DON
BOUREON.
Méprisez-vous, Fronsb erg, mes conseils et mes ordres? Verrai-je donc toujours régner mêmes désordres Parmi vos Allemands plus brigands que guerriers ? Us arrivent à peine, et, quittant leurs quartiers, Us se sont dispersés pour courir au pillage ! Assez de cruautés ont marqué leur passage. Déshonorant l'armée , ils n'ont que trop long-temps Attisé la vengeance au cœur des habitans! Eprouvons un revers et bientôt cette haine Sur nous de tous côtés éclate et se déchaîne. Nos ennemis déjà sont-ils trop peu nombreux? Qu'on nous attaque enfin lorsque ces malheureux, Dispersés loin du camp, se gorgent de rapine, Nous recevrons le prix de leur indiscipline.
Par des ordres pressans je les fais rappeler;
Pour vous, songez, Fronsberg , à mieux les surveiller.
FRONSBERG
Je n'ai sur mes soldats qu'une faible puissance ; Mais je vous répondrais de leur obéissance, Si de tant de travaux pour vous seul entrepris, Après tant de délais, vous leur donniez le prix.
BOURBON
De tout ce que j'avais, de mon propre bagage, Ne leur ai-je pas fait moi-même le partage? Est-il dans tout le camp plus pauvre chevalier? C'est la gloire et non l'or que cherche un vrai guerrier. Mais vous vous montrez, vous, de tous le plus avide, Et dans tous leurs excès votre exemple les guide.
FRONSBERG
La guerre à mes dépens est fort peu de mon goût ; Mais, quoi qu'on dise enfin, j'ai respecté partout Des paisibles bourgeois la demeure modeste; Et pendre par hasard un moine , horrible peste , Dépouiller, renverser des couvens odieux, C'est œuvre méritoire et qui doit plaire auxcieuxî
BOURBON
Quelle religion, malheureux ! est la vôtre, Si de pareils forfaits vous vous faites l'apôtre ! Fronsberg, Rome aujourd'hui verra sur ses remparts Ou de force ou de gré flotter nos étendards ;