ACTE 11, SCENE I
Faites que vos soldats, ivres de la victoire, Par d'infâmes excès n'en souillent pas la gloire. Pouvez-vous, voulez-vous, Fronsberg, les retenir? Ou faut-il que ma main, réduite à les punir, En fasse aux yeux de tous un effrayant exemple ? L'Europe , songez-y, nous voit et nous contemple. Enfin, puisque l'argent pour vous a tant de prix, Quand vos soldats auront tout saccagé , tout pris. Que vous restera-t-il d'une si belle proie ?
(à tous.)
De fortune et de gloire une brillante voie Nous est ouverte, amis, il faut en profiter. Si l'imprudent pontife ose nous résister , 11 faut avant demain abaisser son audace , Et de Rome conquise ordonner à sa place. Que chacun pour l'assaut dispose donc les siens. Espagnols, Allemands, braves Italiens, Qui de vous , méritant la palme du courage , Le premier des remparts s'ouvrira le passage?
don ***.
Je le jure, Bourbon, nul aux murs ennemis Avant moi n'entrera.
(Fronsberg le regarde d'un air méprisant.) LE COMTE (avec ironie).
Nous sera-t-il permis D'entrer en même temps ?
BOURBON
Nobles rivaux de gloire, A vos efforts bientôt nous devrons la victoire.
(à don ***.)
Ami, soyez-en sûr, Bourbon n'est point ingrat; Puisse-t-il aujourd'hui se trouver en état De payer dignement cette ardeur magnanime Que Charles-Quint oublie et que Lannoi comprime!
(Il leur prend les mains et les congédie. Don *** et Fronsberg sortent.)