PREFACE XIX
Entre autres, cette vision de terreur et de justice où comme un reflet des hantises shakespeariennes, apparaît un fantôme pareil à ceux qui visitaient les sombres cauchemars de Macbeth ou de Richard III.
Wilhelm II, empereur allemand. — comme le César de Louis Bouilhet — rêve, loin de ses capitaines, au bord d'une route déserte.
Courbé sous tout le poids de l'avenir humain.
il médite, il suppute le néant des conquêtes, les mensonges de l'orgueil :
Ouot libras in duce summo ? Un hoquet monte à ses lèvres, la nausée expiatoire du sang répandu. Alors, devant le misérable Empereur se dresse tout à coup le spectre inévitable, annonciateur de la défaite, de la ruine et du trépas.
PREFACE
C'est un humble, un soldat, un mutilé sans plus de la Grande Guerre. Il écarte les présents du Maître, le maudit et l'exècre dans chacune de ses libéralités. Il prononce devant le Kaiser livide ces mots fatidiques entendus jadis par un autre assassin : Despair and die, désespère et meurs ! meurs emportant avec toi les larmes des mères, le sang des hommes et les malédictions de l'Univers !
Tel est en substance, le premier livre « littéraire » de M. Jean Hennessy.
Déjà, il renferme plus et mieux que des promesses, malgré quelques inadvertances et je ne sais quelle gaucherie ingénue. En dépit de maladresses charmantes qui signalent, aux yeux des