TROISIEME PARTIE
duites comme elles le devaient, c'est que, dans les moments de trouble et d*eflfervescence, on n'est pas toujours maître de soi (1).
LE DAUPHIN, se Jetant dans les bras de son père.
Mon pauvre petit papa !... mon pauvre père !... ne nous quittez pas !... restez toujours avec nous !.. .
LE ROI
Mon fils, c'est Dieu qui a parlé, ses lois sont irrévocables. Tu es encore bien jeune... te ressouviendras-tu de ce que je t'ai dit ?
LE DAUPHIN
Oh ! oui : d'aimer le bon Dieu, d'obéir à maman et à ma tante Elisabeth.
LE ROI
Oui, mon fils, et de ne jamais quitter la religion de tes pères.
LE DAUPHIN
Vous verrez, papa, que j'obéirai bien, et que vous serez content de moi.
LE ROI, essuyant ses larmes.
Aimable enfant !... J'aurais été si heureux !... Embrassez-moi... Dieu vous protégera...
Toute la famille reste long temps confondue dans les embrassements. Louis se lève enfin.
LA REINE
Déjà?... pour Dieu I ne nous quittez pas encore.
LE ROI
Il le faut.
(1) Charles 1*"^ dit aux lords qui prenaient congés de lui : — Je prie Dieu de votis envoyer de meilleurs amis que je n'en ai trouvés.
LA REINE
Non... accordez-nous au moins de passer la nuit avec vous
LE ROI
C'est impossible... Dieu m'appelle, et je dois me préparer à paraître à son saint tribunal... (Le Roi, ayant la Reine, ses enfants et Madame Elisabeth à ses bras et enlacés autour de lui, s' avance vers la porte, au milieu de leurs cris,) Je vous assure que je vous verrai demain matin, à huit heures.
LA REINE
Et pourquoi pas à sept heures ?>..
LE ROI
Eh bien! à sept heures... Adieu I adieu !...
Madame Royale tombe évanouie aux pieds du Roi. Madame Elisabeth et Cléry la relèvent. Le Roi la soutient aussi, et lui prodigue les plus doux embrassements. — 11 s'arrache tout à coup de leurs bras, et s'éloigne. — Cléry, aidant à soutenir Madame Royale, que sa mère et sa tante entraînent vers leur appartement, est arrêté par les municipaux, qui le brusquent et l'empêchent de monter l'escalier qui conduit à l'appartement de la Reine.