‹ La mort de Louis XVI: Scènes historiquesChapitre 198 sur 212 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

BOSTON

Je ne dis pas cela...

MERCERAUT.

Il est vrai qu'on ne te croirait pas. — Tiens, Boston, tu es jeune; moi je ne le suis pas : retiens Jce que je vais te dire. Tu veux le bonheur des Français, n'est-il pas vrai ?

BOSTON

De tout mon cœur.

MERCERAUT.

Eh bien ! apprends que c'est un chancre que la nation avait... Tu entends cela, un chancre ! Or est-ce avec des adoucissannts et du miel que tu le guérirais? Encore une fois, il faut du fer pour extirper le mal ; plus tard il faudra du feu pour le cautériser. Souvienstoi de ce que je te dis là (1).

Le Roi ouvre la porte du cabinet où il s'était enfermé avec l'abbé Edgeworth.

MINIER

Ohé! ohé !... le v'ià. — Qu'est-ce que nous allons lui répondre?

LE ROI

Messieurs, je viens vous prier de me conduire vers ma famille.

MERCERAUT.

Cela ne se peut pas...

LE ROI

L'ordre de la convention est cependant précis.

(1) Quelle sinistre justification la commune de 1870 ne vient-elle pas de donner à cette horrible prophétie de l'un des clubs de 93 !

MERCERAUT.

Tout ce que vous voudrez : seulement, si vous le désirez, nous pouvons faire descendre votre famille.

LE ROI

Je pourrai au moins la voir seul dans ma chambre?

MINIER

Pas dans votre chambre ; dans la salle à manger si cela vous plaît.

LE ROI

Vous avez cependant entendu que le décret de la convention me permet de la voir sans témoin.

MERCERAUT.

Aussi serez-vous en particulier : on fermera la porte; mais pas le vitrage; nous aurons les yeux sur vous...

LE ROI

Faites descendre ma famille.

Il entre dans la salle à manger.

Salle à manger.

Cléry range la table de côté, et place des chaises dans le fond, afin de donner plus d'espace.

LE ROI

Cléry, il faudrait apporter un peu d*eau et un verre.

CLÉRY, sortant.

Oui, Sire, j'y vais.

LE Roi^ seul et à mi-^voix.

Quel coup je vais leur porter ! . . . ! Les abandonner pour toujours!... Dieu! que vont-ils devenir!

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