SCÈNE II
ADELINE
Vous ôtes bien curieux !
ROBERT
A mon âge, on lioit toujours chercher à s’instruire... Vous rctusf'z de me dire votre qunlilé?.. Eh bien. Madame ou Mademoiselle... les sirènes étaient des créatures très-séduisantes .. par le haut... elles commençaient fort bien, mais elles • finissaient très-mal.
ADELINE
Monsieur, je vous ferai observer qu’il n’est peut-être pas convenable deVant une jeune fille...
ROBERT
Mes doutes sont fixés... pardon du stratagème. Ainsi donc, Mademoiselle...
ADELINE
Vous venez d’apprendre, par surprise, ce qu’il vous importait peu de savoir...
ROBERT
Pardon... il m’importe beaucoup... Dites donc. Mademoiselle, ça pique-t-il de votre côté?
ADELINE, tirant sa ligne.
Tenez... encore un poisson.
ROBERT
Une ablette ?
ADELINE
Non... un goujon superbe.
ROBERT
Pristi!.. vous avez de la chance .. Ah ! je suis mordu... c’est au moins une perche... Elle entraîne ma ligne.
ADELINE
Enlevez donc !
ROBERT, tirant sa ligne.
Et oupl ça y est... (Regardant.) Un soulier !
ADELINE, rianL
Ah ! ah ! voilà un genre de poisson, non classé par M. de Buffon.
ROBERT
Ah ! que c’est joli I ah ! que c’est fin !
ADELINE, riant.
Recommencez donc! vous prendrez peut-être la paire !
ROBERT
Je prendrai ce que je voudrai. •