TROISIÈME PARTIE
Enfin il y est cependant, et il va cracher dans le sac... Définitivement, qu'est-ce qu'on en fait, à propos ?
Eh bien! on l'envoie au cimetière de la Madeleine. On y a préparé de la chaux vive : c'est l'affaire d'un jour ; le lendemain il n'y paraîtra plus.
Passe comme ça, parce qu'au moins y aura pas de trace; moi, j'étais pour la motion de Legendre.
Pas moi...
l^'' CANONNIER.
Laisse donc : il faut que le républicain s'habitue à tout, et je trouvais qu'un morceau de son indigne corps à chaque département était bien!... Mais, à chaque motion un peu patriotique, il y a toujours des platsgueux à qui le cœur manque....
V'ià quelque chose... j'entends les tambours...
Dn^ERSES VOIX.
Lev'là, le v'ià!
Quel grand jour pour la République !... tous les patriotes vont être frères.
FABRICIUS
Sauf les polissons qui ont voté pour l'appel.
Entendons-nous ; car remarque bien que s'ils n'ont pas voté la mort, ils n'en sont pas moins tous convenus qu'il était coupable.
FABRICIUS
Ça, c'est vrai; et il n'y a eu qu'un mot!... Je crois que c'est fini pour les têtes couronnées...
1®' CANONNIEE.
Un peu... Faut pas faire de bêtises cependant; faut laisser agir V Incorruptible. Mais... v'ià le mouvement qui augmente... il approche... Ah! ah! une voiture...
Tu veux dire un tombereau.
FABRICIUS
Non, regarde... c'est parbleu bien une voiture.
l^'' CANONNIER.
Et tu crois que c'est lui ?
FABRICIUS
Pas de doute : v'ià les gendarmes... les gardes nationaux, puis les piques...
Eh bien! ça me démonte... Quoi! tous les criminels ont été jusqu'à présent en charrette, et à lui, il l'y faut une voiture !
Il n'y a pas à dire, alors, il faut que dorénavant tout le monde aille à la guillotine en voiture.
FABRICIUS
Parlera-t-il?
Sacré nom, alors!...
Moi, je dis qu'on devrait le laisser parler.
Ah bien ! on en verrait de belles.