ELISABETH
Mon pauvre frère 1... Que de monde il y a dans les cours et dans les rues adjacentes !...
LA REINE
Oui, des canons... de la cavalerie... Mais le maire !... UN MUNICIPAL, tirant sa montre avec humeur.
Ne vous occupez pas du maire, et dépêchez-vous... C'est trop de temps pour déjeuner. {Au Roi.) Monsieur, c'est assez; levez-vous, et que Madame se retire.
Xja Reine, Madame Elisabeth et Madame Royale se retirent. Leurs physionomies et leurs gestes disent tout ce qu'elles éprouvent.
LA REINE
Grand Dieu! protégez le Roi!
XE ROI, après quelques instants de silence au Dauphin,
Mon fils, nous remettrons votre leçon de géographie â demain.
LE DAUPHIN
Merci, bon petit papa. Eh bien ! alors nous allons laire une partie de siam.
LE ROI
Je voudrais prendre quelque repos, mon fils, laissezmoi...
LE DAUPHIN
Ohl je vous en prie, une petite partie de siam!
LE ROI
Laissez... nous verrons plus tard.
LE DAUPHIN
Je parie que ce sont encore ces vilains tambours qui vous ont empêché de dormir. {Il va pour s'adresser aux municipaux.) Dites donc, Messieurs. . .
LE ROI, le retenant.
Venez, mon fils... Ces Messieurs font leur devoir ; nous ne saurions rien exiger d'eux.
LE DAUPHIN
Eh bien! faites une partie de siam.
LE ROI
Tout à l'heure.
ARBALESTiER, se levant précipitamment.
Monsieur, je vous annonce que vous allez recevoMi -^Dir la visite du Maire.
Quand il voudra.
ARBALESTIER
Mais je vous préviens que M. le Maire ne voiz-P' ^uj parlera pas en présence de votre fils.
LE ROI, avec anxiété.
Et pourquoi ?
ARBALESTIER
Parce que la commune ne le veut point. Faites retira ''^•^ votre fils.
LE ROI, faisant approcher son fils.
Embrassez-moi, mon fils; embrassez pour moi votr:^^^ mère. — Cléry, vous pouvez l'emmener.
LE ROI {se promenant), à ArMlestier, Monsieur, savez-vous, ce que le Maire peut avoir "^ me dire ?
ARBALESTIER
Je l'ignore,
LE ROI
Vous savez au moins quel homme est M. le Maire s'il est grand, petit, jeune ou vieux