‹ La mort enchainéeChapitre 24 sur 30 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

SISYPHE

Elle est là, Sous la chaîne de fer dont ma main l'enchaîna.

(Il jeiie au loin sa lance.)

Mon angoisse était vaine! Ils n'ont pas fait usage

De la clef. N'en auraient-ils pas eu le courage?

Non, car l'on ose tout si l'on s'aime vraiment.

Je me serais trompé! Ma honte et mon tourment

Et leurs clignements d'yeux, leurs signes, leurs mensonges.

Cette atmosphère de désirs n'était qu'un songe

Enfanté par ma jalousie? Et pourquoi pas?

Elle n'a pas tremblé de peur entre mes bras,

Et son baiser du soir n'a jamais fui mes lèvres.

J'ai mal interprété ses mains moites de fièvre.

Je fus stupidement jaloux, grossier, brutal. Elle m'aimait, et moi je lui faisais du mal. Oui, je me laisse aller toujours à ma nature ! J'ai soupçonné la plus charmante et la plus pure Des femmes, j'ai mêlé mon fils à ces soupçons. J'étais fou, mais je veux leur demander pardon, A tous deux.

(// s'élance jusqu'à la porte de la ville et s'arrête.)

Les voilà.

(7/ redescend. Egine et Claucos paraissent sur la porte de la ville et regardent tour à tour la Mort et Sisyphe. A ce moment la nuit commence doucement à tomber.)

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