‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 147 sur 212 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

{emps-ïà; Waisle {oui est antérieur â mon acceptation delà constituiéLori.

LE PRESIDENT

Vous avez ir^'andu des millions toiâr effèctiier cette corri^tibh, et vous avez voulu faire de la populiaritè même un moyen à'asservir le peuplé. — Où'avèz-vous à répondre 1

LE ROI

Je n'avais pas de plus grand plaisir que de donner à ceux qui avaient besoin ; cela ne tient à aucun projet.

LE PRÉSIDENT

Le 28 février, une multitude de nobles et de militaires se répandirent dans vos appartements, au château des Tuileries, pour favoriser votre fuite. Vous voulûtes, le 18 avril, quitter Paris Jpour vous rendre à Saint-Cloud. — Qu'avez- vous à répondre?

LE ROI

Cette accusation est absurde.

LE PRESIDENT

L'argent dii peuple â cependant été prodigué pour assurer le succès de cette trahison et celui de votre fuite k Vàrennes. . . . Ces faits sont prouvés par le méonèiré du & février, apostille dé voirè inâin ; par vôtre riiéciàrâtioii du S6 juin, tout entière de votre écriture ; par votre lettre du 4 septembre 1790, à Bouille, et par mnë note dé celui-ci, dans laquelle il rend comjpte de l'einjjloi des 993,000 livres données par vous, et employées, en partie, à la corruption dés troupes qui devaient vous accompagner.

• LE RÔI.

Je n'ai àùcùhë connaissance dû mémoire du 23 février. (Sûâiit â ce qiïî est relatif i, mon vojr'à^e âe "ira-

rennes, je m'en réfère à ce que j'ai dit aux commissaires de l'Assemblée Constituante dans ce temps-là.

LE PRESIDENT

Le 19 juillet, le sang des citoyens fut versé au Champde-Mars. Une lettre de votre main, écrite en 1790, à Lafayette, prouve qu'il existait une coalition criminelle entre vous et lui, à laquelle Mirabeau avait accédé. Vous avez payé des libelles, des pampMets, des journaux destinés à pervertir l'opinion publique, à discréditer les assignats, à soutenir la cause des émigrés. Les registres de Septeuil indiquent quelles sommes énormes ont été employées à ces jnanœuvres liberticides. — Qu'avez-vous à répondre?

Ce qui s'est passé le 19 juillet ne peut aucunement me regarder; pour le reste, je n'en ai aucune connaissance.

LE PRESIDENT

Une convention avait été faite à Pilnitz, le 24 juillet, entre Léopold d'Autriche et Frédéric Guillaume de Brandebourg, qui s'étaient engagés à relever en France le trône de la monarchie absolue, et vous vous êtes tu sur cette convention jusqu'au moment où elle a été connue de l'Europe entière. —Qu'avez-vous à répondre?

LE ROI

Je l'ai fait connaître sitôt qu'elle est venue à ma connaissance; au reste, tout ce quia trait à cet objet, par la constitution, regarde les ministres.

LE PRÉSIDENT

Vous avez envoyé ving-deux bataillons contre les Marseillais qui marchaient pour réduire les contrerévolutionnaires arlésiens.— Qu'avez-vous à répondre?

TROISIEME PABTIB. 229

LE ROI

Il faudrait que j'eusse les pièces pour répondre à cela.

LE PRÉSIDENT

Vous avez payé vos ci-devant gardes-du-corps à Coblentz; les registres de Septeuil en font foi, et plusieurs ordres signés de vous constatent que vous avez fait passer des sommes considérables à Bouille, Rochefort, Lavauguyon, Choiseul-Baupré, Hamilton etla fe mme Polignac. — Qu'avez-vous à répondre?

Aussitôt que je connus la formation de mes gardesdu-corps de l'autre côté du Rhin, je défendis qu'on les payât; pour le reste, je ne m'en souviens nullement.

LE PRÉSIDENT

Vos frères, ennemis de l'état, ont rallié les émigrés sous leurs drapeaux ; ils ont levé des régiments, fait des emprunts et contracté des alliances en votre nom : vous ne les avez désavoués qu'au moment où vous avez été Certain que vous ne pouviez plus nuire à leurs projets. "Votre intelligence avec eux est prouvée par un billet écrit de la main de Louis-Stanislas-Xavier, souscrit par "Vos deux frères (1).

(1) Voici ce biUet :

« Je vous ai écrit ; mais c'était par la poste, et je n'ai pu rien v^ous dire. Nous sommes ici deux qni n'en font qu'un : mêmes senti- ^^xients, mêmes principes, même ardeur pour vous servir. Nous gardons le silence, mais c'est que, le rompant trop tôt, nous vous compromettrions. Mais nous parlerons dès que nous serons sûrs de l'appui général, et ce moment est proche. Si l'on nous parle de la part de ces gens-là, nous n'écouterons rien ; si c'est de la vôtre, nous écouterons, mais nous irons droit notre chemin. Ainsi si l'on veut

LE ROI

J'ai désavoué toutes les démarches de mes frères, suivant que la Constitution me le prescrivait, et aussitôt que j'en ai été instruit. Jp n'ai aucune connaissance de ce billet,

Vous avez donné mission aux commandants des troupes de désorganiser l'armée, et de pousser les récipients entiers à la désertion^ Le fait est prouvé par la lettre de Toulongeon, commandant dans la Fç3.pçh,e- Comté. — Qu'avez-vous à répondre ?

LE ROI

11 n'y a pas un mot de vrai dans cette accusation.

LE PR,BSIDENT.

Vous avez chargé vos agents diplomatiques de favoriser la coalition des puissances étrangères et de vos frères contre la France. Une lettre de Choiseul-Gouflaer, ambassadeur à Constantinople, établit le fait. ~ Qu'avez-vous à répondre ?

LE ROI

M.^ de Choiseul n'a pas dit la vérité.

LE PRÉSIDENT

Vous avez confié le département de la guerre à Dabancourt, neveu de Galonné ; et tel a été le succès de votre conspiration, que les places de Longwy et de

que vous nous fassiez dire quelque chose, ne vous gênez pas. Soyez tranqmlle sur votre sûreté ; nous n'existons que pour vous servir, nous y travaillons avec ardeur, et tout va bien. Nos ennemis mêmes ont trop d'intérêt à votre conservation pour commettre un crime inutile, et qui achèverait de les perdre. Adieu.

« Signés Louis-Stanislâs-Xavieb, et CHABLES-PHnjppE. >

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