l'Amérique septentrionale depuis le fort Saint-Louis des Illinois jusqu'à la Nouvelle-Biscuye. (Gabriel Gravier, Découvertes de La Salle, p. 241.) Le comte d'Estrades était alors vice-roi de l'Amérique ; il mourut en 1686. Cette charge ne signifiait rien. Quant à La Salle, s'il eût réussi dans ses entreprises, il se fût trouvé indépendant du gouverneur général du Canada et vraiment le vice-roi du Mississipi et de la Louisiane, jusqu'aux possessions espagnoles du Mexique, ou Nouvelle-Bisciye.

L'embarquement devait se faire au port de Rochefort, situé un peu au sud de La Rochelle. Les ordres à cet eftet sont du 15 avril 1684.

La Potherie (II, 143, 148-9) s'exprime d'une manière étrange sur cet instant de la carrière de La Salle : “ Etant repassé en France, l’automne de 1683, la grâce singulière que le Roi lui accorda fut de commercer seul dans tous les pays qu'il avait reconnus”, Il faudrait ajouter que cette grâce l'envoyait à ses propres dépens (moins les vaisseaux) au golfe du Mexique, d'où il ne revint pas.

En mai 1684, alors que l’on préparait les navires pour la double expédition du golfe du Mexique et du Canada, La Salle, à Paris, rue de la Truanderie, paroisse Saint-Germain, tâchait de mettre de l’ordre dans ses affaires ; mais, Comme de coutume, il n’y parvenait point. Il n'avait aucun esprit de calcul, ni de suite dans les idées. Toute chose se présentait à lui

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sous la forme du sentiment, de la couleur brillante, de la gloire en un mot! On sait combien sont malheureux dans les résultats les gens qui considèrent le monde en artistes. Il était de cette nature, Ses bailleurs de fonds le prenaient pour un bomme pratique ; ils se trompaient, De son côté, il trouvait tout naturel d'employer leur argent à agrandir les possessions françaises et à s'acquérir une renommée, mais il ne parvint qu'à entraver la colonisation du Canada, en attirant la jeunesse dans les contrées lointaines où rien ne pouvait être fondé ni pour l'honneur de la France ni pour le bénétice de notre population.

Il s'agissait d'un règlement de comptes pour la période de 1578-83, et ce n'était pas chose facile puisque la traite des fourrures n'avait jamais été florissante à C'ataracoui, Saint-Louis et Crèvecæur, par suite de l'abandon que La Salle faisait de ses postes pour courir les aventures. Le nouveau projet néanmoins décida nombre de personnes de Paris et de Rouen à risquer des fonds, tant pour combler les anciennes dettes que pour faire face aux déjrenses futures. Les amis et les parents du découvreur lui contièrent ce qu'ils possédaient en valeurs réalisables. On sait que le tout fut perdu et que La Salle périt de la main même de ses actionnaires, ou du moins de ceux qui l'avaient suivi au golfe du Mexique.

Le 5 mai 1584, François Plet, son cousin, marchand bourgeois de Paris, demeurant rue Saint-Martin, paroisse Saint-Nicolas-des-Champs, règle ses comptes avec La Salle :

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La moitié de ce solde sera payée par La Salle en versements aux créanciers de Plet, et le résidu sera payé à Plet par ar ent ou marchandises. Plet a hypothèque pour cette tin sur tous les biens de La Salle et spécialement sur le fort Frontenac, (Margry, II, 415.)

De Québec à l'ataracoui.—Nous approchons des événements qui vont produire la guerre des Iroquois, une guerre qui durera de 1684 à 1699, allumée en premier ‘ieu par la cupidité du gouverneur général et poursuivie à la faveur de diverses complications politiques imprévues.

La campagne de 1684 n'a pas eu pour cause unique les difficultés de 1683, dont nous avons dit un mot. {lle a été amenée de longue main par le système que la France a toujours suivi dans ses entreprises coloniales, savoir : risquer une guerre s'il le faut, mais favoriser le commerce du Roi, et ne tenir aucun compte des embarras dans lesquels peuvent se trouver les colons lorsqu'on les oblige à prendre les armes pour une causc qui leur est étrangère. Le monopole est l'essence de toute administration française. Le peuple est forcé de soutenir la guerre dans l'intérêt de quelques marchands qui payent une somme fixe au souverain, A vrai dire, la

France n'a jamais eu de colonies, mais seulement des comptoirs pour acheter ce que le pays dornait le plus facilement. En Canada la traite des peaux sauvages était le seul objectif de l’administratiun. La colonie agricole s'est fondée seule à travers cette politique détestable, La traite rapportait des bénétices à courte échéance, tandis que le travail des champs, dans un nouveau sol, n'enrichit personre avant d'avoir passé par des développements longs et coûteux. Les bureaux français n’ont jamais eu la patience de procéder d'une manière sûre, parce qu'ils ont voulu jouir tout d'abord de ce que les colonies pouvaient leur donner sans beaucoup de peine. De là ce que le monde sait : la France n'entend point la colonisation. Au Canada, elle a fait tout ce qui lui était possible atin de ruiner les habitants assez courageux pour entreprendre de la culture et travailler en vue de l'avenir. Dans sa hâte de ramasser au plus vite ce qui se présente à fleur de sol, li France n'arrive jamais à rien fonder, La moitié de nos hommes étaient déjà enlevés à l'agriculture pour servir ie commerce des castors en 1684; l'autre moitié allait ét» forcée de prendre les armes dans l'intérêt de ce même tratic.

Après le départ du régiment de Carignan (1669) nous n'aviors eu que deux ou trois cents hommes de troupes pour garder les forts. Ce détachemert était payé et entretenu par le ministère de la marine, mais il ne renfermait guère de marins, si toutefois il y en avait dans ses rangs. Nos registres portent toujours : ‘“ troupe de la marine ”, et cela est cause de nombreuses confusions lorsque l’on cite les pièces se rattachant à cette classe de militaires,

M. de La Barre, qui remplaçait le comte de Frontenac, ne fut pas plus tôt nommé à «e poste qu’il demanda du renfort pour augmenter :* détachement en question, et le Roi lui en accorda. Le 9 novembre 1683 arrivèrent à Québec trois compagnies de cinquante-deux hommes chacune, commandées par ies capitaines d'Hosta. Aubry et autres. Ce faible secours intimida les Iroquois, dit-on ; cependant ceux-ci reprirent bientôt leur assurance ordinaire, comme nous l'avons vu en parlant du pays des Tlinois.

Gédéon de Catalogne, enseigne dans les compagnies arrivées l'automne de 1683, dit dans son journal : “ Dès le petit printemps de 1684, on fit partir de Québec un détachement de soldats pour fortifier le fort de Frontenac où Cataracouï. et Je reste des troupes fut mis sur deux barques jusqu'à Montréal ”.

La première opération militaire consistait à mettre en état de défense le fort Frontenac et en faire la base des mouvements de l'armée sur le lac Ontario, dans le cas où la guerre serait déclarée.

D'après les papiers publiés par Pierre Margry (IL, 12), La Salle avait une maison à l'entrée de la rivière Niagara, en 1684 ; on y allait de Cata- ‘acoui en deux jours, au moyen de barques.

Les créanciers de La Salle, ne voulant pas tout perdre, avaient placé François Lenoir dit Rolland, marchand de Tsachine, à la tête des affaires

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