SCÈNE II
LA PRINCESSE, SALYINI.
'SALVINI
Le jour est arrivé Où d'un profane amour votre cœur captivé , Madame, confondant ma juste défiance, Doit , en nous sauvant tous , me réduire au silence. Ah ! de nos sacrés murs éloignez le danger-
i|j LE CONNETABLE DE BOURBON.
Je vous verrai sans peine aux bras d'un étranger, Qui , parjure à son prince , infidèle à Dieu même ! Ne pouvait qu'abuser votre imprudence extrême. Le salut de l'état sans doute excuse tout ; Mais il faut réussir.
LA PRINCESSE
J'en puis venir à bout; Je méprise, seigneur, votre injuste reproche; Je sais le pardonner au sang qui nous rapproche , A la tendre amitié que vous eûtes pour moi, A votre zèle ardent pour notre sainte foi. D'un héros généreux quoi que vous puissiez dire, Croyez que votre nièce a sur lui quelque empire, Qu'elle est digne de vous, fidèle à son devoir, Et ne s'engage point par-delà son pouvoir.
SALVIJSI.
Daigne le Tout-Puissant vous seconder, madame! S'il veut à ses desseins employer une femme, Sa volonté soit faite , et son nom soit béni!