‹ La mort du roiChapitre 13 sur 39 · AU PEUPLE · texte numérisé non relu

AU PEUPLE

L'Assemblée peut traîner Louis XVI innocent à Téchafaud et, soulevant ainsi contre nous l'univers indigné, nous plonger dans des malheurs inouïs. Qu'a-t-elle à craindre ? Rien ! Elle n'a que les honnêtes gens contre elle. Mais ses décrets sont-ils donc d'un Dieu ? Ne peut-on les révoquer ? Sauvons le Roi ! Sauvons-nous ! Il en est encore temps ' !

Un autre :

Peuple, tu dors ! et ton Roi va mourir ! Le meilleur des Rois ! Pour faire place à qui ? à d'Orléans ! le plus dissolu des princes ! Ah ! réveille-toi, frappe tes ennemis, sauve ton père !

lonnettes se trouvait, rue des Fontaines, laquelle débouchait à peu près en face de l'entrée du Temple.

' Révolutions de Paris, n'^ du 19 au 26 janvier 1793. - Archives parlementaires, t. LVII, p. 319. ^ Grille, op. cit., t. III, p. 347.

24 LA MOirr DU ROI

Alors, une sorte de terreur s'empare des Conseils et des Comités. Les arrêtés succèdent aux arrêtés.

Après le rejet du sursis par la Convention, le Conseil exécutif provisoire confirme ses décisions du matin, et les complète :

« L'exécution du jugement se fera demain lundi 2 1 ;

« Le lieu de l'exécution sera la place de la Révolution, ci-devant Louis XV, entre le piédestal et les Champs-Elysées '

(( Louis Capet partira du Temple à huit heures précises, ou du moins aussitôt que les dispositions seront faites ; en conséquence, les commissaires de la Commune chargés de sa garde le conduiront jusqu'à la j)lace de la Révolution, où ils en feront la tradition à l'exécuteur des jugements criminels -

^ Procès-verbal de la séance, du 20 janvier 1793, du Conseil exécutif provisoire, dans Beaucourt, t. II, p. 267.

- Procès-verbal de la séance, du 21 janvier 1793, du Conseil exécutif provisoire. [Ihid., t. II, p. 3oo-3oi.)

DERNIÈRE SOIRÉE aS

« La voiture du maire l'amènera du Temple au lieu de Texécution '

« Son corps sera transféré dans le cimetière de la Madeleine, où il sera préparé une fosse à douze pieds de profondeur "

(( Deux commissaires... les citoyens François-Germain Isabeau et François-Pierre Sallais, sont nommés à l'effet de se joindre aux commissaires qui devront être choisis par le département et la municipalité de Paris pour être présents à l'exécution du décret de la Convention nationale qui condamne Louis Capet à subir la peine de mort, et pour en dresser procès-verbal sur le lieu et dans la forme usitée ;

« Lesdits commissaires se rendront demain, 21, à huit heures du matin, dans le local qui leur a été préparé à l'hôtel de la Marine, rue et place de la Révolution ^ »

^ Le Conseil exécutif provisoire aux administrateurs du département de police, le 20 janvier 1793. [Ibid., t. II, p. 3oo.)

- Procès-verbal de la séance, du 20 janvier 1793, du Conseil exécutif provisoire. [Ibid., t. II, p. 267.)

^ Ibid. — Los services du ministère de la Marine, précé-

■2.G LA MOHT Itl nOI

Le Conseil général du département et le Conseil général de la ^Commune prennent de leur côté leurs dispositions, et arrêtent définitivement, à neuf heures du soir :

« 1°) Que le 21 janvier, à sept heures du matin, sera placée à toutes les barrières une force suffisante, pour empêcher qu'aucun rassemblement, de quelque nature qu'il soit, armé ou non, n'entre dans Paris, ni n'en sorte ;

« 2°) Que les sections armées feront mettre sous les armes et sur pied, à sept heures, tous

demmeut établis rue Taitboul, ctaicut installés, depuis la fia de 1791 ou le début de 1792, dans la partie des bâtiments do l'hôtel du Garde-Meuble qui donnait sur la place de la Révolution (Concorde) et la rue do la Révolution (Royale), l'administration du Garde-Meuble occupant l'aile droite, du côté de la rue Saint-Florentin. C'est là, dans 1 hôtel de l'ancien Garde- Meuble, qu'est encore aujourd hui le ministère de la Marine, contrairement à une opinion très répandue qui place le Garde- Meuble, en pendant de ce Ministère, de l'autre côté de la rue Royale, c'est-à-dire où il n a jamais été. Les hôtels de ce côté de la place étaient en effet des hôtels privés. Eutre autres preuves de ce que j'avance, je peux citer une lettre de Monge, ministre de la Marine, des premiers jours de mars 1793, dont j'ai retrouvé l'analyse et qui demande à la Convention que « le local du Garde-Meuble soit entièrement destiné pour le service de l'administration de la Marine. » [Archives parlementaires, t. LIX, p. 669.) Cf. aussi les Almanachs royaux, de 1791 et de 1792.

les citoyens, excepté les fonctionnaires publics et les employés de l'administration, qui tous devront être à leur poste ;

« 3°) Oue tous les comités des Sections seront en état de permanence non interrompue ;...

« 4") Qu'il ne sera permis à qui que ce soit, même aux femmes, de circuler dans les rues, excepté aux fonctionnaires publics et à la force armée ;

« 5°) Que tous les réverbères seront allumés, sauf à donner une indemnité à l'entrepreneur ;

« &') Que toutes les rues seront débarrassées ;

« 7°) Que le commandant général de la garde nationale, le citoyen Santerre, sera chargé de l'exécution de ces arrêtés... .^ »

^ Beaucourl, op. cit., t. II, p. 273, '277. 279.

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