B ROI
Je vous réitère mes remercîments , Monsieur le Maréchal, pour la bonté que vous avez eue de ne pas m'abandonner dans cette crise. Je mets un grand prix à votre loyale conduite.
Le maréchal s^incline et se retire. — Entre Pétion.
Hé bien ! Monsieur le Maire, le calme est-il rétabli dans la capitale ?
PÉTION
Sire, le peuple vous a fait ses représentations.
Avouez, Monsieur le Maire, que la journée du 20 juin a été un grand scandale, et que la municipalité n'a pas fait, pour le prévenir, tout ce qu'elle aurait pu.
PÉTION
Sire, la municipalité a fait tout ce qu'elle a pu et dû
(1) Louis était d^une taille ayantageuse ; il avait les épaules larges, le ventre proéminent; il marchait en roulant une jambe sur l'autre. Sa vue était courte, ses yeux à demi fermés, sa bouche grande, sa voix creuse et vulgaire. Son air annonçait la gaité, non peut-être cette gaîté qui vient dW esprit supérieur, mais cette jbie cordiale de rhonnête homme, qui naît d'une conscience sans reproche. (Châteaubriardt Essai sur les révolutions^ tome II, page 10.)
faire; elle a mis sa conduite au grand jour, et l'opinion publique la jugera.
LE ROI
Dites la nation.
PÉTION
Elle ne craint pas plus le jugement de la nation entière.
LE ROI
Dans quelle situation se trouve la capitale ?
PÉTION
Sire, tout est calme.
LE ROI
Ce n'est pas vrai.
PETION
Sire...
LE ROI
Taisez-vous.
PÉTION
Le magistrat du peuple n'a pas à se taire quand il a fait son devoir et qu'il a dit la vérité.
LE ROI
La tranquillité de Paris repose sur votre responsabiUté.
PÉTION
Sire, la municipalité...
LE ROI
C'est bien, retirez-vous.
PÉTION
La municipalité connaît ses devoirs ; elle n'attend pas, pour les remplir, qu'on les lui rappelle.
Petion sort.