ACTE III, SCÈNE IV
Egalement courbés sous tes pesantes maiqs ,
Esclaves malheureux, quels qu'ils soient, les humains
Ne peuvent-ils jamais échapper à tes chaînes?
Le cœur le plus superbe , alors que tu l'entraînes,
Comme le plus abject doit-il subir ta loi ,
Sans pouvoir s'arrêter ni disposer de soi ?
Il peut du moins, il peut mépriser ton atteinte,
Et laisser le murmure aussi bien que la crainte.
Le vulgaire abruti , sans penser à son sort ,
Ta comme un vil troupeau de la vie à la mort \
Mais , ferme en ses desseins, un cœur altier s'apprête
Des plus funestes coups à braver la tempête.
Il les prévoit de loin ; s'il en est accablé,
Il tombe sans se plaindre et sans être troublé.