DIVERSES VOIX
L'ordre du jour! — L'ordre du jouri — Personne ^ n'a parlé de lui I
TALLIEN
Un membre inculpé doit avoir le droit de répondre*
ROBESPIERRE
Citoyens, il est diflOicile sans doute de répondre à la plus vague, à laplus chimérique des imputations. J'y répondrai ce pendant. C'est moi qui, dans l'assemblée constituante, ai, pendant trois ans combattu toutes les factions; c'est moi quiai combattu contre la cour, dédaigné ses présents, méprisé les caresses du parti plus sédui-
DEUXIÈME PABTIE. 19d
sant, qui, sous le masque du patriotisme, s*était élevé pour opprimer la liberté...
PLUSIEURS VOIX
Ce n'est pas la question !...
ROBESPIERRE
C'est moi dont le nom fut lié avec tous ceux qui défendirent avec courage les droits du peuple ; c'est moi qui, en bravant les clameurs liberticides des uns, arrachai encore le masque dont se couvraient les Lameth et tous les intrigants qui leur ressemblaient; c'est Daoi...
LECOmTE PUYRAVEAU.
Robespierre, ne nous entretiens pas de ce que tu as ^3it à la Constituante; dis-nous simplement si tu as aspiré à la dictature ou non...
On applaudit.
ROBESPIERRE
TUn des membres qui m'interrompent suppose que je ^ois répondre simplement à cette question : Avez- vous I^X'Oposé la dictature ou le triumvirat ? Je dis que si je ^^pondais par une simple dénégation, je n'aurais rien ^^^it. Je dis que je ne suis pasaccusé. Je dis quecetteac- ^^'^sation est un crime. Je dis que cette accusation n'est I^^s dirigée pour me perdre, mais pour perdre la ^^Ixose publique ; qu'il n'est pas un homme qui osât ■*^*^*accuser en face ; qu'il n'en est pas un qui osât mon- ^^x* à la tribune, et ouvrir avec moi une discussion
^aime et sérieuse S'il en est, qu'il se montre.
LOuvET, avec feu.
Moi !... Oui, Robespierre, c'est moi qui t'accuse I
194 LA MORT PB I^QinS XVI.
Il s'élance vers la tribune. — Robespierre pâlit et regagne sa place. DIVERSES VOIX,
L'ordre du jour I — C'est assez 1 — Au?: voix !... — Non, Louvet à la tribune ! — L'ordre du jour ! — Parle I parle !
DANTON
Je demande qu'il soit permis à Louvet de tQuclier le mal et de mettre ie doigt dans la blessure.
LOUVET
Oui, Danton, je vais le toucher; mais ne crie donc pas d'avance. [On rit.} Ce fut dès le mois de janvier dernier qu'on a dû remarquer aux Jacobins un parti, faible de moyens et de nombre, mais fort d'audace et de toute espèce d'immoralité ; parti qui s'était venu jeter au milieu de nous pour couvrir de notre nom glorieux son nom justement suspect; pour pervertir notre institution à son profit, et contre uous-mêmes ; pour fatiguer, persécuter, inquiéter quiconque essayait, de ramener à sa pureté primitive cet établissement, maintenant si misérable qu'il ne lui reste en vérité que son titre, dont les usurpateurs abusent pour y faire entrer encore quelques gens de bien cruellement trompés.
Une explosion de murmures part du sommet de la montagne.
PLUSIEURS VOIX
Silence aux Jacobins!...
LE PRÉSIDENT
Je vous^ rappelle, citoyens, que toute interpellatloiLi est proscrite par le règlement.
Le silence se rétablit.