DEUXIÈME PARTIE
MAILLARD, dit TAPPE-DUR.
Que l'agitation est grande et qu'il est temps de nous znottre à l'ouvrage.
BILLAUD-VARENNES
As-tu des travailleurs?
TAPP&DUR.
i^lus qu'il n'en faut. A quelle heure?
DANTON
Dès que le canon et le toscin auront retenti.
TAPPE-DUR
Ca serait mieux le soir : ce n'est pas que le courage
xixaBque, mais c'est à cause des femmes. Dans tous les
oa^s, citoyen Billaud, je te demande des torches pour
aveugler ces chiens-là, en leur poussant le feu et la
fiimée à la figure, et pour qu'on ne les reconnaisse
pas; sans cela, nous aurions un tas de pleureuses qui
viendraient nous démolir.
MEURAND.
Tappe-Dur, parle-leur-s-y donc un peu de
TAPPE-DUR, à Billaud.
Ah I oui, sans doute qu'il y aura-s-à rafraîchir ?
BILLAUD
Je te l'ai dit.
MEURAND.
J'ai déjà soif que le gosier me brûle ; depuis le temps ^^e j'sommes à courir les sections.
TALLIEN
Tout a été prévu, camarades : le limonadier Cornu ^"tle marchand de vin de la rue Sainte-Marguerite ont ues ordres ; vous ne manquerez de rien.
MEURAND.
T'es un bon, toi
TALLIBN.
Eh bien ! puisque vous avez été dans les sections, qu'y dit-on ?
BiEURAND.
Que ça ira, et qu'ils le paieront, pour avoir dit dans leurs journaux que l'on mangeait, dans les guinguettes, de la viande de Suisse en pâté.
TAPPE-DUR
Allons, tais-toi, bavard.
MEURAND.
Voyons ! c'est-y prêt...
Il fait la démonstration de coucher en jouB.
BILLAUD-VARENNES
A propos, Maillard : pas de fusils ; des sabres, des piques et des massues ; peu d'armes à feu, ou pas du tout, cela fait du bruit ; il y aurait rumeur.
TAPPE-DUR
Rien que la baïonnette alors : c'est ce qu'il y a de mieux. Comme président, j'aurai mes pistolets sur la table ; les autres, je leur ferai mettre la lardoireau côté.
LEGENDRE
Te faudra aussi du vinaigre et des balais de houx. Faut avoir soin que le sang caillé ne reste pas, entends-tu ?
TAPPE-DUR
Laissez, tout est prêt.
BILLAUI>VARENNES.
Leur as-tu parlé des formalités ?
TAPPE-DUR
Pas encore, et je voulais savoir comment ça s'en-