‹ La mort du roiChapitre 24 sur 39 · L.V MORT DU ROI · texte numérisé non relu

L.V MORT DU ROI

précipite ^ poussé parla pensée que peut-être il se fait une tentative pour la délivrance du Roi. Comment n'aurais-je pas jusqu'au dernier moment conservé cet espoir? J'arrive; ce n'étaient que les clameurs des forcenés qui entouraient la voiture ; je me trouve enveloppé dans la foule qui la suivait, qui m'entraîne jusque sur la place, me porte et me fixe, en quelque sorte, en face de l'échafaud ! S) Et nous savons, d'ailleurs, qu'en dépit des défenses officielles, de simples curieux trouvèrent le moyen de s'approcher jusqu'aux abords de la guillotine. « Ce fut le 21 janvier qu'eut lieu l'exécution du Roi, écrit Pierre- Joseph Joly, de Reims, alors en séjour à Paris. Je l'avoue, quoique tout frissonnant de ce que je voyais journellement, j'étois jeune et curieux. Je me rendis seul sur la place de la

^ « Sans chapeau. » {Ihid) .

^ Mémoires du chancelier Pasquier, Paris, 1894, t- I, p. 86-87. — « Entraîné par le flot qui suivait la fatale voiture, j'arrivai jusquà rentrée des Champs-Elysées tout près des massifs qui soutiennent les Chevaux de Marly. » (Pasquier, dans le Journal de Manière, lac. cit.)

SUR L\ PLA.CE DE L\ REVOLUTION loi

Révolution. Elle étoit déjà remplie de gardes nationales, tant cavalerie, qu'infanterie et artillerie. Toutes les issues en étoient défendues par deux pièces de canon chargées jusqu'à la gueule. Cependant je parvins à passer, quoique sans armes ; il n'y avoit que les corps armés qui ypouvoient rester. Il y avoit, à peu de distance de l'échafaud, de vastes bassins qui servoient aux maçons pour fondre leur chaux. Je me jetai dedans, où je vis déjà trois ou quatre personnes qui s'y étoient réfugiées, et, dans cette position, j'attendis le moment qui devoit couvrir la France de la plaie la plus saignante qu'elle eût jamais et qu'il y a lieu de croire qu'elle aura jamais... Enfin, sur les dix heures et demie du matin, on entendit une confusion de voix qui crioient : Le voilà! Le voilà! Alors je me penchai sur Tangle de ce bassin, dans lequel j'étois enfoncé, et vis arriver le tristç cortège!^ »

^ Récit de Pierre-Joseph Joly, de Reims (1770-1861) publié

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