TROISIÈME PARTIE
Louis entre à la barre ; le maire, deux officiers municipaux, les généraux Santerre et Witenkof entrent avec lui. Santerre tient la main sur le bras du Roi, et le conduit ainsi jusqu^à sa place, qui a été fixé en fa.ce du bureau. — Un profond silence règne dans rassemblée.
LE PRÉSIDENT
Louis, la nation française vous accuse. L'assemblée nationale a décrété, le 3 décembre, que vous seriez jugé par elle ; le 6 décembre, elle a décrété que vous seriez traduit à sa barre. — Vous pouvez vous asseoir.
Louis, le peuple français vous accuse d'avoir commis une multitude de crimes pour établir votre tyrannie en détruisant la liberté. — Vous avez, le 20 juin 1789, attenté à la souveraineté du peuple, en suspendant les assemblées des représentants et en les repoussant par la violence du lieu de leurs séances. La preuve en est dans le procès-verbal dressé au Jeu-de Paumes de Versailles parles membres de l'Assemblée Constituante. Le 23 juin, vous avez voulu dicter des lois à la nation ; vous avez entouré de troupes ses représentants ; vous leur avez représenté deux déclarations royales, éversives de toute liberté, et vous leur avez ordonné de se séparer. Vos déclarations et les procès-verbaux de l'assemblée constatent ces attentats. — Qu'avez-vous à répondre ?
LE ROI
Il n'existait pas de lois qui m'en empêchassent.
LE PRÉSIDENT
Vous avez fait marcher une armée contre les citoyens de Paris. Vos satellites ont fait couler le sang de plusieurs d'entre eux, et vous n'avez éloigné cette armée
ééÔ LA MORT DE LOUIS XVI.
qife lorsque lia prise de la Bastille et rinsurrèction générale vous ont appris que le peuple était victorieux. — Qu'avez-vous à répondre ?
LE ROI
J'étais le m^utre de faire marcher des troupes dans ce temps-là; mais je n'ai jaîngds eu l'intention de répandre le sang.
LE PRÉSIDENT
Après ces événements, et malgré les promesses que vous aviez faites, vous avez persisté dans vos projets contre la liberté nationale ; vous avez longtemps refusé de reconnaître la déclaration des droits de l'homme ; vous avez doublé le nombre de vos gardes du corps ; vous avez permis que, dans des orgies faites sous vos yeux, la cocarde nationale fût foulée aux pieds, la cocarde blanche arborée, et la nation blasphémée. Enfin vous avez nécessité une nouvelle insurrection, occasionné la mort de plusieurs citoyens.— Qu'avez-vous à répondre ?
J'ai fait les observations que j'ai crues justes siu: les deux premiers objets. Quant à la cocarde, c'est faux; cela ne s'est pas passé devant moi.
LE PRÉSIDENT
Vous aviez prêté, à la fédération du 14 juillet, un serment que vous n'avez pas tenu. Bientôt vous avez essayé de corrompre l'esprit public à l'aide de Talon, qui agissait dans Paris, et de Mirabeau, qui devait imprimer un mouvement contre-révolutionnaire aux provinces. — Qu'avez-vous à répondre ?
LE ROI
Je ne me rappelle pas ce qui s'est passé dans ce