‹ La mort du roiChapitre 11 sur 39 · L\ MOUT DU ROI · texte numérisé non relu

L\ MOUT DU ROI

le Conseil général du département', le Conseil général de la commune" délibèrent aussi sans désemparer. On seht dans tous ces corps une inquiétude et un effroi. Paris est calme pourtant, et pendant toute la première partie de la journée, les rapports arrivent aux autorités, déclarant que « rien n'est survenu » ^, que (( tout est tranquille » '\ Mais cette tranquillité même terrifie ceux qui ont la charge de Tordre. Gomme pour donner raison à leurs craintes, des nouvelles moins rassurantes circulent bientôt. Ce sont d'abord des bruits vagues. On parle de « quelques gens mal intentionnés qui se proposent, lorsque Louis sortira du Temple, de l'assassiner pour lui éviter la honte de l'échafaud » '". On est prévenu du

' Ihid., t. II, p. 273, 299, - Ihid., t. II, p. 274, -igi.

■' Lettre des administrateurs du départcraeut de Paris, du 20 janvier. (Ihid., t. II, p. 264.)

♦ Lettre de Santerre au président de la Convention, 20 janvier. {Ihid., t. II, p. 288)

^ Lettre du Comité de sûreté générale, 20 janvier 1793. {Ihid., t. II, p. 390.)

« projet insensé de faire, le 21 janvier, crier grâce par la force armée et de soulever le peuple pour enlever le criminel ' ». Puis, bientôt, on apprend que « dix et vingt députés des votans ont été, au sortir de l,a Convention, menacés dans les rues, ou chez eux-mêmes » '; qu'Aimé Goupilleau, député de la Vendée, qui prenait un verre de punch au café de l'Union, près Saint-Roch, n'a échappé que

^ Ordre du jour de Santerre, du 20 janvier. [Ihid.. t. II, p. 290-291.)

^ Lettre de M. Chaumine à M. Préval, 22 janvier 1793. (François Grille, Lettres, mémoires et documents publiés avec des notes sur la formation, le personnel, l'esprit du i"^ bataillon des volontaires de Maine-et-Loire et sur sa marche à travers les crises de la Révolution française, Paris, i85o, 4 ^ol. in-8'^, t. III, p. 355.) — J'aurai assez souvent à citer cet ouvrage, l'un des plus curieux assurément parmi ceux que jai consultés au cours de mon travail. C'est un vaste recueil de documents officiels, de notes, de fragments de mémoires, de lettres intimes composé par François (îrille (i 782-1 853), tour à tour attaché au ministère de l'Intérieur, journaliste, auteur dramatique, bibliothécaii-e de la ville d'Angers, commissaire du gouvernement en 1848. « L authenticité de ces pièces a souvent été mise en doute, écrit un juge particulièrement compétent, M. Céleslin Port, et, pour plus d'une, devrait être démontrée. Je dois dire pourtant, déclare-t-il, que tous les documents que j'ai pu contrôler y sont reproduits avec une exactitude scrupuleuse ». Cf. Dictionnaire de Maine-et-Loire, v" Grille (Fi-ançois). J'ajouterai,

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